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Cet ecclésiastique est un des pionniers de l’homéopathie en France, l’un des premiers à s’intéresser aux problèmes de santé propres aux femmes. Malgré l’opposition du pouvoir médical, un laboratoire à son nom est créé en 1928.

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L’abbé CHAUPITRE
Jean-Marie Victor Chaupitre dit…

Né le 22 octobre 1859 à 8 heures du matin à Gennes-sur-Seiche Ille-et-Vilaine 35
Selon acte n°36 AD35 en ligne – naissances 1859 - 10NUM 35119 580 – vue 8/10

 Décédé le 21 avril 1934 à Naples Italie

 

 

Sensibilisé à l’homéopathie, il se met à l’étudier

Il connaît procès et prison pour « exercice illégal de la médecine »

Grâce à deux pharmaciens, le laboratoire ouvre en 1928

La marque Chaupitre se pérennise jusqu’à nos jours

Alchimiste talentueux, serviteur des malades

 

 

Sensibilisé à l’homéopathie, il se met à l’étudier

En ce 19e siècle, on commence à parler d’homéopathie en France, surtout depuis quelques guérisons survenues dans l’entourage proche de Napoléon III.

C’est dans ce contexte que l’abbé Chaupitre découvre pour sa propre santé les bienfaits de cette science. Le religieux se met à étudier l’homéopathie et à préparer des remèdes. Comment procède-t-il ? Le mystère demeure.

Nous savons qu’au début de 1908, l’abbé diffuse gratuitement ses préparations qui jusqu’alors ne rencontrent que peu d’intérêt de la part de la population. Une enfant de son voisinage condamnée par une méningite, s’en trouve guérie. Dès lors, la nouvelle se répand et les préparations de l’abbé Chaupitre acquièrent une notoriété « sensationnelle ». Son assistant est guéri d’un abcès dentaire.

 

Il connaît procès et prison pour « exercice illégal de la médecine »

Cette formidable et soudaine popularité inquiète tant les syndicats de médecins et de pharmaciens d’Ille-et-Vilaine que Chaupitre doit comparaître en 1910 devant le tribunal pour exercice illégal de la médecine.

Cet abbé au caractère bien trempé est sans diplôme, certes, mais en juin 1910, il réplique avec un argumentaire percutant et frappé à son bon sens : puisque je guéris, à moi la loi, à moi le diplôme, à moi le droit de faire de la médecine !

Il accuse ses détracteurs d’incompétence et de s’enrichir sur le dos des patients. Sa propre hiérarchie le rappelle à l’ordre. Un paroissien rapporte que Chaupitre aurait un jour conseillé à une femme stérile de changer de conjoint, si elle n’avait pas de résultat malgré la prise de l’une de ses préparations.

Le ton est donné. En 1920, la tension entre l’abbé et le monde de la santé monte encore. Le religieux homéopathe fait placarder des affiches intitulées Un mensonge universel où il attaque directement la médecine classique. Procès et condamnations s’ensuivent et Chaupitre se retrouve en prison en 1923 et 1925, à chaque fois pendant trois mois.

Sa santé en pâtit mais il bénéficie du soutien populaire par le biais de manifestations et pétitions en sa faveur. Ses meubles qu’il est contraint de vendre à plusieurs reprises, sont rachetés par ses partisans et lui son restitués !

 

Grâce à deux pharmaciens, le laboratoire ouvre en 1928

En 1924, le Dr Porteu de la Morandière, pharmacien est atteint de septicémie qui se guérit en quelques jours par les soins de l’abbé Chaupitre. Cet apothicaire, convaincu que l’homéopathie peut être une solution alternative à la médecine traditionnelle, se met lui aussi à la pratiquer.

Lors d’une nouvelle condamnation, en 1926, Chaupitre défie la justice en faisant placarder une affiche avec l’inscription Il n’ira pas en prison. Cela entraîne une aggravation de sa peine. Aussi, la veille de son arrestation, il s’enfuit en exil.

En 1928, las de guerroyer avec le pouvoir médical, et éprouvé par l’emprisonnement, l’abbé échappe à une nouvelle arrestation et gagne la Belgique.

C’est à partir de cette époque que les remèdes de Chaupitre vont gagner en notoriété, grâce à Louis Maupy (voir données ci-dessous), pharmacien boulevard Haussmann à Paris. Là s’installe le siège du laboratoire Chaupitre et les flacons sont produits à grande échelle avec le nom, le portrait et la signature de l’abbé.

En février 1928, la marque Abbé Chaupitre est déposée et le laboratoire des Médicaments Homéopathiques Chaupitre est créé.

Ainsi cette association offre un statut plus légitime à l’abbé qui aura ferraillé pendant une vingtaine d’années pour imposer ses préparations homéopathiques. L’ecclésiastique confie l’exploitation de son activité à Liorit, Maupy et Porteu de la Morandière.


Photo Janine Tissot – Musée des Anciens commerces Doué-la-Fontaine Maine-et-Loire

 

La marque Chaupitre se pérennise jusqu’à nos jours

Une nouvelle usine de fabrication s’ouvre en 1931 à Boulogne-Billancourt et la marque connaît une notoriété internationale.

Mais las d’en découdre avec ses détracteurs et menacé d’emprisonnement, Chaupitre renonce. Il parcourt l’Europe, le Proche-Orient, Belgique, Grèce, Autriche et l’Italie. C’est à Naples le 21 avril 1934, que l’abbé Chaupitre est pris d’un malaise à la sortie d’une église où il vient de célébrer la messe. Selon le témoignage du Dr Porteu, son associé, il décède dans sa chambre d’hôtel son chapelet dans les mains.

Ses funérailles dans son village natal attirent la grande foule.

Sa tombe porte cette épitaphe :

« A la mémoire de M. l'Abbé Chaupitre (1859-1934). Il mit tout son cœur de prêtre et sa science médicale à soulager les maladies humaines qui de partout se présentaient à lui. »

La marque Chaupitre se développe et depuis 1996 elle est la possession d’Arkopharma.

 

Alchimiste talentueux, serviteur des malades

L’abbé Chaupitre se sent une âme d’alchimiste, habile à réaliser des préparations dans le secret de son laboratoire.

Ingénieux et minutieux, il se soucie avec compétence,  de servir les plus démunis et redonner la santé aux malades.

Homme de conviction et déterminé, davantage soucieux du parler-vrai que de diplomatie, il attire l’inévitable affrontement qui va lui faire connaître procès et prison.

Intuitif et réceptif aux forces de l’Invisible, il cultive aussi la relation divine avec toute la force intérieure métamorphosante qui est la sienne.

 

 

L’abbé Chaupitre

 

 

Louis Maupy

Né le 6 novembre 1870 à 23h30 Landerneau 29 Finistère
Selon acte n°230 – AD29 en ligne – 1MI EC 126/7 (1866-1874) – vue 342/602

Décédé le 8 octobre 1960 à Paris 6e

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


Retrouvez l'acte sur les Archives Départementales Françaises en ligne

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