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Amoureux de la vie, de la fête et de l’Italie, il fait épanouir les Lettres et les Arts lors de la Renaissance française. Roi de France pendant trente-deux ans, il guerroie contre son puissant rival l’empereur Charles-Quint.

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FRANCOIS Ier

François d’Orléans né le 21 septembre 1494 selon calendrier grégorien à 22h à Cognac Charente 16
(Né le 12 septembre 1494 selon calendrier Julien)
Selon fichier Auréas AstroPC – Familles-royales_Dreuille.gam

 Décédé le 31 mars 1547 d’une septicémie à Rambouillet Yvelines 78

 

 

Il mérite le surnom de Père des Lettres.

François Ier, fasciné par l’Italie, trouve dans ce pays tout ce qui brille sous son soleil : gloire, richesse, et arts. Grâce à lui, la Renaissance s’épanouit en France.

 

Devient roi à vingt ans, d’une France aux caisses vides !

Victoire de Marignan ? 1515 !

Léonard de Vinci expire auprès de François Ier en 1519

Il échoue à devenir l’empereur du Saint Empire Romain Germanique

Le camp du Drap d’or ou l’inutile et coûteuse vanité

Fêtes et divertissements pour amuser une cour royale itinérante

François Ier prisonnier en Italie est cadeau d’anniversaire à Charles Quint

Ordonnance de 1539 : Tout doit être rédigé en langaige maternel françois

Le protestantisme naît avec Luther et Calvin

François Ier : homme à femmes

François Ier, narcissique et voyageur

 

 

Devient roi à vingt ans, d’une France aux caisses vides !

En ce 12 septembre 1494 (calendrier Julien), un cri de nouveau-né retentit sous un arbre. Il vient de s’emplir les poumons du parfum des vignes de Cognac où la récolte gorgée de soleil est prometteuse.

L’enfant prénommé François par sa jeune mère, Louise de Savoie âgée de dix-sept ans, est magnifique. Il sera grand comme son bel aïeul mort assassiné, Louis d’Orléans. En effet, sa stature de près de deux mètres (1,98m) lui confère le privilège du plus grand chef d’Etat français.

Son père est Charles d’Angoulême, comte d’Orléans.

Il devient roi de France à la mort de Louis XII, son cousin, dont les funérailles le 10 janvier 1515, dignes et coûteuses rappellent que les caisses de l’Etat sont vides.

C’est pourquoi clercs et moines de la basilique Saint-Denis sentant qu’ils ne seront pas payés, se saisissent du drap d’or qui recouvre le cercueil du roi. Les uns et les autres tirent chacun de leur côté et finissent par se battre comme des chiffonniers avec tant d’âpreté que le cercueil choit sur les dalles de marbre.

 

Victoire de Marignan ? 1515 !

Une fois les obsèques terminées, François Ier n’a qu’une idée : trouver de l’argent. Et vite.

Reconquérir le royaume de Naples et le duché de Milan acquis puis perdus par Louis XII est la solution. Mais constituer une armée exige des finances. Qu’à cela ne tienne ! On va faire fondre la vaisselle en or du défunt cousin pour payer des mercenaires et l’expédition qui rassemble 40.000 hommes.

A la mi-août 1515, les Français, avec à leur tête François Ier dans sa lourde armure, gravissent les Alpes, en plusieurs passages si étroits et vertigineux que les chevaux hésitent à avancer. Un mois plus tard, les quarante-mile combattants français affrontent les troupes milanaises dans une plaine près de Marignan.

14 septembre 1515 : Le triomphe de François Ier vient d’inscrire une date qui sera gravée pour la postérité dans le savoir historique de chaque Français.

 

Léonard de Vinci expire auprès de François Ier en 1519

En 1515 à Milan, François Ier retrouve Léonard de Vinci, ce génie dont Louis XII s’était empressé de faire son peintre et ingénieur personnel.

Le savant accepte la proposition du roi français de venir s’installer au château d’Amboise, au manoir du Clos-Lucé, où Léonard arrive en 1516, avec quelques tableaux dont la Joconde.

Son bras droit est paralysé, il ne peut tenir un pinceau, mais son imagination est débordante. Il invente un lion mécanique dont les mouvements émerveillent la cour lors des grandes fêtes.

Grâce au tunnel qui relie la résidence royale au manoir de Léonard, François Ier s’entretient fréquemment avec son hôte d’exception.

Et c’est la tête posée entre les mains royales que Léonard rend son dernier soupir le 2 mai 1519.

 


François Ier assiste aux derniers soupirs de Léonard de Vinci.

 

Il échoue à devenir l’empereur du Saint Empire Romain Germanique

Auréolé de la gloire de Marignan, François Ier sent prospérer en lui le désir d’être empereur. Quand meurt Maximilien d’Autriche en 1519, la place d’empereur du Saint Empire romain germanique devient vacante. Pour décrocher le poste, il faut y mettre le prix et il y a de la concurrence.

Conquérir le cœur des grands électeurs que sont les ecclésiastiques, est aisé quand brille l’or. Ainsi, François Ier pense s’assurer la victoire en offrant une tonne et demie de dons en or aux princes et archevêques. Mais son concurrent et cousin Charles de Habsbourg leur en offre deux tonnes.

Tout en conservant l’or de François Ier, les grands électeurs élisent Charles de Habsbourg âgé de dix-neuf ans, à la tête du Saint Empire. Nommé Charles Quint, ce dernier devient maître d’un immense territoire : Espagne, Pays-Bas, Autriche, Franche-Comté, Naples, Sicile, Sardaigne, et aussi colonies américaines qui fournissent l’or pillé en massacrant, Incas, Aztèques et Mayas.

C’est alors que débute la longue et fameuse rivalité entre les maisons de France et d’Autriche.

 

Le camp du Drap d’or ou l’inutile et coûteuse vanité

Par l’entrevue du camp du Drap d’or près de Calais, le 7 juin 1520, François Ier recherche vainement l’alliance avec le roi d’Angleterre pour contrer Charles Quint.

Ce camp de mille tentes de drap d’or et d’argent destiné à épater et séduire la royauté anglaise (Henri VIII), reste dans l’histoire comme l’entreprise de prestige la plus coûteuse et inutile. Ce grand étalage de richesses dure trois semaines, sans qu’un traité sérieux n’y vienne interrompre les festivités, au grand dam de la mère du roi Louise d’Angoulême.

Une fois démonté ce camp des vanités, Henri VIII signera avec Charles Quint un traité secret à Gravelines pour isoler le roi de France qui doit songer à rembourser les emprunts exorbitants contractés pour cette poudre aux yeux insensée.

 

Fêtes et divertissements pour amuser une cour royale itinérante

Sous François Ier, la cour fait la fête. Et elle est plutôt nomade.

François Ier aime que chaque jour soit un tourbillon de joie, de rires, de divertissements, sans oublier l’élégance et le bon goût. Le monarque se plaît à cultiver l’art de la conversation. Il s’entoure d’artistes dont certains, tels Léonard de Vinci, Benvenuto Cellini… viennent de cette Italie qui le fascine tant.

Afin de tenir les seigneurs sous sa coupe, il les invite à la cour et les emmène de château en château. En fait, la cour de François Ier devient une foule itinérante et pittoresque qui peut compter quinze à vingt mille personnes ! Cette gigantesque caravane fait halte dans l’un ou l’autre des châteaux des bords de Loire (Chambord, Chenonceau, Azay-le-Rideau…)

Telle une grande famille nomade, on s’y installe avec meubles, tapisseries, lit du roi… Le tout transporté sur des charrettes. Chiens, ours, chameaux, lions, sont aussi du voyage, tel un cirque ambulant qui par ses représentations fait frémir les nombreuses dames qui entourent le monarque.

Banquets, ballets, théâtre, bals, concert, se succèdent afin que l’on ne s’ennuie jamais.

Pour ce roi itinérant, la résidence préférée devient peu à peu Fontainebleau où le style Renaissance prend son plein épanouissement.

Comme de nombreuses villes de France, Montbrison (Loire) reçoit la visite de François Ier. Nous sommes le 25 avril 1536, cinq ans après l’annexion du comté de Forez au royaume de France (1531). Le roi et sa cour en un cortège imposant déambulent à travers les rues étroites de cette ville en liesse, précédés par  trompettes et tambourins tandis que les cloches de la ville sonnent à pleine volée.

Le roi s’y plaît tant qu’il y reste seize jours marqués par de nombreuses festivités.

 


Entrée de François Ier et de sa cour à Montbrison,
fresque de Jean-Paul Laurens dans l'Hôtel du département à Saint-Etienne (Loire).

 

François Ier prisonnier en Italie est cadeau d’anniversaire à Charles Quint

Auréolé de sa victoire à Marignan, François Ier croit en son étoile et franchit à nouveau les Alpes en octobre 1524 pour reprendre le duché de Milan qui vient de lui échapper. Mais l’armée royale de 30.000 hommes est défaite à Pavie.

François impétueux, imprévisible, impatient et irascible se lance dans la mêlée à triple galop face aux lignes ennemies  où il finit par se retrouver seul cerné d’Espagnols qui le poussent à se rendre.

Au soir de la bataille, l’armée française est décimée et le roi fait prisonnier. Ce 24 février 1525, est l’inimaginable cadeau d’anniversaire fait à son rival et cousin l’empereur Charles Quint.

La vaillante conduite des Français inspire à la Reine-Mère cette phrase : Tout est perdu fors l’honneur !

Emmené en Espagne, François Ier négocie sa libération par le traité de Madrid le 14 janvier 1526, par lequel la France renonce à Naples, Gènes, Milan et cède la Bourgogne. Mais il doit aussi livrer en otage ses deux fils, le dauphin François et le Henri (futur Henri II).

Les deux petits princes en exil sont restitués contre sept tonnes d’or, dont la moitié payable lors de leur libération.

Devenu veuf de Claude de France morte en 1524, François Ier épouse, en 1530, Eléonore d’Autriche, sœur de son rival Charles Quint. Il conserve la Bourgogne mais renonce à l’Italie.

Libéré le 17 mars 1526, il garde la Bourgogne et… ne tarde pas à reprendre la guerre !

En effet, la supériorité de Charles Quint est insupportable à François Ier. Il rêve de le mater. Et pour cela, il est en quête d’alliance. Après avoir fait amis avec Henri VIII et avec des princes protestants allemands, il en arrive à s’allier avec le sultan turc Soliman le Magnifique, laissant pantois le monde chrétien !

Ainsi, en 1536, il reprend les armes contre Charles Quint en Provence pour faire reculer sa troupe impériale.

Six ans plus tard, François Ier, qui a repris son rêve italien, voit se liguer contre lui Henri VIII et Charles Quint. Mais les finances se font rares de part et d’autre. Une trêve définitive est finalement consentie à Crépy-en-Laonnois en 1544.

 

Ordonnance de 1539 : Tout doit être rédigé en langaige maternel françois

La langue française est bien faible encore par rapport au latin, et François Ier veut la fortifier pour conquérir son royaume. Pour cela, il lui fait l’ordonnance de Villers-Cotterêts signée le 10 août 1539. Dès lors, la langue française devient langue du pouvoir royal, de l’administration, de la politique et de la littérature. Selon la volonté du roi, elle va servir à enregistrer baptêmes et enterrements. L’état-civil est né !

Cette langue, qui supplante définitivement le latin, est la langue de l’Île-de-France et des bords de la Loire.

Le monarque fonde l’imprimerie nationale et le Collège de France et il se voit même attribuer la nomination des évêques. Faisant ainsi, François Ier veut unifier le royaume et centraliser le pouvoir.

Le Conseil du roi se restreint à quelques confidents chargés d’approuver la volonté royale. Un absolutisme à la mode française.


Imprimerie du XVe siècle. Grâce à François Ier, les imprimeries françaises se perfectionnent
et atteignent une importance de premier ordre dans l’univers intellectuel.

 

Le protestantisme naît avec Luther et Calvin

Face aux pouvoirs hégémoniques de Rome, de Florence, de l’Espagne, relayés par la religion, naît un mouvement de protestation contre toute cette dépendance qui empêche les Etats d’être vraiment libres. Ce mouvement religieux et idéologique de gens qui protestent, va se nommer protestantisme.

A partir des années 1520, les idées nouvelles de Luther puis celles de Calvin vont se répandre comme traînée de poudre qui inquiète les Catholiques pris de vitesse.

Marguerite d’Angoulême sœur de François Ier, elle-même, écrit un texte réformiste défendu par Calvin. Les publications favorables à la Réforme se multiplient. Et François Ier, la mort dans l’âme, décide alors d’interdire l’imprimerie qu’il a tant voulu développer.

 

François Ier : homme à femmes

Une cour sans femmes, c’est comme un jardin sans fleurs.

On prête cette réflexion à François Ier, voulant imiter en cela les cours italiennes où la présence féminine est symbole de grâce.

Le monarque affectionne les plaisirs courtois et l’infidélité dans une Cour de France au style plutôt cool.

Il contracte la syphilis dès 1524 avec l’une de ses maîtresses.

Parmi ses multiples conquêtes féminines, certaines auront une influence politique telle la comtesse de Thoury qui est à l’origine du château de Chambord.

 


François Ier à la bataille de Marignan

 

François Ier, narcissique et voyageur

On lui reconnaît, à juste titre, un égoïsme d’enfant gâté, pour qui son bon plaisir  fait loi et son nombril se voudrait le centre de l’Europe.

Epris de tout ce qui est beau et flatte son ressenti, il est tel un enfant qui veut faire exister un imaginaire sans limite.

D’ailleurs, les demeures flamboyantes qu’il laisse en héritage semblent être des palais sortis du monde des fées.

Comme il aime toujours aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte, il déambule et déménage de château en château, suivi par une cohorte immense qui flatte son égo.

Dirigeant son royaume à l’inspiration, toujours ramenée à son bon vouloir, il est au centre d’une famille qui a la forme de la France. A ce propos, son ambition est insatiable et persistante.

La présence féminine lui sied parfaitement. Auprès d’elle, il se sent choyé, admiré, dans une ambiance où règnent grâce, beauté, harmonie, luxe, bavardages et divertissements.

François Ier est particulièrement lié à sa mère, Louise de Savoie - régente du royaume en 1515 et de 1525 à 1526 – et influente dans les décisions politiques importantes. Ainsi, à son décès en 1531, François Ier veut pour sa mère des « obsèques dignes du roi » !

Habité par une âme féminoïde, on lui doit cette maxime éprouvée de l’intérieur et sortie tout droit de son nombril : Souvent femme varie. Bien fol est qui s’y fie !

Son goût du beau et du pouvoir personnel amène François Ier à valoriser les arts et les lettres, avec un esprit avant-gardiste, notamment par rapport à l’état-civil qui justement est un outil pour la famille.

 

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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