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Il est l’un des 6 Martyrs de Vingré, soldat fusillé pour l’exemple en 1914

 

Paul Henri FLOCH

Né le 31 juillet 1881 à à 3 heures du matin à Breteuil sur Iton Eure
selon acte n°22

fusillé le 4 septembre 1914 à Vingré Aisne 02

 

 

 

Fils d’un tailleur de Breteuil, il est le plus instruit des six Martyrs de Vingré, puisqu’avant la guerre, il exerce la profession de greffier dans sa ville natale. Cette instruction lui vaut d’être caporal. Il est le plus gradés des six fusillés. Marié à Fécamp le 25 mai 1910 avec Rose Lucie Adrienne Mouchard, il est inhumé au cimetière de Breteuil.

Le frère de Henry Floch, Emile Floch, indique lors de l'inauguration du monument de Vingré en 1925 : Nous avons vécu dans une atmosphère affreuse de la suspicion illégitime et la honte injustifiée.

En juillet 1929, Emile Floch, porte plainte pour forfaiture contre les officiers jugés responsables de la condamnation de 1914, le général Etienne de Villaret, le colonel Pinoteau et le commandant Guignot, mais cette plainte est classée sans suite.

 

La dernière lettre du caporal Henry Floch à sa femme Lucie résume bien les faits :

" Ma bien chère Lucie, Quand cette lettre te parviendra, je serai mort fusillé. Voici pourquoi : le 27 novembre, vers 5 heures du soir, après un violent bombardement de deux heures, dans une tranchée de première ligne, et alors que nous finissions la soupe, des Allemands se sont amenés dans la tranchée, m’ont fait prisonnier avec deux autres camarades. J’ai profité d’un moment de bousculade pour m’échapper des mains des Allemands. J’ai suivi mes camarades, et ensuite, j’ai été accusé d’abandon de poste en présence de l’ennemi.

Nous sommes passés vingt-quatre hier soir au Conseil de Guerre. Six ont été condamnés à mort dont moi. Je ne suis pas plus coupable que les autres, mais il faut un exemple. Mon portefeuille te parviendra et ce qu’il y a dedans. Je te fais mes derniers adieux à la hâte, les larmes aux yeux, l’âme en peine. Je te demande à genoux humblement pardon pour toute la peine que je vais te causer et l’embarras dans lequel je vais te mettre…

Ma petite Lucie, encore une fois, pardon. Je vais me confesser à l’instant, et espère te revoir dans un monde meilleur. Je meurs innocent du crime d’abandon de poste qui m’est reproché. Si au lieu de m’échapper des Allemands, j’étais resté prisonnier, j’aurais encore la vie sauve. C’est la fatalité.

Ma dernière pensée, à toi, jusqu’au bout.

Henry Floch

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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