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Arracheur de dents devenu aventurier affairiste international, dandy fascinant et grand séducteur, il fait aussi dans la politique et la philanthropie avant d’être fusillé en 1918.

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BOLO PACHA
Né Marie Paul BOLO dit…

Le 24 septembre 1867 à 14h à Marseille 13 Bouches-du-Rhône
Selon acte n° 496 – AD13 en ligne – vue 3/25

 Fusillé le 17 avril 1918 à 5h57 du matin au fort de Vincennes Val-de-Marne 94
Selon acte n°221 Etat-Civil mairie de Vincennes

 

 

Très vite fasciné par le monde des affaires coûte que coûte

Il gère la fortune de ses épouses riches et amoureuses

Son affairisme en politique lui est fatal

En quête inassouvie d’argent et de pouvoirs, il rend même sa vie.

 

 

Très vite fasciné par le monde des affaires coûte que coûte

On le dit petit-fils de notaire et fils d’un clerc de notaire, cependant sur son acte de naissance son père est indiqué limonadier.

Il est le frère d’Henry Bolo, prêtre et écrivain polémiste.

Formé à l’art dentaire, Paul délaisse assez vite cette profession pour se tourner vers le commerce maritime et colonial qu’il estime plus rémunérateur.

A la fin des années 1880, sans doute pour échapper à quelque poursuite financière, il file en Espagne où il se débrouille pour subvenir à ses besoins.

En 1892, le voilà de retour à Paris pour ouvrir un cabinet d’affaires rue de Richelieu.

Suivant des conseils avisés, un temps il se met à fréquenter les galeries d’art et ateliers d’artistes pour acquérir des œuvres pour une bouchée de pain. Le marché des peintures d’artistes célèbres comme Renoir, Sisley, Cézanne promet d’être juteux.

Pour peu de temps, car un mandat d’arrêt à son encontre l’incite à s’embarquer pour l’Argentine  où il ajoute particule noble à son nom, pour se faire appeler Bolo de Grangeneuve.

 

Il gère la fortune de ses épouses riches et amoureuses

Séducteur et beau parleur, les femmes les plus charmantes l’adorent. Un mariage aide à s’établir.

C’est pourquoi une jolie chanteuse très en vogue, Henriette Maille qui se fait appeler « de Soumaille », devient son épouse. Elle en est si amoureuse qu’en plus de ses charmes, elle lui donne son argent jusque dans ses malversations.

Un temps, il mène la grande vie, sans renoncer à son rêve qui est de gagner gros en peu de temps. Cet appétit incontrôlable pour le gain rapide l’entraîne à commettre de nouvelles canailleries.

A la suite d’un vol de bijoux à Valparaiso, Bolo est écroué. Son épouse verse la caution nécessaire à sa libération. Mais une fois sorti de prison, Bolo délaisse la généreuse épouse et rentre en France en 1904.

Il a 37 ans et rêve toujours de brasser beaucoup d’argent et vite…

Il épouse Pauline Moiriat, ex-chanteuse de cabaret et veuve de Fernand Muller, riche négociant en vins de Bordeaux. Ignorant sa bigamie, la nouvelle Madame Bolo donne procuration à son époux sur sa fortune. Subitement riche à millions, l’ambitieux Bolo mène la belle vie, parcourt le monde et donne des réceptions fastueuses notamment dans la superbe maison des Bolo-Muller à Biarritz.

Ainsi pendant une décennie, il se lance dans de nombreuses entreprises commerciales, bancaires et même philanthropiques. Il fonde la Confédération générale agricole puis la Société universelle de la Croix-Blanche à Genève, en 1907.

 

Son affairisme en politique lui est fatal

Désormais, Bolo joue dans la cour des grands. Il a aussi ses entrées dans le monde politique et se lie à des personnalités influentes dont le ministre Joseph Caillaux, avec qui il échange une correspondance.

En 1914, devenu le conseiller financier d’un souverain arabe Abbas II Hilmi, khédive d’Egypte, il reçoit le titre de pacha qui lui donnera le surnom de Bolo-Pacha.

La Grande Guerre fait rage. Le Khédive jugé trop proche de l’Allemagne par les Britanniques, est destitué en décembre 1914. Mais Bolo-Pacha demeure cependant le conseiller de ce souverain alors exilé en Suisse. A ce titre, il établit des liens avec des banques allemandes en vue de racheter d’importants journaux français et ainsi manipuler l’opinion publique.

Pour cet aventurier de haut-vol, c’est l’erreur fatale et la chute.

L’opération est éventée et en janvier 1917, Aristide Briand puis Clémenceau ordonnent une enquête. Les contrôles bancaires conduisent à l’arrestation de Bolo-Pacha inculpé d’intelligence avec l’ennemi. Déféré devant le conseil de guerre de Paris en février 1918, il est condamné à mort et passé par les armes le 17 avril 1918,  le président Raymond Poincaré ayant refusé de le gracier.

 

Sources documentaires :
http://www.apophtegme.com/ALBUM/bolo.htm
https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Bolo

 

 

En quête inassouvie d’argent et de pouvoirs, il rend même sa vie.

Son avidité de pouvoir est grande et peu lui importe l’art et la manière de la satisfaire.

Par la Balance, il se fait dandy et séducteur impénitent auprès de la gent féminine car dans ce domaine rien ne peut durer beaucoup pour lui, sauf quand cela nourrit son ambition personnelle et sa nature affairiste.

Son incapacité à bâtir une vie sentimentale stable n’a d’égale que son besoin impatient de brasser beaucoup de finances sans pouvoir, là aussi, rien conserver. Malgré les déboires, il persistera toujours sans ce même registre.

Indépendant et habile stratège, son magnétisme naturel le rend irrésistible et lui ouvre les portes de tous les domaines où son flair le guide. Mais son avidité instinctive lui fait ignorer les barrières de la morale.

Il se fait aussi humaniste pour des causes philanthropiques, sans doute, là aussi, comme une quête toujours inassouvie de reconnaissance et de pouvoir.

Il adapte la vérité à ses besoins, il est vrai que son premier métier était arracheur de dents. De quoi illustrer le fameux dicton.

Pour Bolo-Pacha, l’inévitable juge Saturne cher au Capricorne aura le dernier mot et, dépouillé de ses biens et de ses liens, il expire fusillé au fort de Vincennes.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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