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En son temps, elle incarne l’art de la grande tragédie, et Jean Cocteau la nomme « monstre sacré », Victor Hugo parle de « Voix d’or » et d’autres de « Divine » ou « Impératrice du théâtre ».

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Sarah Marie Henriette BERNHARDT

Née le 23 octobre 1844 à 20h à Paris 5e
selon fichier Auréas – Astro-PC
(Acte de naissance introuvable malgré les multiples recherches de ses biographes.
Le 23 octobre est la date la plus vraisemblable compte tenu des éléments de biographie
et ce malgré la date de naissance du 25/09/1844 - figurant sur son acte de décès) (*)

 Décédée le 26 mars 1923 à 20h à Paris 17e
Selon acte n° 779 – Archives de Paris en ligne – 17D225

 

 

(*) Les incertitudes concernant ses données de naissance sont liées d’abord à la destruction en 1871 de l’état-civil de Paris. A partir de là, c’est Sarah elle-même qui produit un acte de baptême probablement falsifié pour les formalités d’obtention de la Légion d’honneur. L’actrice très portée sur la fabulation n’aidera en rien à trouver date et lieu de naissance. Quant à la vérité sur l’identité de son père, elle reste à ce jour inconnu.

 

Délaissée par sa mère courtisane, elle est placée en nourrice

Du monastère au Conservatoire, son triomphe sur scène est prodigieux

Extraordinaire tragédienne, elle subjugue son public

Magicienne de la scène, cette originale transcende ses rôles.

 

 

Délaissée par sa mère courtisane, elle est placée en nourrice

Souvent nommée « la Grande Sarah Bernhardt », cette tragédienne hors normes qui adore mettre sa vie en scène à chaque instant semble née pour le théâtre.

Après un passage à la Comédie-Française, elle fonde sa propre compagnie et inaugure le statut de star internationale par ses tournées triomphales dans le monde entier. Quand elle se déplace à l’étranger, c’est avec un train Pullman et 8 tonnes de malles.

Elle joue à l’Odéon puis dans des théâtres de boulevard. Ses interprétations de Phèdre (1874), de la Dame aux Camélias et de l’Aiglon (1900) demeurent fameuses.

Après avoir joué plus de 120 spectacles, elle paraît dans plusieurs films : La Tosca (1906), Adrienne Lecouvreur (1913), La Voyante (1923). C’est au cours de ce dernier tournage qu’elle meurt en présence de son fils Maurice Bernhardt (né d’une liaison avec un aristocrate belge).

On sait que la mère de Sarah, Judith-Julie Bernardt née en 1821, modiste sans le sou, fille d’un marchand de spectacles néerlandais itinérant se fait courtisane parisienne sous le nom de Youle. Le nom du juriste Edouard Bernhardt, est le plus souvent évoqué pour être son père. Cela pourrait expliquer que l’actrice s’applique à ajouter un « h » à son patronyme ?!

Délaissée par Youle, qui lui préfère sa sœur ainsi que la vie mondaine, Sarah passe sa petite enfance chez une nourrice bretonne.

Comme un signe du destin, c’est le duc de Morny, demi-frère de Napoléon III et amant de sa tante, qui pourvoit à son éducation en l’inscrivant dans un couvent à Versailles. Là, devenue mystique catholique, elle incarne un ange dans un spectacle religieux. Nantie du baptême chrétien en 1857, Sarah a 13 ans et se destine à la vie religieuse.


Portrait de Sarah par Louis Abbema - 1875

 

Du monastère au Conservatoire, son triomphe sur scène est prodigieux

Mais un an plus tard, finie la vie monacale, Sarah lauréate au concours du Conservatoire d’Art dramatique de Paris entame sa formation de tragédienne en 1859. Elle en sort en 1862 gratifiée d’un second prix de comédie pour intégrer ensuite la Comédie-Française dont elle sera renvoyée quatre ans plus tard pour avoir giflé une sociétaire…

A cette époque, la police des mœurs compte Sarah parmi 415 dames galantes soupçonnées de prostitution clandestine.

En contrat avec le théâtre de l’Odéon, elle le transforme en hôpital militaire où elle s’improvise infirmière pendant la guerre de 1870 et le siège de Paris.

Ses triomphes sur scène lui attirent les qualificatifs les plus élogieux et notamment celui de Voix d’or par Victor Hugo auteur de Ruy Blas où Sarah joue le rôle de la reine. Mais elle interprète aussi à plusieurs reprises des rôles d’hommes, et à ce propos, prend des leçons d’escrime pour jouer dans Hamlet.

Sa vie durant, elle rencontre d’innombrables personnalités et ses biographes lui attribuent des centaines d’amants dont Léon Gambetta, Gustave Doré, Lucien Guitry, le Prince de Galles, Samuel Pozzi, un médecin mondain qu’elle appellera « Docteur Dieu »… Et aussi des liaisons homosexuelles, notamment avec la peintre Louise Abbéma qui fera plusieurs portraits de la tragédienne.

Sarah soutient l’anarchiste Louise Michel dans son combat.

Par ses goûts fantasques et son train de vie, elle n’échappe pas aux turpitudes financières et à l’endettement.

Elle se marie en 1882 avec l’acteur grecque Aristide Damala, dépendant de la morphine; elle reste toutefois son épouse légitime jusqu’au décès de l’acteur en 1889.


https://commons.wikimedia.org/wiki/File%3ABernhardt_Hamlet2.jpg

 


L'actrice
Sarah Bernhardt incarnant l'impératrice byzantine Théodora dans la pièce
Théodora de Victorien Sardou en 1882 et photographiée par
Félix Nadar.

 

Extraordinaire tragédienne, elle subjugue son public

Cette extraordinaire femme de scène comprend d’emblée l’intérêt de la réclame pour développer sa notoriété. Une fois celle-ci acquise, elle veille à tout instant à mettre sa vie en scène et même sa mort !

En effet, Sarah Bernhardt adore les rôles qui la font mourir sur scène. Pour satisfaire son goût pour le morbide, elle installe chez elle un cercueil en bois de rose et capitonné où elle aime apprendre ses textes et se faire photographier. à chaque fois, elle s’applique à rendre l’âme de la façon la plus grandiose possible. Le public est conquis irrésistiblement.

Et les journalistes aussi… selon le témoignage du chroniqueur russe Anton Tchekhov qui brocarde l’hystérie des journalistes dès 1881 : pour « celle qui a visité les deux pôles, qui de sa traîne a balayé de long en large les cinq continents, qui a traversé les océans, qui plus d'une fois s'est élevée jusqu'aux cieux », « ils ne boivent plus, ne mangent plus mais courent » après celle qui est devenue « une idée fixe ! ».

Quant à l’écrivain Alexandre Dumas Fils qui la déteste, il la traite de menteuse.

Au cœur de la citadelle Vauban, un musée lui est dédié à Belle-Île-en-Mer où elle aimait séjourner avec une cohorte d’admirateurs et une étonnante ménagerie exotique.

Souffrant d’une tuberculose osseuse au genou, et avec les conseils du Docteur Dieu, elle est amputée de la jambe droite en 1915, sans anesthésie et s’y prépare en chantant la Marseillaise, par solidarité avec les Poilus qu’elle visitera ensuite dans une chaise à porteurs.

A son décès en 1917, sa notoriété déclenche des obsèques nationales et une marée humaine suit sa dépouille jusqu’au cimetière du Père Lachaise – comme il se doit pour une diva de son rang !


Plaque au n°5
rue de l'École-de-Médecine

 

 

Magicienne de la scène, cette originale transcende ses rôles.

Conquérir son public et se faire aduler par l’art de la magie et de la mystification est un de ses talents les plus sûrs.

Faire spectacle, se mettre en scène, recueillir les bravos du public, conviennent à cette femme peu émotive et forte d’un sang-froid à toute épreuve.

S’adapter au contexte ambiant, pour conquérir la popularité est son fort, guidée qu’elle est par un feeling sûr.

Cette excentrique conduit sa vie à son idée avec une grande indépendance d’esprit, sans souci des convenances. En courageuse humaniste, elle s’investit auprès des blessés de guerre.

Jouer la tragédie est pour elle enchantement permanent par son influence scorpionnesque et l’on comprend son engouement pour « mourir sur scène ».

Cette conquête du public lui apporte une grande jouissance, car elle tient les spectateurs sous son charme aussi envoûtant que diabolique.

Son irrésistible magnétisme opère à chaque fois et sous des dehors flegmatiques, elle sait se faire intrigante et manipulatrice hors pair selon les rôles auxquels elle donne une dimension jamais vue.

Entre narcissisme et égocentrisme, elle a besoin de recevoir les hommages du public et veut sentir que son autorité magnétique opère à chaque fois.

Elle se sent irrésistible et tient les spectateurs par sa voix, ses gestes, et la forte impression qu’elle génère.

 

Une de ses phrases célèbres :

« Il faut haïr très peu, car c'est très fatigant. Il faut mépriser beaucoup, pardonner souvent, mais ne jamais oublier».

 

 

 


Fac similé du sceau de Sarah Bernhardt

 


(Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


Retrouvez l'acte sur les Archives Départementales Françaises en ligne

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