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Figure du socialisme, onze fois président du conseil et vingt-six fois ministre, son action en faveur de la réconciliation avec l’Allemagne, lui vaut le Prix Nobel de la paix en 1926.

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Aristide BRIAND

Né le 28 mars 1862 à 10h30 à Nantes Loire-Atlantique 44
Selon acte n°134  - AD44 en ligne – 1er canton de Nantes – 1 E 1099 – vue 24/93

Décédé le 7 mars 1932 à Paris

 

 

Avocat, il devient une figure du socialisme

Saint-Etienne, tremplin politique de ce Nantais

Brillant artisan de la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat

Un record de carrières ministérielles sous la IIIe République

Un rassembleur conquérant et humaniste

 

 

Avocat, il devient une figure du socialisme

Il est le fils d’un aubergiste, ancien contrebandier, qui tient un modeste café à Nantes puis Saint-Nazaire.

Après ses études secondaires, il étudie le droit à Paris et devient avocat.

Journaliste puis rédacteur en chef de la Démocratie de l’Ouest, puis de L’Humanité créée en 1902.

A lui la vie de Bohème parisienne, il fréquente le groupe des Hydropathes (ceux qui souffrent de l’eau…) puis avec son ami Fernand Pelloutier, il s’oriente vers le socialisme.

Selon ces deux amis, une révolution sans violence avec une simple grève devrait suffire à renverser l’Etat bourgeois !

Devenu brillant avocat et aussi séducteur impénitent, il est tenté par la politique.

Il a trente ans, quand, délégué de Saint-Nazaire, anticlérical et libre-penseur, il appelle haut et fort à la grève générale, à la tribune du congrès du parti à Marseille en 1892.

« Face aux engins meurtriers qui sauvegardent la société oisive, il suffira que plusieurs millions d’hommes demeurent inactifs ! »

D’emblée, le voilà célèbre.

Et aux Etats généraux du socialisme en décembre 1899 à Paris, ce nouveau membre du Parti Socialiste Français (PSF) prône l’alliance avec Jaurès contre le sectarisme de Guesde. Dès 1901, il deviendra secrétaire général du PSF qu’il quittera en 1904.

 

Saint-Etienne, tremplin politique de ce Nantais

Briand devenu une notoriété chez les socialistes, songe à se faire élire député. Mais à deux reprises, en 1893 et 1898, il échoue à séduire les électeurs parisiens.

Par relations, le voilà en contact avec Louis Soulié, journaliste, conseiller municipal de Saint-Etienne ; Briand est bientôt parachuté candidat de cette ville. Il y est élu député dès le premier tour en 1902 et le restera pendant dix-sept ans.

Selon l’expression de l’historien ligérien Gérard Michel Thermeau, ce Nantais, tel le saumon a remonté la Loire.

A Saint-Etienne, à la tête d’une circonscription ouvrière de mineurs et de passementiers, il se fait le chantre du socialisme indépendant. Il sait tenir des propos rassembleurs et même ses adversaires politiques l’apprécient.

Lors de l’enterrement de l’ouvrier Colombet, en octobre 1902, tué par un gendarme, la cérémonie qui attire 10.000 personnes se déroule dans le calme, Briand ayant obtenu du président du Conseil, l’absence de forces de l’ordre. Son discours improvisé fait forte impression.

Quelques années plus tard, l’écrivain Louis-Joseph Gras remarquera l’évolution du personnage Briand :

Les longues moustaches avaient été coupées… au tribun, au démocrate passionné succédait l’homme du monde qui a de hautes relations dans le demi-monde. Il avait gagné des sympathies dans les milieux bourgeois de sa circonscription.

 

Brillant artisan de la loi de Séparation de l’Eglise et de l’Etat

Aristide Briand attache son nom à la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat. En effet, il œuvre en commission, puis se fait rapporteur devant l’assemblée et enfin comme ministre il est chargé de la mettre en application.

Lors des débats de belle tenue qui se succèdent entre mars et juillet 1905, Briand fait merveille. Reconnu comme un paresseux intelligent, une sorte de bon élève aux allures dilettantes, il aime improviser ses discours. Cependant, grâce à son travail solide qui fonde la discussion parlementaire, il se présente comme le rempart des catholiques contre l’anticléricalisme radical de la gauche et pour cette même gauche, il est celui qui peut assurer la paix religieuse.

Il est l’artisan de la conciliation générale et la loi est approuvée par 328 voix contre 221.

Il illustre bien la citation de Louis XIV, lui-même fin stratège : Tout l’art de la politique est de se servir des conjonctures.

 


"La Politique est l’art de concilier le désirable avec le possible." Aristide Briand

 

Un record de carrières ministérielles sous la IIIe République

Chargé du portefeuille de l’Instruction publique en 1906, il connaît une des plus longues carrières ministérielles de la IIIe République. Il est vingt-six fois ministre, en particulier des Affaires étrangères et onze fois président du Conseil. Il joue un rôle essentiel dans les relations internationales après la Guerre de 14-18.

Il reçoit le Prix Nobel de la paix en 1926 conjointement avec Gustav Stresemann pour son action ardente en faveur de la réconciliation entre la France et l’Allemagne, aux Accords de Locarno. Son éloquence servie par une voix persuasive est restée célèbre.

En 1928, il signe avec l’Américain Kellog, le pacte Briand-Kellog qui déclare la guerre hors-la-loi. Ce traité initié par Aristide Briand est signé par soixante-trois pays qui condamnent le recours à la guerre pour le règlement des différends internationaux et y renoncent en tant qu'instrument de politique nationale dans leurs relations mutuelles.

Mais cette construction diplomatique s’écroule dès les années 1930, marquées par la crise économique de 1929, la montée du nazisme et du nationalisme japonais.

Il échoue en 1931 à l’élection présidentielle devant Paul Doumer.

 

Sources documentaires :

Stéphanois d’ailleurs, Stéphanois de cœur par Gérard Michel Thermeau - collection Histoire et Mémoire – éditeur Actes Graphiques

Aristide Briand à Saint-Etienne –député de la Loire en 1902 – Naissance d’un homme d’Etat – par Roger Briand - Cahier Village de Forez 2004 – Centre Social de Montbrison

Wikipédia

 

 

Un rassembleur conquérant et humaniste

Par nature, Aristide Briand est adaptable aux circonstances et perçoit d’emblée l’ambiance où il se trouve. Il s’y baigne, il s’en imprègne spontanément et ses propos sont rassembleurs tant son esprit est porté vers le communautarisme, l’intérêt commun le plus large et consensuel possible.

La tribune politique lui convient parfaitement. Comblé par les bravos du peuple, il se sent un héros rassembleur soucieux d’harmonie et de paix sociale.

Optimiste et idéaliste, il est un conquérant indépendant, qui sent et qui sait ce qui est bon pour le devenir humain.

Avec sang-froid, il mûrit longuement ses actions, malgré un fond ardent et impatient.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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