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Il est l’inventeur des zooms qui participent à la conquête spatiale
et filment les premiers pas de l’homme sur la Lune…

 

Pierre Marius ANGENIEUX

né le 14 juillet 1907 à 22 heures (dix heures du soir) à Saint Héand Loire 42
selon acte n°22

décédé le 26 juin 1998

 

 

Fonde son entreprise en 1935, et révolutionne le monde de l’optique

Ingénieur diplômé à 21 ans, des Arts et Métiers à Cluny, il devient l’année suivante ingénieur-opticien de l’Ecole Supérieure d’Optique. Il débute sa carrière chez Pathé puis fonde à Paris, dès 1935, les établissements Angénieux et rencontre les plus grands cinéastes de l’époque. En 1939, il quitte Paris et transfère son entreprise à Saint Héand, son village natal, où se trouvent déjà les ateliers de production.

Il révolutionne les méthodes de calcul optique en réduisant considérablement le nombre de rayons lumineux à suivre et par là-même, le nombre de calculs. Ainsi, le temps nécessaire à la conception d’une optique est divisé par dix. Alors que pour concevoir un objectif 16 mm, il fallait 70 000 heures, il ne faut plus que 6 000 heures !

 

Concepteur du Retrofocus, 1er zoom à compensation mécanique

En 1950, Pierre Angénieux invente le principe révolutionnaire du Rétrofocus qui apporte une nouvelle solution aux photographes et cinéastes. Pour cela, il reçoit un Oscar en 1964 à Hollywood.


Formule optique du Retrofocus Angénieux

 

Inventeur de l’objectif à très grande ouverture

En 1953, autre challenge : il parvient à repousser les limites de l’ouverture d’un objectif, autorisant un apport de lumière deux fois plus important dans l’optique. Ainsi, pour la première fois, il est possible de faire des images en couleur du métro parisien.

Cet exploit vaut à Pierre Angénieux d’être choisi par le constructeur américain Bell and Howell pour équiper ses caméras BH 70. Ce partenariat durera 35 ans.

 

Créateur du zoom à compensation mécanique et partenaire de la conquête spatiale

En 1956, nouveau défi  : il crée un objectif à focale variable, ou zoom, à mise au point rigoureuse et constante. La compensation mécanique permet des zooms de haute définition et de grande amplitude de variation.

A partir de 1958, les ateliers Angénieux de St Héand produisent jusqu’à 5 000 zooms par mois, et en l’espace de 10 ans, les effectifs passent de 100 à 600. Ils équipent aussi les hauts de gamme du cinéma.

Le 31 juillet 1964, le sol lunaire est photographié pour la 1ère fois par la sonde spatiale Ranger 7 dont la caméra est équipée d’un objectif Angénieux. Une coopération s’instaure, à cette époque, entre la Nasa et les Ets Angénieux à l’occasion des missions Ranger, Gemini et Apollo. Ainsi, les objectifs Angénieux équipent les différentes missions spatiales américaines et notamment la navette spatiale.

La mission Apollo XI aboutit, le 21 juillet 1969, au premier pas de l’homme sur la lune : le plus grand moment de la télévision de tous les temps filmé par un zoom Angénieux.

 

En 1973, Pierre Angénieux se voit attribuer, en France, le Grand Prix des Ingénieurs Civils. Il prend sa retraite deux ans plus tard.

Entre les années 1960 et 1990, la société Angénieux s’adapte et survit à la concurrence japonaise. Elle conçoit le premier zoom transstandard du Leicaflex et développe  une gamme de zooms à grande ouverture, commercialisés dans les principales marques du marché.

L’entreprise est rachetée, en 1993, par le groupe Thomson, devenu ensuite Thalès, hautement spécialisé dans les activités de sécurité et de défense. Cependant, la société Thalès-Angénieux continue à commercialiser des produits civils comme les objectifs pour la télévision, la vidéo et le cinéma.

 

 

Pierre Angénieux


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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