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Maître de l’affiche et peintre symboliste renommé à l’aube du 20e siècle, il est aussi décorateur de meubles, de théâtre et même d’aéroplanes…
Artiste oublié dont les œuvres semblent intemporelles.

 

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Georges DE FEURE

Georges Joseph VAN SLUÿTERS connu sous le pseudonyme…

Né le 6 septembre 1868 à 7h du matin à Paris 16e
Selon acte n°737 – Archives de Paris en ligne – vue 16/21

Décédé le 26 novembre 1943 à Paris

 

 


Mélancolie
, gouache de 1895.

 

L’Exposition Universelle de 1900 consacre ce décorateur renommé

De la peinture au design et à l’aviation, puis du décor de théâtre à la haute-couture…

L’illustration est son gagne- pain au cœur de la bohême parisienne

Un artisan-artiste qui sait métamorphoser par l’illustration

 

 

L’Exposition Universelle de 1900 consacre ce décorateur renommé

Son nom est aujourd’hui ignoré, pourtant Georges de Feure a été la coqueluche du Tout-Paris à l’aube du 20e siècle.

La critique vante les créations de cet artiste touche-à-tout et la presse spécialisée déniche les mots les plus raffinés pour louanger ce décorateur renommé :

… une quintessence de l’art français… de la délicatesse et une grâce toute féminine…

… un des ensembles décoratifs les plus exquis et parfaits que notre époque ait créés.

Nous sommes en 1900 et à Paris l’Exposition Universelle bat son plein. Les visiteurs s’extasient devant la façade et certains intérieurs du pavillon de l’Art nouveau. Georges de Feure, co-auteur de ces réalisations, y a mis toute sa créativité d’artiste minutieux et imaginatif.

Peintre affichiste, il est considéré comme l’un des plus importants du mouvement symboliste (*).

Les poèmes de Charles Baudelaire inspirent son œuvre picturale dont le thème favori est la femme fatale (**) que l’on retrouve dans l’ensemble des œuvres du courant Art Nouveau.

Cet Art Nouveau (ou Modern Style), qui s’appuie sur l’esthétique des lignes courbes, flotte dans l’air depuis la fin du 19e siècle. Multiforme, il influence notamment l’architecte Hector Guimard qui réalise en 1900 des bouches de métro parisiennes.

 

De la peinture au design et à l’aviation, puis du décor de théâtre à la haute-couture…

Georges de Feure participe à des expositions d’art tant à Paris, qu’à Munich, Hambourg, La Haye…

Évoluant du style Art nouveau au style Art déco durant les premières décennies du 20e siècle, ce designer continue à créer, meubles, objets décoratifs…  

En 1909, l’engouement est à l’aviation et le designer de Feure crée avec l’avionneur français Armand Deperdussin la société De Feure & Deperdussin (DFD & Deperdussin) pour la conception d’aéroplanes monoplans. De cette association sortiront deux prototypes.


Prototype avion de Feure/de Perdussin
 
https://oldmachinepress.com/2015/12/17/deperdussin-de-feure-model-2/

 

Des avions aux planches du théâtre, il n’y a qu’un pas franchi allègrement par de Feure qui s’adonne ensuite à la confection de costumes et de décors de théâtre notamment à Londres où il vit pendant la Première Guerre mondiale.

Lithographie de Feure – Paris 1898

 

Dans les années 1920, le voilà conseiller artistique pour les magasins de la grande couturière Madeleine Vionnet.

Puis de Feure passe des souples draperies de la haute-couture aux rigides structures métalliques d’art destinées aux établissements Scharz-Haumont.

(*) Mouvement littéraite et artistique apparu en France, en Belgique et en Russie fin du 19e siècle.

(**) selon Wikipédia, la « femme fatale » utilise le pouvoir de la sexualité ou des sens pour piéger le héros malchanceux. Femme souvent très féminine qui séduit sans se donner… avec de probables mensonges plus que du charme…


1895 De Feure – Salon des Cent – Les Maîtres de l’affiche

 

L’illustration est son gagne- pain au cœur de la bohême parisienne

Né d’un père architecte hollandais et d’une mère belge, il naît juste avant la guerre franco-prussienne qui oblige sa famille à émigrer aux Pays-Bas en 1870.

Admis à 18 ans à l’Académie royale des Beaux-Arts d’Amsterdam, il abandonne ces études pour s’installer deux ans plus tard, à Montmartre où il se plonge au cœur de la bohème parisienne en 1889.

C’est l’année où la Tour d’Eiffel pointe sa flèche dans le ciel de la capitale toute fière d’accueillir l’Exposition Universelle.

Pour vivre, Georges de Feure devient illustrateur pour des journaux comme le Courrier français, Le Figaro Illustré…

Suite au Salon des Cent, quatre de ses affiches sont publiées par le mensuel Les Maîtres de l’affiche.

En février 1942, après une longue maladie, il demande au ministère des Beaux-Arts d'acquérir deux de ses tableaux pour la collection nationale, ce qui lui est refusé.

Il meurt en 1943 dans le Paris de l’Occupation.

Jane Derval aux Folies Bergère par De Feure

 

 

Un artisan-artiste qui sait métamorphoser par l’illustration

Entre Vierge et Balance, Georges de Feure a tout pour être artisan-artiste avec l’art unique de métamorphoser le monde environnant par l’illustration.

Son œuvre, qui excelle dans les portraits féminins, traduit toute sa sensibilité féminoïde (influence Cancer) ainsi que l’écrira justement la critique en 1900 : délicatesse et grâce toute féminine…

Son imaginaire inépuisable s’appuie sur une puissante énergie de bâtisseur que toutes les matières inspirent. En effet de l’illustration, à la décoration d’intérieur ou de théâtre, de la haute couture à l’aviation puis à la construction métallique, tout suscite sa créativité.

Son sens de l’originalité et de l’innovation en font un designer renommé.

Stimulé par les contraintes et les difficultés, il aborde tout nouveau chantier comme un défi à relever.

Minutieux comme sait l’être la Vierge, il nous laisse des illustrations révélant rigueur et impeccable précision du trait, selon l’esthétique de l’époque qu’adopte la délicate Balance toujours en quête de séduction et d’harmonie.

L’art de montrer – ce qui est le propre d’une affiche – convient bien à cet illustrateur devenu affichiste. C’est la voie de ce maître qui sait charmer le public d’hier et… d’aujourd’hui.

 

Hommage à Georges de Feure qui a nourri notre patrimoine pictural.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

 

Retrouvez l'acte sur les Archives Départementales Françaises en ligne

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