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Précurseur des épiciers ambulants, ce torréfacteur fonde en 1890 la société de vente de café « Au Planteur de Caïffa » et popularise le café en France.

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Michel CAHEN

Né le 4 février 1862 à 4h du matin à Ennery Moselle 57
Selon acte n°1 aimablement transmis par la mairie d’Ennery

 Décédé le 31 janvier 1928 à Paris 8e

 


https://fr.wikipedia.org/wiki/Au_planteur_de_Ca%C3%AFffa#/media/File:Cart_drawn_by_dogs.jpg

 

Modeste torréfacteur devenu un industriel prospère

Partout, un maillage de succursales avec des colporteurs

Un patron humaniste pour son personnel

Avide de réussir en grand, ses méthodes sont d’avant-garde

 

 

En France, c’est en 1644, que débarquent à Marseille les premiers grains de café importés du Yemen et en provenance du port de Moka.

Bientôt, les notables, cours royales et artistes s’en délectent et toute l’Europe prend goût à cet étonnant breuvage consommé alors « à la turque ».

Dès lors, le commerce s’organise et se développe pour le café mais aussi le thé, épices, tabac… denrées importées d’Extrême-Orient via le port d’Amsterdam. 

 

Modeste torréfacteur devenu un industriel prospère

Michel Cahen a 25 ans et de maigres finances quand il se lance avec son épouse, en 1890, dans le négoce du café.  Fils d’un marchand de bestiaux, il en a hérité la bosse du commerce.

Dans le port du Havre, il acquiert la cargaison de café d’un bateau qui, du fait d’un coup de mer, a eu son fret en partie noyé.

Dans le café récupéré, Cahen n’obtient qu’une dizaine de kilos consommables, après séchage et torréfaction. C’est peu, mais son incroyable talent de vendeur fait le reste et le café réparti en paquet d’une livre est vendu au porte-à-porte.

Au départ, simple torréfacteur spécialiste du café, Michel Cahen transforme son magasin en épicerie.

Fondateur de la marque « Le Planteur de Caïffa » (*), il affiche dix ans plus tard un chiffre d’affaires de 1.120.000 francs de l’époque et en 1910, 70.000.000 de francs avec plus de 300 succursales.
6.000 employés font vivre plus de 30.000 personnes.
On torréfie 10.000 tonnes de café par an.

(*) Caïffa ou Caifa est le nom d'une ville de bord de mer dans le royaume de Jérusalem. Elle est aujourd'hui en Israël et porte le nom de Haïfa.

Implanté dans le XVIe arrondissement de Paris, Le Planteur de Caïffa en pleine prospérité installe son usine de conditionnement en banlieue à Malakoff, en 1909.

 

 

Partout, un maillage de succursales avec des colporteurs

Des établissements Au Planteur de Caïffa partent chaque matin des dizaines de colporteurs poussant un triporteur ou bien conduisant une charrette tractée par des chevaux ou… des chiens.

Commerçant habile et visionnaire, Michel Cahen retient le client avec des « timbres-fidélité », précurseurs des actuelles cartes de fidélité.

Chaque livreur-colporteur dispose de cartes indiquant à ses habitués, le jour de son passage.

Avant la Seconde Guerre mondiale, Caïffa compte plus de 400 succursales réparties dans toutes les villes et les gros bourgs.

Remarquable novateur Michel Cahen a compris que dans la France d’alors, majoritairement rurale, il importe d’aller chez l’habitant. Ainsi, les colporteurs du Caïffa, outre les sachets de café, vendent aussi chicorée, boîtes de sardines, pâtes, gâteaux secs, chocolat, poivre, huile, vinaigre, savon, poudre de lessive… et même de quoi repriser, jusque dans les cantons les plus isolés.

Sa notoriété est telle que les ménagères surveillent  le passage du Caïffa, dont le nom symbolise l’épicier ambulant de l’époque, souvent équipé d’un tablier, d’une casquette et avec l’inséparable crayon sur l’oreille. Le colporteur s’annonce en criant Caïffa, Caïffa !

Profession peu rentable et épuisante qui fait courir la campagne par tous les temps, dormir dans le foin de la grange et, si possible, manger la bonne soupe de quelque paysan généreux.

 

Un patron humaniste pour son personnel

Industriel émérite, Michel Cahen se fait aussi bienfaiteur pour son personnel puisque dès 1903, il crée une société de secours mutuels en cas de maladie et pour la retraite.

Il offre des colonies de vacances aux enfants.

Il fonde aussi un orchestre de plus de cent musiciens pour animer les fêtes de mutualité et de bienfaisance.

Le Planteur de Caïffa est acheté en 1923 par Della Valle, deux frères argentins, qui fondent La Maison du Café, désormais entre les mains d’un groupe qui figure parmi les grands torréfacteurs du monde.

 


https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ca%C3%AFffa_poster.jpg

 

 

Sources documentaires :
 
http://gw.geneanet.org/symi43?lang=fr&m=NOTES&f=CAIFFA
https://fr.wikipedia.org/wiki/Au_planteur_de_Ca%C3%AFffa
http://philatelie.apfi.free.fr/pages/bulletin_complet/07_BERREBI/07_BERREBI.htm

 

 

Avide de réussir en grand, ses méthodes sont d’avant-garde

Sous l’influence double du Verseau et du Sagittaire, Michel Cahen est à la fois un précurseur humaniste et un homme d’affaires.

Novateur dans l’âme, il trouve des moyens inédits pour relier les humains et leur apporter du bien-être en fondant l’épicerie ambulante.

Ainsi les succursales qu’il crée maillent le territoire  à la rencontre des habitants même les plus éloignés.

Aussi actif qu’imaginatif, il invente le système des timbres pour fidéliser sa clientèle car il sait mieux que quiconque que rien n’est acquis d’avance. Il sait aussi qu’il devra un jour céder sa brillante société à un repreneur.

Mené par une avidité insatiable de réussir en grand dans le négoce, voilà notre industriel à la tête d’un empire du café qu’il a monté en moins de deux décennies.

Mais comme il est homme de contact à la fibre humaniste, pour son personnel il invente avant l’heure, l’assurance sociale et les loisirs d’un comité d’entreprise. Là encore, pressentant ce qui est bon pour le devenir humain, il ouvre des voies d’avant-garde.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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