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Extraordinaire destin que celui de cet homme.
« Témoin » d’apparitions mariales et de miracles, alors qu’il n’est qu’un misérable gamin de la campagne, il devient ensuite missionnaire parcourant le monde, puis prêtre ordonné à Rome en 1917.

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Jean Auguste BERNARD

Né le 16 septembre 1875 à une heure du matin au lieu-dit Vallensanges à Lézigneux Loire 42
selon acte n°24 source AD42 en ligne

Décédé le 10 septembre 1932 à Baccarat Meurthe-et-Moselle 54

 

 

Aîné de cinq enfants, il connaît la vie paysanne misérable d’alors où sa famille doit vivre dans une ferme de deux vaches. En ce matin du 19 juillet 1888, période des premières moissons, il faut se lever tôt, pour travailler aux champs avant l’ardeur du soleil. On envoie Jean-Auguste, garçonnet de 13 ans, chercher un fagot de bois dans un champ de trèfles près de la ferme familiale. Il est sept heures du matin, à 300 mètres de chez lui, quand soudain il aperçoit une dame blanche qui lui fait signe.

 

C’est le début d’un évènement qui va faire grand bruit dans toute la région.

Se dirigeant vers le fagot de bois dans le champ de trèfles, il voit tout à coup un lézard - d’autres parlent de serpent -. Il cherche une pierre pour le faire fuir et remarque alors un pied posé sur l’animal. Levant les yeux, une grande dame lui fait signe de le tuer. 

« Il roulait de gros yeux sous les pieds de la dame, mais ne pouvait sortir. Je l’ai tué, il en est resté qu’une peau qui sentait mauvais et une boule de feu qui est rentré dans la terre.  La dame me souriait et, tout doucement, j’ai vu qu’elle montait et disparaissait à mes yeux. Cette dame était habillée d’une robe blanche avec un manteau bleu avec des étoiles et sur la tête d’une couronne en or… »

Ainsi raconte Jean-Auguste.

Le 25 juillet, à la même heure, le gamin assiste à une deuxième apparition. Bien qu’accompagné de ses parents, d’un frère et d’une sœur, il est le seul à voir et à entendre ce que la Vierge lui confie.

 

Pendant 73 jours, du 19 au 29 septembre 1888, Jean Auguste verra 20 apparitions mariales qui ont été consignées dans des cahiers d’écoliers gardés par quelques familles paysannes des environs.

Lors de ces apparitions, Jean-Auguste est le seul à voir et à converser avec la Vierge qui lui confie parfois des secrets, mais elle ne demande pas la construction d’église ni de basilique et refuse tout commerce notamment de vins sur le lieu des visions.

La nouvelle de ces évènements fait le tour du village puis des environs et, par le bouche à oreille notamment lors des foires et marchés, c’est une foule considérable qui se rend sur place. Selon les témoignages de l’époque, cette affluence connaît une ampleur considérable puisqu’on estime à 8 000 personnes, la foule réunie, le 29 septembre 1888, pour la dernière apparition qui durera 21 minutes.

Les premières apparitions ont lieu sur un terrain qui n’appartient pas à sa famille. Les parents de Jean-Auguste insistent pour qu’il demande à sa mystérieuse interlocutrice d’apparaître sur un autre terrain leur appartenant. Ce n’est qu’à la dixième apparition que la demande est exaucée. Les apparitions continuent désormais à proximité d’un rocher où l’enfant installe sa petite chapelle.

La foule se bouscule sur les lieux piétinant les récoltes et créant par le pays un véritable désordre tandis que les pouvoirs publics, la maréchaussée et le clergé sont dans un réel embarras. Le père de Jean Bernard a déjà eu une amende pour dégâts causés aux récoltes.

Un magistrat se rend même sur place pour entendre le jeune voyant. Sans suite.

 

Que penser de tels évènements ?

La presse et les autorités demeurent quasiment muettes.

Le clergé, quant à lui, très embarrassé, comme toujours dans le cas d’apparitions, tente de contenir l’engouement.

En effet, les autorités religieuses veulent éviter tout phénomène de foule, d’adoration ou de fanatisme. En France, à ce moment-là, la campagne anticléricale bat son plein et le haut clergé de l’époque doit faire face à des urgences toutes autres, notamment les assauts matérialistes contre les lieux de culte…

 

Quatre guérisons miraculeuses accompagnent ces apparitions mariales

Les apparitions de Vallensanges s’accompagnent de quatre guérisons miraculeuses connues.

-         Une jeune fille âgée de 13 ans et demie, miraculeusement guérie de sa surdité congénitale au moment d’une apparition. Elle deviendra religieuse sous le nom de Sœur Anastasie et vivra jusqu’à l’âge de 90 ans.

-         Une fillette, âgée de 11 ans, estropiée d’une main soit de naissance soit par accident. Sa guérison n’aurait pu s’expliquer que par la chirurgie.

-         Une jeune femme de 24 ans qui ne pouvait se déplacer qu’avec une béquille se trouve spontanément guérie.

-         Un  homme d’une cinquantaine d’années habitant Saint-Thomas-la-Garde, paralysé d’une jambe depuis l’âge de 18 ans est guéri le 29 septembre 1888 et peut retourner chez lui à 3km, à pied, sans ses béquilles.

 

Ces guérisons inexpliquées laissent songeur, pourtant les faits sont là, observés par tout un public présent.

Après les apparitions de 1888, le curé de la paroisse et la hiérarchie catholique interdisent à Jean-Auguste de retourner sur les lieux, soucieux de ne pas ébruiter l’affaire.

L’adolescent reste au pays pour aider ses parents. Et en particulier sa mère, veuve en 1891. Devenu adulte il va cependant consacrer sa vie au service de Dieu en se faisant missionnaire, frère capucin et voyagera beaucoup.

Vers 1909-1910, à Monaco, il surveille les études au Collège de la Visitation.

 


Jean-Auguste à Alexandrie en Égypte

 

A Lyon, il fait une retraite chez les Jésuites avant d’embarquer pour l’Égypte où il demeurera jusqu’en fin 1914. Il enseigne au Collège St-François-Xavier à Alexandrie en 1911. Et pendant les vacances scolaires, il est chargé de convoyer les enfants du corps diplomatique.

On le retrouve en Tunisie où il est Frère prêcheur dépendant de Rome. Il aide alors son ami le Père Raoul qui invente un type de sous-marin propulsé par deux hélices, pour la pêche des éponges. Cet engin sera breveté dans plusieurs pays. En 1920, le voilà à Alger, puis à Oran comme curé de paroisse. Puis, il séjourne dans un collège de Jésuites à Toulouse et ensuite à Rome.

Quand il séjourne en France, il vient souvent se reposer dans la Maison des Jésuites à La Barollière près de Saint-Paul-en-Jarez (Loire).

On sait qu’il se rend dans les régions polaires, chez les esquimaux, d’où il ramène une coiffure en peau de phoque pour son oncle d’Izieux.

Jean Bernard séjourne aussi en Espagne avant la guerre civile.

 

Pendant près de 29 ans, il parcourt le monde en humble serviteur.
Partout où il passe on est édifié par sa sainteté, sa discrétion et sa simplicité.

Le 6 juin 1915, il est reçu en audience privée par le pape Benoît XV, avec lequel il partage ensuite le repas.

Il est ordonné prêtre à Rome le 27 août 1917. Il approche des 42 ans et on est en plein conflit mondial. Il a le privilège de pouvoir dire sa première messe sur le tombeau de Saint-Pierre apôtre. Extraordinaire chemin que celui de ce petit campagnard pauvre de Vallensanges qui a l’hommage de recevoir son ordination dans cette ville d’où la chrétienté rayonne. Car la coupole Saint-Pierre du Vatican est habituellement réservée aux hauts dignitaires du clergé. Ce privilège est-il lié aux apparitions et aux miracles dont il a été le témoin dans son enfance ?

En 1932, sa santé précaire l’oblige à revenir au pays, dans sa famille, pour se remettre. Hélas, lors de la Pentecôte 1932, il doit dire adieu à ses amis de Vallensanges pour aller se faire soigner au Puy et ensuite à Lyon. En vain. Ses amis Jésuites de Strasbourg lui conseillent d’entrer dans un petit hôpital tenu par des religieuses à Baccarat en Meurthe-et-Moselle près de Saint-Dié. Entré le 7 août 1932, il y meurt le 10 septembre 1932 d’un ulcère à l’estomac probablement cancéreux. Il a 56 ans.

A ce jour, il demeure une modeste chapelle, qui rappelle au promeneur la visite de la Vierge et les bienfaits qui ont suivi, dans ce coin campagnard à l’écart de toute agitation urbaine.

 

      
Chapelle de Vallensanges

 

 
Dernière photographie de Jean Auguste

 

Sa dépouille mortelle reposera pendant 44 ans à Baccarat avant de revenir dans le cimetière de sa commune natale en 1976.

Voici l’extraordinaire histoire, d’un garçonnet voyant d’apparitions mariales, devenu missionnaire et prêtre à travers le monde.

Au regard de croyants, ces apparitions et miracles sont lumière mariale venue raffermir la foi chrétienne, pour les autres, cela demeure une rude énigme, certes ancienne mais qui interpelle encore la raison humaine.

 

Source documentaire : http://notredamedeVallensanges.wordpress.com/recit-des-apparitions-mariales-vierge-marie-vallesanges-loire-saint-etienne/
Ouvrage : « Les apparitions de Vallensanges et ses miracles – Pierre Bayle – La Pensée Universelle – édition de 1978

 

 


(Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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