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Dandy châtelain, un temps député, marié à la fille d’un milliardaire, il peut donner libre cours à ses frasques dans un train de vie dispendieux au cœur du gratin mondain de la Belle Epoque.

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BONI de CASTELLANE
Né Boniface Marie Paul Ernest marquis de CASTELLANE dit…

le 14 février 1867 à 18h à Paris 7e
Selon acte n°221 – Archives de Paris en ligne – V4 E 825 – vue 10/31

 Décédé le 20 octobre 1932 à 5h à Paris 8e
Selon acte n°1480 – Archives de Paris en ligne -  8D209 – vue 10/31

 

 


Boni de Castellane sur sa carte de visite 1910-1920

 

Un dandy, par excellence…

Il s’offre un grand train de vie par son mariage d’intérêt

…Bombant la poitrine, creusant les reins, la tête en arrière, le nez au vent…

Lassée de ses frasques, son épouse obtient le divorce en 1906

Très dandy, très blond, encore vert, trop vert, très charmeur, trop poupée et très grand seigneur…

Boni de Castellane ou l’excentrique héros de ses rêves

 

 

Un dandy, par excellence…

Qualifié de dandy, Boni de Castellane en traduit la finesse, l’élégance et l’originalité au travers des portraits soignés que l’histoire retient de lui.

Fils de marquis et descendant d’une illustre et noble lignée provençale, il partage son enfance entre la résidence parisienne de ses parents et le château de Rochecotte en Indre-et-Loire, propriété de sa grand-mère Pauline de Talleyrand-Périgort, marquise de Castellane.


Château de Rochecotte en Indre-et-Loire

 

Il s’offre un grand train de vie par son mariage d’intérêt

Après des études au Collège parisien Stanislas et chez les Oratoriens de Juilly, il échoue à l’oral de l’Ecole militaire de Saint-Cyr.

Une fois fait son service militaire, Boni de Castellane voyage en Italie, Portugal et Espagne en 1892 et 1893.

Il a 27 ans quand il rencontre Anna Gould âgée de 19 ans, déjà fiancée à un acteur américain et fille d’un magnat américain des chemins de fer.

Bien que décrite comme fort laide, petite, grassouillette, légèrement bossue et au caractère renfrognée, cette jeune femme séduit d’emblée Boni de Castellane par l’immensité de sa fortune personnelle estimée à 15 millions de dollars (équivalent de plus de 440 millions de dollars de 2015).

Elle est plus belle vue de dot, disent les mondains de l’époque.

De leur mariage célébré à New-York le 4 mars 1895, naîtront quatre enfants.

Dès lors, Boni se met à dépenser aussi largement qu’élégamment la fortune de son épouse qui de son côté s’offre les plus belles toilettes et s’habille chez les grands couturiers dont la Maison Chanel.

Dès avril 1896, le couple lance la construction du palais Rose, un hôtel particulier dans le 16e arrondissement de Paris. On raconte que le jour de son inauguration Boni, en aristocrate généreux offre de régler les loyers – dans la limite de 500 francs – des paroissiens nécessiteux.

 

…Bombant la poitrine, creusant les reins, la tête en arrière, le nez au vent…

Et grâce aux propos du  journaliste Lucien Corpechot nous voyons apparaître ce dandy magnanime dans son palais flambant neuf :

En haut de son escalier de marbre, sanglé dans sa redingote grise fleurie d'un œillet pourpre, tendant vers les épaules, bombant la poitrine, creusant les reins, la tête en arrière, le nez au vent, des yeux bleus, le teint clair, les cheveux blonds, gai et souriant, grave néanmoins, sentant la noblesse en toutes ses manières, un rien de glorieux, mais avec quelle aisance…

Bientôt l’attrait du grand large inspire ce couple qui achète en 1897 un trois-mâts le Walhalla nécessitant 90 hommes d’équipages, et qui leur permet une croisière en Norvège et en Russie.

La même année, il acquiert le château du Marais en Essonne avec 1.200 hectares de terre puis le château de Grignan dans la Drôme en 1902 qu’il transforme et garnit de meubles et de tableaux rares.

A partir de 1898, il est élu député des Basses-Alpes sous trois législatures de la IIIe République.


Dessin illustrant l'ambiance burlesque du divorce d'Anna Gould et Boni de Castellane.

 

Lassée de ses frasques, son épouse obtient le divorce en 1906

Au cœur de la vie mondaine parisienne de la Belle Epoque, l’élégant Boni de Castellane sait mieux que quiconque faire l’éloge de la salonnière Mélanie de Pourtalès.

Il occupe aussi son temps entre régates dans les eaux anglaises, voyages outre-Atlantique et croisières en Méditerranée.

Lassée des frasques de son mari volage autant que de ses dépenses inconsidérées qui inquiètent la famille Gould, Anna demande et obtient le divorce qui sera prononcé en novembre 1906.

Boni quitte le palais Rose inachevé et devient courtier en objets d’art où son goût inné fait merveille pour guider les étrangers fortunés notamment américains. A ce titre, on considère qu’il inspire les grandes collections américaines selon Eric Mension-Rigau (2009).

 

 

Très dandy, très blond, encore vert, trop vert, très charmeur, trop poupée et très grand seigneur…

Le Dandy a conservé toute sa superbe selon la description de l’antiquaire parisien René Gimpel qui le reçoit dans sa galerie de la rue La Boétie en 1918 :

« Sa poitrine est trop bombée, ses épaules trop carrées, sa taille trop pincée. Il est très dandy, très blond, encore vert, trop vert, très charmeur, trop poupée, et très grand seigneur. »

Engagé volontaire en 1914, il sert d’interprète auprès de l’armée britannique au Havre où il s’ennuie terriblement. Par bonheur, au bout de quelques mois une circulaire de Millerand le renvoie dans ses foyers.

Propriétaire depuis 1918 d’un hôtel particulier rue de Lille, il y reçoit des personnalités politiques étrangères réunies lors de la conférence de la Paix en 1919.

En 1924, il fonde avec le docteur Joachim Carvalho l’association La Demeure historique qui réunit les propriétaires de monuments historiques.

Atteint depuis 1921 d’encéphalite léthargique, il en meurt le 20 octobre 1932.

 

 

Boni de Castellane ou l’excentrique héros de ses rêves

Sa nature très Cancer lui donne un raffinement féminoïde et narcissique en quête de reconnaissance et d’admiration auprès d’un large public.

Son raffinement vestimentaire et ses poses calculées masquent à peine ses multiples tensions intérieures.

Comme un pigeon voyageur, cet indépendant Verseau rêve de dépaysement original, d’un ailleurs où le cocon serait plus douillet et l’herbe plus verte, sans souci de rigueur, selon l’humeur, l’opportunité du moment et toujours à son idée.

En terrien précurseur, il contribue à fonder l’association des propriétaires de monuments historiques.

Par un minutieux calcul égocentrique, il s’allie une épouse fortunée qui à défaut d’affection, comble son avidité de finances et ses projets excentriques qu’il peut conduire à sa guise.

 

 


(Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


Retrouvez l'acte sur les Archives Départementales Françaises en ligne

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