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Cet armateur-banquier est le commanditaire du Belem, ce fameux trois-mâts construit en 1896.
Sauvé de la ruine, ce navire, le plus ancien d’Europe, est classé aux Monuments historiques depuis 1984.

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Fernand CROUAN

Né le 23 avril 1845 à 3h du matin à Nantes (5e canton) 44 Loire-Atlantique
Selon acte n°141 – Archives municipales de Nantes en ligne -1 E 763 – vue 25

Décédé le 22 mai 1905 à Paris 8e

 

 

Armateur comme son père, il fait prospérer l’entreprise

Il prend de multiples responsabilités dans le milieu des affaires

Le Belem donne la notoriété à Fernand Crouan

Le destin chanceux du Belem

Fernand Crouan, homme d’affaires conquérant, avisé et chanceux

 

 

Armateur comme son père, il fait prospérer l’entreprise

Son père devenu riche négociant et armateur nantais est consul de France au Brésil et meurt multimillionnaire.

Fernand, devenu à son tour armateur à Nantes, lui succède comme chef et propriétaire de la maison Crouan et Cie, fondée en 1825 au Brésil. C’est la plus ancienne maison française d’importation et d’exploitation au Brésil.

Il fait le négoce du cacao du Brésil et du sucre des Antilles, entre autres pour les chocolateries Menier, avec qui la famille Crouan noue des liens très étroits.

A trente ans, il se marie avec Gabrielle Husson-Carcenac, issue d’une famille fortunée du Mesnil-Saint-Denis

 

Prend de multiples responsabilités dans le milieu des affaires

Il occupe de multiples responsabilités notamment dans le milieu bancaire puisqu’il est directeur de la Caisse d’épargne de Nantes, et administrateur de la succursale de la Banque de France de Nantes.

Parmi ses autres fonctions on le retrouve aussi administrateur de la Compagnie des chemins de fer de l’Etat et de la Compagnie d’assurances maritimes « La Loire ».

Juge au tribunal de commerce de Nantes, à partir de 1878, il est membre de la Chambre de commerce de Nantes en 1882 avant d’en devenir vice-président  en 1887, puis président d’honneur.

Il est vice-président de la commission administrative de l’Hôpital marin de Pen Bron, membre du Conseil supérieur de la Marine marchande, du Conseil supérieur du commerce et de l'industrie, du Conseil du réseau des Chemins de fer de l'État, du Comité central de la Loire navigable, du Comité de l'Afrique française, de l’Union coloniale française, de l’Union des yachts français et du Yacht Club de France.

Propriétaire de plusieurs châteaux, sa fortune est considérable.


https://fr.wikipedia.org/wiki/Belem

 

Le Belem, donne la notoriété à Fernand Crouan

Homme de pouvoirs et d’avoirs, Fernand Crouan ignore qu’il grave durablement son nom dans l’histoire de la navigation quand il commande en 1896 aux chantiers Dubigeon,  un voilier trois mâts, baptisé le Belem, du nom de la ville du Brésil où les Crouan possèdent un comptoir de commerce.

Construit en six mois, ce navire a une coque en acier et peut transporter jusqu’à 675 tonnes de chargement. Bien que destiné au transport de marchandises, il a des allures de yacht et requiert 13 hommes d’équipage. Petit, élégant, rapide mais robuste, il traverse l’Atlantique pour amener en France, les fèves de cacao, nécessaires à la célèbre chocolaterie Menier.

Le 8 mai 1902, le Belem échappe  par miracle à l’éruption de la montagne Pelée qui dévaste le port de Saint-Pierre de la Martinique.

Il connaît trois armateurs successifs, et jusqu’en 1914, il transporte du rhum puis de la canne à sucre.

En 1914, la Guerre mondiale arrête sa carrière commerciale concurrencée par les « vapeurs » plus rapides.


Détail de la poupe du Belem


https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Belem_001.jpg?uselang=fr
Le Belem à Bordeaux pour la Fête du Fleuve en 2007

 

Le destin chanceux du Belem

Devenu anglais, puis italien, cet ancien voilier est transformé, motorisé, rebaptisé pour servir à des croisières de luxe ou comme navire-école, avant d’être repéré à Venise dans un piteux état par un amateur nostalgique.

Il est racheté grâce à une banque française, la Caisse d’Epargne, qui finance une fondation pour le restaurer et le reconvertir en navire de cabotage pour l’initiation et la découverte aux passionnés. A l’occasion, il sert à la Marine nationale pour entraîner ses mousses.

Et lors de grands rassemblements de gréements traditionnels, le Belem est la vedette et attire tous les regards.

Ce voilier au destin chanceux se voit classé au titre des Monuments historiques depuis le 27 février 1984.

A présent, plus que centenaire, il est le dernier trois-mâts barque français et le plus ancien trois-mâts d’Europe, en état de navigation.

Et quiconque se penche sur son histoire, en vient à évoquer Fernand Crouan, qui n’en saura rien puisqu’il quitte ce monde en 1905.

 

 

Fernand Crouan, homme d’affaires conquérant, avisé et chanceux

Fernand Crouan est taillé pour bien gérer et faire prospérer le formidable héritage familial, lui, le Taureau bâtisseur à l’âme possessive.

Son esprit conquérant et curieux est ouvert à tous les horizons pour peu qu’il y ait quelque défi à relever et des obstacles à surmonter. Les enjeux risqués le stimulent et sa réflexion est conduite par un bon sens terrien, le calcul à long terme et un besoin d’indépendance.

Audacieux, avant-gardiste, il a le profil de l’homme d’affaires avisé, chanceux dans ses entreprises souvent complexes où il ne perd jamais de vue son intérêt et ce qui sert l’avenir.

Intuitif et optimiste, il a eu le bon flair de lancer la construction du Belem, ce navire plus que centenaire, qui ayant échappé à la ruine, perpétue encore aujourd’hui la mémoire de cet armateur qui lui a sans doute transmis sa bonne étoile.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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