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Des ouvrages de génie civil à l’aéronautique, ce savant de la mécanique laisse une œuvre considérable de bâtisseur

 

Albert Irénée CAQUOT

Né le 1er juillet 1881 à 14 heures (deux heures du soir) à Vouziers Ardennes 08 
Selon acte de naissance n°96

Décédé le 27 novembre 1976 à Paris 16e

 

 

Ingénieur des Ponts et Chaussées, il œuvre avec un esprit brillant, fécond et pragmatique

Ses parents, agriculteurs dans les Ardennes, savent moderniser leur exploitation en y installant dès 1890, l’électricité et le téléphone. Albert reçu dès 18 ans à l’Ecole Polytechnique, en sort ingénieur des Ponts et Chaussées.
A ce titre, de 1905 à 1910 à Troyes, il développe des mesures d’assainissement si remarquables qu’elles protègent la ville de la grande crue de la Seine de 1910.

Associé à Armand CONSIDERE dans son bureau d’études du béton armé, son génie mécanicien fait merveille. Il œuvre dans ce contexte une grande partie de sa vie, de 1919 à 1928, de 1934 à 1938 et à partir de 1940. Esprit brillant et fécond, ses recherches sont toujours conduites en vue de leur application pratique dans les ouvrages d’art.

Ses travaux de recherche les plus connus concernent, notamment, l’étude :

-         de l’élasticité et de la résistance des matériaux dont le béton armé

-         de la mécanique des sols

-        du renouveau des ponts à haubans grâce au béton armé, qu’il voit dépassant de grandes portées et franchissant la Manche en quelques bonds

-         de la méthode rationnelle pour l’écoulement des débits de ruissellement utilisée notamment en assainissement urbain.

A cours de sa vie, il enseigne la résistance des matériaux dans les Ecoles nationales supérieures des Mines, des Ponts et Chaussées et de l’Aéronautique.

 

 

Habile dessinateur et génial calculateur, il réalise plus de 300 ouvrages de génie civil dont plusieurs sont records du monde :

-         le pont de la Madeleine à Nantes, (1927-1928)

-         le pont Lafayette (1927-1928) franchissant les voies de la Gare de l’Est à Paris (utilisation pour la 1ère fois de vibrateurs à air comprimé)

-         le pont de la Caille au nord d’Annecy (1927-1928)

-         la forme de radoub Jean Bart à Saint Nazaire (1935) qui révolutionne les procédés de constructions navales

-         le barrage de la Girotte (1944-49) au pied du Mont-Blanc et celui d’Arzal, sur une grande épaisseur de vase, dans l’estuaire de la Vilaine

-         l’écluse fluviale de Bollène du barrage de Donzère-Mondragon (1950)

-         le tunnel sarrois de Bildstock (1953-1955) en zone d’affaissements miniers

-         la plus grande usine marémotrice du monde sur la Rance en baie du Cotentin (1961-1966). Bien qu’alors âgé de 80 ans, Albert Caquot apporte une contribution déterminante à la construction du barrage (enceinte pour l’usine abritée des courants violents et marées considérables).

 

2 prestigieuses réalisations participent à sa renommée internationale :

-         la structure interne de la grande statue en béton armé du Christ rédempteur sur le Mont Corcova à Rio (hauteur de 30 m.)

-         le pont Georges V à Glasgow en Ecosse, pour lequel les ingénieurs écossais demandent son aide.

 

En aéronautique, on lui doit un apport inestimable qui fait dire par Marcel Dassault : C'est un des meilleurs techniciens que l’aviation n’ait jamais connu. C'est un visionnaire qui, dans tous les domaines, aborde l'avenir. Il est en avance sur tout le monde.

Par périodes alternées au rythme des 2 guerres mondiales, Albert Caquot consacre sa vie à l’aéronautique qui lui doit de remarquables avancées telles que :

-         la conception du ballon captif fuselé utilisé pour l’observation, qui va donner à la France et à ses alliés un avantage stratégique majeur pendant la Première Guerre mondiale

-         la création du Musée de l’Air devenu Musée de l’Air et de l’Espace qui est le plus ancien musée aéronautique du monde

-         des initiatives de formations en mécanique des fluides qui conduisent à la création de l’Ecole Nationale Supérieur d’Aéronautique (Sup’Aéro)

-         la construction de laboratoires de recherche sur l’endurance des matériaux et d’une soufflerie géante à Calais-Meudon en 1929 qui était la plus grande au monde, permettant de tester le Mirage III, la Caravelle et le Concorde, mais aussi des voitures comme la 4CV et la Coccinelle !

En 1938, il est rappelé pour assurer la présidence commune de toutes les sociétés nationales d’aéronautiques. En 1939, il reprend pendant 1 an, le rôle de directeur général technique du ministère de l’Air.

 

 

Albert Caquot est l’un des plus grands ingénieurs de la 1ère moitié du 20e Siècle
Un timbre-poste honore sa mémoire en 2001

 

Esprit indépendant, disponible et désintéressé, il obtient de multiples distinctions honorifiques et préside de nombreuses organisations scientifiques françaises. Il est administrateur d’EDF pendant plus de 10 ans et siège 41 ans à l’Académie des Sciences dont il est le Président en 1952.

Pour honorer sa mémoire, un timbre est émis, en juillet 2001, pour le 120e anniversaire de sa naissance et le 25e anniversaire de sa mort.

Depuis 1989, le Prix Albert Caquot est décerné chaque année par l’Association Française de Génie Civil à un ingénieur pour sa carrière, ses travaux, ses qualités morales et son rayonnement.

 

 

Albert CAQUOT


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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