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Peintre et sculptrice, spécialiste des scènes rustiques et animalières, elle connaît de son vivant un succès considérable. Excentrique sans être scandaleuse, elle est la première femme à recevoir la Légion d’honneur en 1894.

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Rosa BONHEUR
Rosalie BONHEUR dite Rosa

Née le 16 mars 1822 à 20h (huit heures du soir) à Bordeaux 33 Gironde
Selon acte n°267 – Arch. Municipales 1 E 111- registre section 1 1822 – vue 40/189

 

Décédée le 25 mai 1899 à 22h30 au château de By commune de Thomery Seine-et-Marne 77
AD77 en ligne – 6 E 489/13 – 1888-1903 – vue 256/363

 

 

 

Que d’audaces chez Rosa Bonheur !

 

C’est ainsi que la presse commente l’œuvre remarquée de Rosa Bonheur, au Salon de peinture et de sculpture de Paris en mai 1853, le Marché aux chevaux, une toile immense (2,44mx5,06m).

Le public admiratif n’en revient pas.

A une époque où classiques et romantiques s’opposent gaillardement dans d’incessantes polémiques, ce tableau n’attire que des éloges dans les deux camps. C'est vraiment une peinture d'homme, nerveuse, solide, pleine de franchise (L’Eclair 1853).

La toile va apporter une grande notoriété à cette femme hors normes. Ce tableau, après avoir été acquis par un Américain, sera offert au Metropolitan Museum of Art de New York.

Ses scènes animalières attirent un grand succès et une reconnaissance internationale qui lui valent de faire des tournées en Belgique et en Angleterre. A cette occasion, elle rencontre des célébrités telle la Reine Victoria…

 


http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Rosa_bonheur_horse_fair_1835_55.jpg

 

Formée à l’art du dessin dans l’atelier de son père

Rosa, ainsi que son frère et sa sœur sont encouragés dans la voie artistique par leur père, professeur de dessin.

La famille qui est venue s’installer à Paris, vit chichement. Devenue orpheline de mère à 11 ans, Rosa instruite à l’école élémentaire devient apprentie couturière puis placée en pension. Son père finit par la prendre comme élève dans son atelier, où se révèlent ses dons de peintre.

Dès l’âge de 17 ans, elle se met à étudier les animaux qui seront son sujet de prédilection.

Elle a 19 ans quand elle expose pour la première fois au Salon de peinture de 1841. Quatre ans plus tard, elle obtient une médaille de bronze au Salon de 1845 et la médaille d’or au Salon de 1848 pour Bœufs et Taureaux, race du Cantal.

En 1849, Le Labourage nivernais - tableau qui lui a été commandé par l’Etat – obtient un vif succès. La même année, Rosa Bonheur devient directrice de l’Ecole gratuite de dessin pour jeunes filles, en remplacement de son père qui vient de mourir.

Après 1855, elle s’abstient de participer au Salon, car toute sa production est vendue d’avance.


Labourage nivernais (1849), Musée d’Orsay

Cezanne dira de cette peinture que c’est horriblement ressemblant !

 

Peintre excentrique, hors des courants artistiques de son temps

Portant cheveux courts et fumant des cigares, cette anti-conformiste s’habille en homme, fréquente les abattoirs et peint des sujets bien peu féminins, lit-on dans les journaux.

Théophile Gautier dira d’elle : avec elle, il n'y a pas besoin de galanterie ; elle fait de l'art sérieusement, et on peut la traiter en homme. La peinture n'est pas pour elle une variété de broderie au petit point.

De ses années d’enfance dans la campagne bordelaise, elle garde la réputation d’être un garçon manqué. On la catalogue homosexuelle, ce qu’elle réfutera toujours.

Durant sa vie, elle vivra avec deux femmes. D’abord, Nathalie Micas, qui deviendra peintre comme elle, rencontrée en 1837 (Rosa avait quatorze ans et Nathalie douze). Au décès de Nathalie en 1889, elle rencontre l’Américaine Anna Klumpke, également artiste-peintre, qui vient vivre avec elle au château de By en juin 1898 pour faire son portrait. A la demande de Rosa Bonheur, elle y reste et devient sa légataire universelle.

En mai 1857, elle obtient une permission de travestissement – renouvelable tous les six mois à la préfecture de Paris - qui l’autorise à s’habiller en homme pour raison de santé et ainsi porter des pantalons afin de fréquenter les foires aux bestiaux.

 

Lors de l’Exposition universelle de 1889, qui voit pour la première fois, s’élancer la Tour de Gustave Eiffel dans le ciel parisien, l’originale Rosa Bonheur invite dans son domaine, Buffalo Bill, l’aventurier chasseur de bisons, qui lui offre une panoplie de Sioux.

Sans se faire scandaleuse, tout en étant originale, Rosa Bonheur est une femme de sang froid, au tempérament viril, solide, qui s’adapte avec indépendance au conformisme de la société de son temps. C’est ainsi qu’elle conduit sa carrière toujours en marge des courants artistiques dits modernes ; se tenant à l’écart des successifs, romantiques, réalistes et impressionnistes…

Il est vrai que son succès commercial la met à l’écart du souci de plaire à la critique.

Ses peintures traduisent un réalisme intransigeant, une authenticité quasiment photographique et restituent l’ambiance puissamment vivante de scènes où la vie animale occupe le premier plan.

Comme elle bénéficie d’une clientèle fortunée, dont elle peint volontiers les animaux de compagnie, on l’assimile au courant bourgeois, conservateur.

Quand le modernisme commence à répudier son art, Jules Claretie, chroniqueur et caricaturiste écrit en 1874 : Les femmes peuvent-elles être de grands peintres ? On serait tenté de répondre « oui » lorsqu’on regarde les bœufs de Rosa Bonheur, et de dire « peut-être » ou même « non » lorsqu’on étudie ses figures humaines.

 

Elle est inhumée au cimetière du Père Lachaise, dans la concession de la famille Micas.

 

 


Relais de chasse 1887 – Musée d’art de Saint-Louis

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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