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Il est l’un des plus célèbres facteurs de La Poste.
Au retour de sa tournée, il bâtit, pierre par pierre, une œuvre extravagante et attachante, dénommée « Palais idéal »

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Joseph Ferdinand CHEVAL

Né le 19 avril 1836 à 5 heures du matin à Charmes sur l’Herbasse 26 Drôme,
selon acte n°8

Décédé le 19 août 1924 à 9 heures du matin à Hauterives 26 Drôme,
selon acte n° 24

 

 

Devenu facteur, il fait un rêve fou qu’il va concrétiser, pierre par pierre,  15 ans plus tard

Il bâtit son « Temple de la Nature » où se retrouvent toutes les architectures, faunes et flores du monde

Ardent bâtisseur de l’Invisible 

 

 

Devenu facteur, il fait un rêve fou qu’il va concrétiser, pierre par pierre,  15 ans plus tard

Nanti du Certificat d’Etudes, il devient à 13 ans, apprenti boulanger. Le 12 juillet 1867, il est officiellement nommé « facteur aux Postes ». A Hauterives, il fait une tournée pédestre quotidienne de 33 kilomètres.

Un jour, il fait un rêve qui l’inquiète tant qu’il s’efforce de l’oublier. En effet, ce songe dont il n’ose parler à personne, lui paraît résulter d’une « imagination malade ». Cependant, il note soigneusement les proportions de cet incroyable monument.

 

Il bâtit son « Temple de la Nature » où se retrouvent toutes les architectures, faunes et flores du monde

15 ans plus tard, il heurte du pied une pierre à la forme étrange travaillée par les eaux et le temps. Le lendemain, il trouve, au même endroit, d’autres pierres encore plus singulières. Cela lui donne l’idée de faire de la sculpture et de lancer la construction d’une œuvre considérable et originale, Au cours de ses innombrables tournées, il récupère ainsi des pierres qu’il met en tas et qu’il revient chercher après son travail avec sa brouette ou son panier.

Cette œuvre, fruit de son imaginaire prolifique, va l’occuper jusqu’à l’âge de 77 ans. Puis, il  consacre  les dix dernières années de sa vie à édifier son tombeau dans le cimetière d’Hauterives.

 

Ainsi, pendant 26 ans, il va charrier, pierres, sacs de chaux ou de ciment pour son palais de 26 mètres de long sur 12 à 14 m. de large et d’une dizaine de maître de hauteur.

Sur la façade Est, on peut lire l’épitaphe :
« 1879-1912, 10 000 journées ; 93 000 heures ; 33 ans d’épreuves. Plus opiniâtre que moi, se mette à l’œuvre. »

Le facteur se fait architecte, chef de chantier, maçon, mais également poète, puisqu’il inscrit dans sa construction, 62 poèmes ou sentences.

Le bâtiment est déclaré Monument Historique en 1969 par André Malraux. En février 1994, la commune d’Hauterives acquiert pour 7.5 millions de francs, le Palais Idéal.

Fils de paysan, je veux vivre et mourir
pour prouver que dans ma catégorie,
li y a aussi des hommes de génie
et d’énergie. Vingt-neuf ans je suis resté
facteur rural. Le travail fait ma gloire
et l’honneur mon seul bonheur
 à présent voici mon étrange histoire,
où le songe est devenu,
quarante après, une réalité.

Ferdinand Cheval 15 mars 1905

 

 

Ardent bâtisseur de l’Invisible 

Ces mots semblent résumer le caractère de Ferdinand Cheval.

Nanti d’une ardente et impatiente énergie Bélier, ayant en outre le goût des déplacements, voilà notre facteur Cheval arpentant la campagne pour sa tournée pédestre quotidienne de 33 km.  Pendant ces trajets en solitaire, il y a fort à parier qu’avec son imaginaire épris d’exotisme, de nouveautés et d’originalité, il prépare dans sa tête ce qu’il va bâtir au retour de sa tournée.

Fort d’une maison XII bien remplie, il vit dans « la solitude de son laboratoire intérieur » si riche et fertile en idées qu’il se fait économe de mots avec les humains. Ses seules actions de bâtisseur Taureau parlent pour lui et traduisent idéalement sa pensée.

Habité par une énergie démiurgique, pierre à pierre, les mains dans la glaise et le ciment, il donne corps à un songe de portée universaliste. Marqué par les Gémeaux, l’art oriental l’inspire particulièrement. Il se fait aussi poète et philosophe quand il inscrit des poèmes et sentences au fil de l’édification de son Palais Idéal.

En conquérant de la matière, il la choisit, la transporte, la transforme, la dispose, la métamorphose. Et en visionnaire, il sent qu’elle sera conservée et visitée par la foule.

Avec un esprit chevaleresque et conquérant, les obstacles le stimulent pour continuer jusqu’à l’achèvement et malgré les épreuves. Comme un bâtisseur de cathédrale, il édifie jusqu’au bout son œuvre qui deviendra « Monument Historique », belle reconnaissance pour celui que son voisinage qualifiait de « pauvre fou ». Son Palais est reconnu par Malraux : « la seule architecture naïve du monde ».

Après 33 ans de travail et à l’âge de 77 ans, ce taiseux se trouve encore assez de force pour édifier sa dernière demeure : le Tombeau du silence et du repos sans fin dans le cimetière d’Hauterives.

Ainsi pour la vie et jusqu’à la mort, cet original donne forme à ses idées foisonnantes, puisées dans l’Invisible et le silence de ses pensées mises au jour par son Palais, pour les générations suivantes.

 

L’histoire extraordinaire du Facteur Cheval a inspiré maintes créations dont le remarquable film de Nils Tavernier tourné en 2018 où l’acteur Jacques Gamblin incarne superbement ce héros.

 


Ferdinand Cheval avec son épouse Philomène et sa fille Alice en 1885

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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