les Actus DN
en collaboration avec la FDAF - www.fdaf.org

 

accueilindex alphabétiquepar thèmesles dossiers

 

Surnommé le coureur aux pieds nus, ce prodigieux marathonien décroche l’or aux J.O. de 1960 et 1964.

télécharger cet article

 

Abebe BIKILA

Né le 7 août 1932 à  Jato en Éthiopie
(Heure de naissance hélas inconnue !)

Décédé le 25 octobre 1973 à Addis-Abeba Éthiopie

 


Abebe Bikila en 1968

 

1er athlète d’Afrique Noire médaillé olympique

« Dans la Garde Impériale, il y a beaucoup d’autres coureurs qui auraient pu gagner à ma place ».

Durant sa carrière, Bikila franchit la ligne d’arrivée de 13 marathons

Devenu paraplégique, il se lance dans la course en fauteuil et au tir à l’arc

Perfectionniste et exigeant, digne descendant des dieux de l’Olympe

 

 

1er athlète d’Afrique Noire médaillé olympique

Naître le jour du marathon des J.O. de Los Angeles est de bon augure pour cet Éthiopien qui deviendra le 1er athlète d’Afrique Noire médaillé olympique et aussi le 1er à remporter deux fois de suite le marathon olympique.

Les dieux du stade et leur messager Hermès portant ailes aux talons, ont sans doute vu en lui un successeur digne des plus grands de l’Olympe. Un phénomène vient de naître et ses pieds nus vont en surprendre plus d’un.

Ses exploits hors normes annoncent la domination future des coureurs de moyenne et longue distance provenant de l’Afrique de l’Est.

Pourtant, ce n’est qu’à l’âge de 27 ans qu’il est repéré par les instances éthiopiennes d’athlétisme. Il devient alors moniteur d’éducation physique engagée dans la garde impériale d’Haïlé Sélassié et suit un entraînement encadré avec pratique du tennis et du basket pour travailler sa coordination.

La réputation de ce prodige franchit les frontières de son pays quand on annonce en 1959 qu’il aurait couru le marathon en 2h 21’23 ’’ – performance mise en doute par certains-.

 


Abdeslam Radi et Abebe Bikila aux JO de 1960 – source Wikipédia

 

« Dans la Garde Impériale, il y a beaucoup d’autres coureurs qui auraient pu gagner à ma place ».

Sélectionné pour le marathon des J.O. de Rome en 1960, il est choisi pour remplacer un coureur blessé. Abebe n’a pas d’ailes aux talons comme Hermès/Mercure messager des dieux de l’Antiquité mais à force de courir pieds nus, la nature l’a doté d’une épaisse couche de corne, véritable semelle pour arpenter à toute vitesse la terre des stades.

Pour les entraînements, il a bien essayé de mettre des chaussures mais aucune ne lui convient, il forme des ampoules et ses performances sont moins bonnes.

En nocturne dans le Stadio Olimpico de Rome ce 10 septembre 1960, c’est la consécration pour l’Éthiopien aux pieds nus : en 2h 15’ et 16 ‘’, il bat le record du monde de marathon (*) et décroche l’or olympique devant le favori marocain Abdeslam Radi distancé de 200 mètres et 25 secondes.

A l’arrivée, Abebe Bikila refuse de s’asseoir et de boire et même la couverture qu’on lui propose pour se protéger du froid. En digne descendant des athlètes de la Grèce antique, tel un surhomme il ne semble nullement atteint par la fatigue de l’épreuve.

Et modeste avec ça : ce 1er athlète d’Afrique noire médaillé d’or olympique déclare : « Dans la Garde Impériale, il y a beaucoup d’autres coureurs qui auraient pu gagner à ma place ».

 


Statue de Philippidès à Marathon (source Wikipédia)

(*) Le marathon créé lors des J.O. d’Athènes de 1896 pour commémorer la légende du messager grec Philippidès qui aurait parcouru la distance de Marathon à Athènes pour annoncer la victoire contre les Perses en 490 av. J.C., il est couru jusqu’en 1921, sur une distance d’environ 40km avant que l’Association Internationale des Fédérations d’Athlétisme n’en fixe la distance officielle à 42,195 km.

 

Durant sa carrière, Bikila franchit la ligne d’arrivée de 13 marathons

L’or olympique et le record du monde font de Bikila un héros national en Éthiopie. En récompense, il reçoit une voiture et un appartement. Dès lors, il peut se consacrer à son sport et durant sa carrière, franchit la ligne d’arrivée de 13 marathons. Son seul échec est de terminer 5e au marathon de Boston en 1963.

Avec la célébrité à partir de 1960, cet athlète soigne sa tenue et porte désormais des chaussures de course de l’équipementier japonais ASICS.

Alors que se profilent les J.O. de Tokyo, il est opéré d’une appendicite aiguë le 16 septembre 1964. Son hospitalisation, gardée secrète, n’est dévoilée qu’après le marathon qu’il court le 21 octobre 1964 au Stade olympique national de Tokyo au Japon en 2h 12 ‘ et 16’’. Il signe là un nouveau record du monde avec 4’ d’avance sur le second.

A cette performance exceptionnelle, s’ajoute l’étonnante fraîcheur physique de cet athlète qui, sitôt passé la ligne d’arrivée, entame une séance d’étirement, sans paraître fatigué le moins du monde.

Longuement fêté en Éthiopie, il est aussi la vedette de l’émission télévisée Les Coulisses de l’Exploit en 1965 via le journaliste François Chalais.

 


Abebe Bikila aux JO de Tokyo le 21 octobre 1964. Source : Wikipédia

 

Devenu paraplégique, il se lance dans la course en fauteuil et au tir à l’arc

Une fracture du péroné lors de son 14e marathon en juillet 1967 signe sa fin de carrière. En effet, gêné par cette blessure, il doit abandonner peu avant 15km de course lors des  J.O. de Mexico en 1968.

Victime d’un grave accident de voiture le 22 mars 1969, il reste prisonnier de sa Volkswagen Coccinelle toute la nuit. Ce n’est qu’au matin qu’un berger le découvre et appelle les secours. La nuque brisée, Abebe Bikila est transporté d’urgence à Londres dans l’avion personnel de l’empereur Hailé Sélassié. Il parvient à survivre mais perd l’usage de ses jambes. Toutefois, son énergie d’athlète reprend le dessus et il se lance dans la course en fauteuil et au tir à l’arc.

Sa seule présence en tant que spectateur lui vaut une ovation émue du public lors des J.O. de Munich de 1972.

Quand il meurt en 1973 d’une hémorragie cérébrale liée à son accident, une foule de 65.000 personnes assistent à ses obsèques dont l’empereur d’Éthiopie.

Son nom est donné à un stade d’Addis-Abeba, une rue de Saint-Jean (Haute Garonne), d’Amsterdam et de Florence.


Plaque de rue de St-Jean (Haute-Garonne). Photo: Virginie Tissot

 

 

Perfectionniste et exigeant, digne descendant des dieux de l’Olympe

En l’absence d’heure de naissance, que dire du tempérament d’Abébé Bikila ?

L’influence du Lion l’amène naturellement à être en lumière et notamment celle des podiums olympiques.

Doué à la fois pour voir l’ensemble et le détail, on peut dire qu’il est un perfectionniste exigeant guidé par une fine intuition et l’orgueil lucide du surhomme qui exploite au maximum ses dons naturels, sans faiblir, jusqu’au bout, à la façon des héros de l’Antiquité.

Hors normes par l’influence d’Uranus, il est taillé pour devenir le 1er athlète médaillé olympique d’Afrique noire et le 1er à gagner deux fois de suite le marathon olympique.

Marqué également par la Vierge, il en hérite aussi la modestie et le réalisme quand il déclare que beaucoup d’autres coureurs de la Garde impériale auraient pu gagner à sa place.

 

Voici un bref hommage à ce coureur d’exception qui honore son pays à la façon des héros de l’Olympe !

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

Retrouvez l'acte sur les Archives Départementales Françaises en ligne

haut de page