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Considéré comme le père du moteur à explosion en 1889, qui est à la base de la mécanique moderne, ce motoriste génial et passionné fait naviguer le canot, rouler l’automobile et voler l’avion.

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Fernand FOREST

Né Pierre dit Fernand

le 13 octobre 1851 à quatre heures du matin à Clermont-Ferrand 63 Puy-de-Dôme
Selon acte n°694 AD63 en ligne

Décédé le 12 avril 1914 à Monaco Principauté de Monaco

 

 

"Entrez dans mon capharnaüm !"

C’est par ces mots que Fernand Forest accueille dans sa maison, un journaliste(*) venu l’interviewer. Son visage rose éclairé par de doux yeux bleus et son menton cerné d’une barbe blanchie nous donnent le portrait-type de l’inventeur qui a l’air simple et résigné d’un savant dont la vie rude a fait un sage.

Trouvant un espace précaire entre des montagnes de livres, de brochures et des cascades de mystérieux schémas, menaçant de s’écrouler à tout instant, cet artiste de la mécanique lui conte l’aventure de sa vie.

En 1865, Fernand quitte l’école primaire car selon ses dires, il ne traîne pas longtemps sur les bancs où l’on étudie. Il a 14 ans et demi et devient alors apprenti dans une coutellerie de Thiers (Puy-de-Dôme). Mais c’est la mécanique qui hante son sommeil. Il va l’apprendre à Clermont puis à Paris où il devient contremaître.

Avec l’énergie de ses vingt ans, il part, comme cela se faisait alors, faire son tour de France, Orléans, Tours, Caen, Montluçon…

A 23 ans, il monte à Paris, en 1874. Il s’associe alors avec les frères Renard pour fonder la première fabrique française de cycles de la capitale. Mais bientôt il renonce à cette affaire peu prospère, pour se consacrer à ses inventions. De son côté, Charles Renard est nommé par l’armée en 1877 à Chalais-Meudon où il fonde le parc aérostier militaire, 1er laboratoire d’essais aéronautiques au monde.

(*) source documentaire : Article de Gérard Hartmann sur l'œuvre de Fernand Forest

 


Moteur rotatif Forest – 1888

 

Les inventions révolutionnaires de Forest jettent les bases de la mécanique moderne

De 1880 à 1907, par ses inventions, Forest perfectionne le moteur à explosion et étudie de nombreux éléments de l’automobile, notamment, le premier moteur à pétrole en 1881, le moteur à deux cylindres monobloc, le moteur en étoile rotatif à sept cylindres (le 1er du genre en France) dont la mise au point s’éternisera, puis, le sous-marin à propulsion en 1901.

Passionné depuis toujours par la question des moteurs, il pressent détenir la solution du moteur destiné à supplanter l’énergie à vapeur arrivée à son aboutissement. Mais, cette conviction n’est guère partagée et ses trouvailles révolutionnaires sont d’abord accueillies avec sourires, haussements d’épaule. Bref, c’est l’indifférence générale et le jury de l’Exposition de 1889 refuse même de visiter son petit yacht automobile. Toutefois, ce jury lui décerne une médaille d’argent pour son moteur à explosion à plusieurs cylindres.

En 1885, il construit le premier moteur à refroidissement par air. L’année suivante, il crée la navigation en canot automobile. En 1889, il réalise la première application du moteur à explosion pour l’éclairage électrique. Un an plus tard, il conçoit avec Georges Gallice son associé, la première automobile à quatre cylindres et à quatre temps.

Le brevet de la boite de vitesse automatique en 1907 lui apporte une petite notoriété chez les industriels.

photo ci-contre : Fernand Forest au travail dans son atelier de Suresnes qui sera visité par de jeunes ingénieurs, tels Louis Renault, Louis Delage… (Lectures pour tous, 1913).

 

En 1890, il dépose le brevet du moteur à quatre cylindres et à quatre temps.

Forest n’ayant pas les moyens financiers pour aborder le monde de la grande industrie, se contente, pour chacune de ses trouvailles de déposer un brevet et de percevoir les droits de licence.

Comme beaucoup d’inventeurs, il vit modestement. En ce début de 20e siècle, l’industrie automobile naissante, aux mains de jeunes ingénieurs diplômés d’Etat, paraît ignorer cet inventeur autodidacte, longtemps méconnu du grand public.

 

Au Salon de l’automobile de Paris en 1901, plus de 80% des exposants utilisent les licences Forest

Devenu inventeur indépendant, il vit des droits de ses brevets qui connaissent un succès impressionnant. Ainsi au Salon de l’automobile à Paris en 1901, sur 156 exposants, 135 sont titulaires de licences Forest, y compris les stands consacrés aux moteurs de dirigeables d’Alberto Santos-Dumont et d’Henri Deutsch de la Meurthe.

C’est seulement en 1912, à la suite d’une campagne de presse que le gouvernement le décore chevalier de la Légion d’honneur et son nom figure dès lors dans les dictionnaires français.

Fernand Forest trouve la mort en 1914, lors d’un meeting de canots automobiles à Monaco à bord de son canot Gazelle, une machine de sa construction.

Le lycée professionnel de Saint-Priest (Rhône) porte son nom.

 

Ainsi, l’histoire de l’automobile est jalonnée de remarquables pionniers français, notamment l’ingénieur Alphonse Beau de Rochas qui, en 1862, conçoit la théorie du moteur à quatre temps, développé ensuite par l’allemand Nikolaus Otto. René Panhard et Emile Levassor s’illustrent, en 1891, avec une voiture équipée pour la première fois d’un moteur à pétrole Daimler. Puis, en 1893, arrivent les innovations de Rudolf Diesel, inventeur du moteur à huile végétale qui portera son nom.

A compter de 1880, Fernand Forest fait une œuvre considérable par l’ensemble de ses réalisations relatives aux moteurs à explosion. En 1895, les frères Michelin sont les pionniers du 1er pneumatique pour voiture automobile.

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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