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Touche-à-tout de génie, cet artiste se fait aussi comédien, chansonnier, humoriste, caricaturiste, directeur de cabaret, producteur, écrivain, mais aussi libertaire, franc-maçon, pacifiste, antimilitariste…

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Léo CAMPION

Né Léon, Louis, Octave Campion le 24 mars 1905 à 6h à Paris 18e
Selon acte n° 1484 – Archives Paris en ligne – 18N322 – vue 27/43

 Décédé le 6 mars 1992 à Paris

 


http://libertaire.pagesperso-orange.fr/campionleo.html

 

Objecteur de conscience avant l’heure

Pour lui, franc-maçonnerie et esprit libertaire vont ensemble

Antimilitariste, il aide la Résistance belge et française pendant la guerre

Artiste aux multiples talents, il est curieux de tous les modes d’expression

Quelques pensées « campionnesques » :

Preux chevalier et fin tacticien, il est ardent militant de valeurs humanistes

 

 

Objecteur de conscience avant l’heure

Né parisien et d’ascendance belge, il n’a que 18 ans quand il est expulsé de France en 1923 à la suite d’une campagne menée à son encontre par Action française, mouvement politique nationaliste et royaliste d’extrême-droite.

Installé à Bruxelles, il y rencontre le bouquiniste anarchiste et franc-maçon, Marcel Dieu alias Hem Day qui marquera sa vie.

Léo Campion sera avec Hem Day, le premier objecteur de conscience. Le refus du service militaire et le renvoi de leurs livrets militaires leur valent une arrestation en 1933 ordonnée par le ministre de la Défense nationale belge.

Leur procès attire la foule dans l’enceinte du tribunal militaire.

Les accusés, prenant la parole tour à tour, ridiculisent les autorités judiciaires et militaires. Condamnés à 18 mois de prison, peine allégée lors du jugement d’appel, les deux jeunes gens refusant toute sanction, entament une grève de la faim.

L’opinion publique très mobilisée réclame une libération immédiate et la pression se fait si forte que le gouvernement belge s’en trouve menacé. Cette agitation aboutit à la libération des deux premiers objecteurs de conscience.

 

Le refus du service militaire est une assurance contre la mort, cette assurance sera viable dès qu’il y aura suffisamment d’assurés.

 

Pour lui, franc-maçonnerie et esprit libertaire vont ensemble

Initié à la franc-maçonnerie du Grand Orient de Belgique à Bruxelles en 1930, il s’affilie en 1937 au Grand Orient de France à Paris dont il gravit tous les échelons et siège au consistoire d’Île-de-France.

En 1930 et 1936, Léo, fine plume et nanti d’un joli coup de crayon, se fait caricaturiste pour le journal bruxellois, Le Rouge et le Noir, tout en menant une carrière de chansonnier.

Dans le Bruxelles des années 1930 devenu refuge pour de nombreux proscrits, Léo Campion se lie d’amitié avec des anarchistes. Il publie en 1937 un journal d’informations sur la révolution espagnole « Rébellion ».

 

Antimilitariste, il aide la Résistance belge et française pendant la guerre

A la Seconde Guerre mondiale, Léo rentré en France se retrouve interné avec d’autres anarchistes au camp de détention d’Argelès, au motif de son statut d’objecteur de conscience. Libéré après l’Armistice de juin 1940, son métier de chansonnier le conduit à des allers-venues entre Paris et Bruxelles qui font de lui le messager idéal pour les mouvements de Résistance français et belges.

Ce dévouement lui vaut de recevoir à la Libération la Croix de guerre 1939-1945, malgré ses opinions antimilitaristes et son statut maçonnique d’objecteur de conscience.

Secrétaire de la Libre Pensée à Bruxelles, il est aussi secrétaire de la section belge de l’Internationale des résistant(e)s à la guerre, mouvement pacifiste né aux Pays-Bas en 1921.

En décembre 1944, il fonde l’hebdomadaire satirique Pan qui deviendra en 2004 Ubu-Pan par fusion avec un autre journal.

 

Artiste aux multiples talents, il est curieux de tous les modes d’expression

Dans les années 1950, sa passion du spectacle bat son plein et Léo Campion est comédien, directeur de cabaret et producteur. C’est ainsi qu’on le retrouve notamment à la tête du Caveau de la République de 1951 à 1953 et Le Tabou de 1952 à 1953 où il se produit avec Pierre Dac.

Le petit écran et les ondes attirent aussi ses talents : le voilà producteur à la Radio Télévision Française (RTF) où il anime à la radio le « Cabaret du Soir » et collabore au feuilleton Signé Furax de Pierre Dac et Francis Blanche.

En 1961, il foule les planches du théâtre dans Rhinocéros, pièce d’Eugène Ionesco avec une mise en scène de Jean-Louis Barrault. Au cinéma, il est notamment dans French Cancan de Jean Renoir et tient le rôle principal de la série télévisée La Brigade des maléfices en 1971…

En parallèle, il poursuit ses activités militantes en faveur des  anarchistes et des libertaires, notamment par des galas de soutien.

Homme de spectacle mais aussi fine plume, il écrit Le Drapeau noir, l'Équerre et le Compas, recueil de biographies d'anarchistes francs-maçons et/ou de francs-maçons anarchistes, édité pour la première fois en 1969.

 

Quelques pensées « campionnesques » :

Il faut faire avec humour les choses graves et avec sérieux les choses drôles.

Ce serait une grave erreur de croire qu'une entremetteuse est une marchande d'entremets.

Piéton : automobiliste descendu de sa voiture. Automobiliste : piéton remonté dans sa voiture.

 

Sources documentaires :
http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article18510
https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9o_Campion

 

 

Preux chevalier et fin tacticien, il est ardent militant de valeurs humanistes

Doublement influencé par le Bélier et son Mars scorpionnisé, Léo Campion est une « usine à idées » qui prennent corps grâce au génie de cet acteur-né, riche d’un sens critique avant-gardiste.

Le spectacle sous toutes ses formes est pour lui porte ouverte vers la magie grandeur nature, champ de manœuvre illimité qui permet tous les déguisements.

Au lieu de guerroyer avec des armes, ce Martien débrouillard à l’imagination débordante, combat avec les idées, les mots et aussi l’humour, car au fond, il est un sensible et un gentil.

Foncièrement humaniste, épris d’indépendance, doué pour la réussite matérielle, il revendique une totale liberté pour jouir de la vie sans entraves.

Tel un preux chevalier fin tacticien et aux solides convictions, il œuvre inlassablement au nom de valeurs qu’il pressent bonnes pour le devenir humain.

 

 


(Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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