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Prêtre occultiste interdit comme hérétique et condamné pour satanisme.

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Antoine BOULLAN
Né BOULAN

le 18 février 1824 à 16h à Saint-Porquier Tarn-et-Garonne 82
Selon acte n°3 – AD82 en ligne –  1823-1824 / 6e 171-14 – vue 19/39

 Décédé le 4 janvier 1893 à Lyon

 

 

Brillant séminariste, ordonné prêtre à 24 ans

Sa congrégation sert à dissimuler sa liaison avec Adèle Chevalier

Evincé de l’Eglise Catholique pour satanisme

Sa mort provoque des duels de mages

Du divin au diabolique, il exerce son autorité jusqu’à l’échec

 

 

Brillant séminariste, ordonné prêtre à 24 ans

Né d’un père briquetier, ce brillant séminariste, ordonné prêtre à 24 ans en 1848, se retrouve vicaire de la paroisse Saint-Jean à Montauban.

Après un doctorat en théologie obtenu à Rome, et devenu missionnaire du Précieux Sang en Italie, il y prêche plusieurs missions avant de revenir en France. Il est nommé supérieur d’une maison de sa congrégation en Alsace, près de Turckheim dans le hameau des Trois-Epis.

En 1853, sort son premier ouvrage, une traduction de la Vie Divine de la Sainte-Vierge rédigé par la célèbre abbesse espagnole du 17e siècle, Marie d’Agreda.

Il a 30 ans quand il s’installe comme prêtre à Paris où il collabore à plusieurs revues pieuses. Et aussi devient directeur spirituel d’Adèle Chevalier, sœur converse miraculeusement guérie de sa cécité lors d’un pèlerinage à Notre-Dame-de-la-Salette. C’est là que Boullan fait sa rencontre en mars 1856.

Fondateur de la revue « Les Annales de la Sainteté au XIXe siècle, l’abbé Boullan y expose ses doctrines : « d’offrir à Dieu, à titre de satisfaction ou de réparation, soit des prières spéciales, soit des souffrances physiques ou morales chrétiennement acceptées, ou même sollicitées, de manière à compenser ainsi dans une certaine mesure les offenses continuellement faites à la majesté divine par les pécheurs non repentis ».

 

Sa congrégation sert à dissimuler sa liaison avec Adèle Chevalier

En 1859, il fonde avec Adèle Chevalier la congrégation religieuse, l’Œuvre de la Réparation, provisoirement autorisée par l’évêque de Versailles. En réalité, cette communauté ne sert qu’à dissimuler la liaison de l’abbé et de sa protégée. Des pratiques scandaleuses s’y déroulent pour soigner les malades. Quant à l’enfant né de ses amours interdites avec Adèle, il disparaît sans que ce crime ne soit jamais élucidé.

Des plaintes arrivent à l’évêché quant à la façon dont Boullan se procure de l’argent et à ses étranges méthodes thérapeutiques. Condamné en correctionnelle pour escroquerie, il purge trois ans de prison à Rouen de décembre 1861 à septembre 1864.

A l’été 1869, un procès ecclésiastique s’ouvre devant le Saint-Office, en raison d’un conflit de compétences entre l’évêché de Versailles et Paris où réside Boullan depuis sa libération. Finalement, l’abbé est absous par le Saint-Office, et regagne Paris à l’hiver 1869.

 

Evincé de l’Eglise Catholique pour satanisme

Dans sa revue, il développe l’étrange théorie qui consiste à pécher pour que les autres ne pèchent pas. Cette curieuse conception ouvre la voie à toutes sortes de débauche. Alerté par ses vues hérétiques, l’archevêché de Paris reçoit de Rome l’ordre d’interdire l’abbé Boullan à partir du 1er juillet 1875.

Evincé de l’Eglise Catholique, l’ex-abbé contacte Eugène Vintras qui prétend être la réincarnation du prophète Elie ; en fait il s’agit plus sûrement d’un escroc et ex-proxénète. Au décès de ce prétendu mage en 1875, Boullan s’autoproclame son successeur à la tête de l’Œuvre de la Miséricorde et installe son quartier général à Lyon. Cependant il suscite la méfiance chez les disciples de Vintras.

Boullan enseigne à ses fidèles que « la chute édénale s'étant effectuée par un acte d'amour coupable, c'est par des actes d'amour religieusement accomplis que peut et doit s'opérer la Rédemption de l'Humanité ».

Selon Stanislas de Guaïta, Boullan érige la fornication en pratique liturgique.

 

Sa mort provoque des duels de mages

En 1890, Boullan rencontre l’écrivain Joris-Karl Huysmans par l’entremise de Berthe de Courrière, une demi-mondaine qui voue une passion à la fois à l’occultisme et aux ecclésiastiques.

Quand Boullan est condamné en  1892 pour exercice illégal de la médecine par le tribunal de Trévoux, c’est Huysmans qui règle l’amende. Il faut dire que sous la plume de cet écrivain, le Dr Johannès, héros de son ouvrage Là-Bas (1891), s'est inspiré de la vie de l’ex-abbé.

La mort de Boullan en 1893 est attribuée à la magie noire de Wirth et de Guaïta selon Huysmans qui se dit aussi victime d’attaques magiques.

Il s’en suit des duels de mages d'où les protagonistes sortent indemnes.

 

 

Du divin au diabolique, il exerce son autorité jusqu’à l’échec

Passant du divin au diabolique, Antoine Boullan se sent une âme de leader avant-gardiste pour porter sa doctrine personnelle à des disciples.

Influencé par le Verseau et le Lion, il se sent fait pour éclairer les autres avec une autorité naturelle indiscutable. Son appétit de jouissance des plaisirs terrestres se mêle à une avidité insatiable de connaissances scientifiques.

Mêlant allègrement les deux, il bâtit une doctrine bien à lui peu susceptible d’évolution car ses convictions sont fermes.

Ses actions ainsi inspirées l’amènent inévitablement à l’échec et à la dévalorisation de sa mission religieuse et même civile tant son âme se laisse séduire par les tourments diaboliques où il se glisse sans retenue.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

 


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