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Zoologue renommé, il est parmi les savants qui accompagnent Bonaparte en Egypte en 1798.
Cette expédition le met sur la voie d’avancées scientifiques déterminantes dans sa vie tournée vers les plus étonnantes curiosités de la nature.

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Etienne GEOFFROY SAINT-HILAIRE

Né le 15 avril 1772 à Etampes Essonne 91 (église Saint-Basile)
Selon acte de baptême sans heure de naissance

Décédé à Paris 12e le 19 juin 1844

 

 

Passionné de zoologie, il fonde la ménagerie du Muséum d’Histoire Naturelle

Saint-Hilaire est le nom d’un village près d’Etampes où la famille d’Etienne est propriétaire d’une maison.

Son père, Jean Geoffroy, « procureur aux sièges royaux » d’Etampes, et conseiller au Parlement de Paris, destine son fils à la vie ecclésiastique. Pour cela, il l’inscrit au Collège de Navarre à Paris.

Cet établissement, pionnier en sciences modernes, est un tremplin de carrière. Etienne y côtoie des camarades, dont certains seront des savants renommés tels que Lavoisier, Hauÿ

Il s’y découvre un goût marqué pour la minéralogie et les sciences naturelles  tout en s’évertuant à répondre aux ambitions de son père.

C’est ainsi qu’il devient, à 16 ans en 1788, chanoine du chapitre de Sainte-Croix à Paris 3e. Dans le même temps, il suit les cours du chimiste de Fourcroy et du naturaliste Daubenton dont il devient l’assistant.

Ces fonctions lui permettent de devenir l’un des douze professeurs du Nouveau Muséum d’Histoire Naturelle. Dirigeant la chaire de zoologie, il dote le Muséum de sa célèbre ménagerie qu’il constitue, pour l’anecdote, d’animaux saisis dans des ménageries ambulantes et chez des émigrés.

Geoffroy entame une correspondance suivie avec Georges Cuvier devenu assistant au Muséum. Les deux hommes conjuguent si bien leurs talents de naturalistes qu’ils signent ensemble plusieurs mémoires d’histoire naturelle dont la classification des mammifères, inspirée du système fondé par Cuvier.

 

La campagne d’Egypte de Bonaparte : l’évènement de sa vie !

Etienne GEOFFROY est l’un des 5 naturalistes parmi les 187 membres de la commission des Sciences et des Arts qui accompagnent Bonaparte dans son expédition militaire en Egypte, en 1798.

Il intègre dès son origine, l’Institut pour les Sciences et les Arts du Caire, que vient de créer Bonaparte.

Parmi les savants ainsi présents sur le sol égyptien, ce sont les naturalistes qui vont développer le plus leur science.

Etienne se spécialise dans l’étude des poissons, et la découverte d’un poisson exceptionnel, (polyptère Bichir), dont les nageoires s’apparentent aux membres des mammifères, est l’un des trésors ramenés d’Egypte. Cette nouveauté zoologique est si exceptionnelle qu’elle justifierait à elle seule le voyage en terre égyptienne.


Polyptère Bichir possédant à la fois des ouïes et des poumons

Le quotidien des membres de l’expédition égyptienne se révèle particulièrement difficile.

Le navire contenant les instruments de mesure a sombré, sachant que ce qui a pu être sauvé de cette précieuse cargaison, va être ensuite anéanti lors des émeutes du Caire.

Cette perte aurait pu être irréparable sans le génie extraordinaire de Conté, le fameux inventeur du crayon à la mine de plomb. En effet, il a su reconstruire, avec les moyens locaux, une grande partie des instruments disparus.

La chaleur est accablante et les maladies éprouvantes. A ce propos, Geoffroy Saint-Hilaire décrit à Cuvier, la douleur de ses ophtalmies et se désespère de la longueur de l’expédition.

 

Le séjour en Egypte : importante avancée des connaissances sur l’évolution des espèces

Durant ce voyage, Etienne recueille de nombreuses observations zoologiques (reptiles, poissons…), il va ainsi répertorier la totalité des poissons du Nil.

Il parvient à se procurer de curieux poissons de la Méditerranée et de la Mer Rouge. Ces poissons souvent identiques tendent à prouver que jadis les deux mers n’en faisaient qu’une.

Il s’intéresse aussi aux animaux sacrés momifiés depuis trente siècles. Retrouvés intacts, et ayant conservé tous leurs os et leurs poils ; on observe qu’ils sont parfaitement semblables à ceux d’aujourd’hui. Cette collection de momies va relancer le débat sur la fixité des espèces, opposant Cuvier à Lamarck.

Geoffroy revient à Paris début 1802.

Ayant abandonné la carrière religieuse, il se marie en 1804 avec Angélique Brière de Mondétour dont naîtra en 1805 un fils Isidore qui deviendra lui aussi, zoologiste.

Le retour d’Egypte est synonyme de gloire pour la plupart des savants de l’expédition. C’est ainsi que Geoffroy est fait membre de l’Académie des Sciences en 1807 ; l’empereur lui décerne la Légion d’honneur, puis, en 1809, le nomme professeur de zoologie à la faculté des Sciences de Paris.

En 1808, Napoléon le choisit pour visiter les muséums du Portugal afin de se procurer des collections d’animaux du Brésil. Dans cette affaire, Geoffroy réussit à contrer la formidable opposition des Britanniques et à conserver les collections convoitées.

Grâce aux spécimens rapportés d’Egypte, ce naturaliste conçoit sa théorie de la comparaison des organes. Ses recherches tendent à montrer que les espèces se transforment au cours de leur évolution, s’opposant en cela à la thèse de la fixité défendue par Cuvier.

Dès lors, ces deux anciens amis s’opposent farouchement.

Dans cet affrontement, Etienne défend la théorie du transformisme et reconnaît une action très lente mais indiscutable du milieu sur l’évolution des espèces.

Et pour argumenter dans ce sens, il se met à étudier la tératologie expérimentale et fonde l’embryologie.

Etienne se consacre à l’étude de l’anatomie. C’est ce qui lui vaut de pouvoir examiner la « Vénus hottentote » et les caractéristiques de cette curieuse race. Après le public des foires, c'est devant les yeux de scientifiques et de peintres qu'elle est exposée nue, transformée en objet d'étude. Peu de temps plus tard, le rapport qui en résultera compare son visage à celui d'un orang-outang et ses fesses à celles des femelles des singes mandrills.

En 1827, on retrouve le zoologue chargé d’accompagner de Marseille à Paris la girafe Zarafa offerte au roi Charles X par le Pacha d’Egypte. Installée au Muséum d’histoire naturelle, elle attire plus de 600 000 curieux durant l’été 1827.

 

Ce naturaliste doué pour l’étude des poissons n’a guère le pied marin !

Le 24 décembre 1833, Etienne est parmi l’entourage du roi Louis-Philippe venu visiter le Luxor, ce navire amenant d’Egypte à Paris, l’obélisque, sous la direction de l’ingénieur Lebas.

Quand soudain retentit un cri : « un homme à la mer ! » Deux matelots se précipitent et ramènent un monsieur tout ruisselant de l’eau de la Seine, qui vient de rater une marche en accédant au bateau. Il s’agit de notre illustre zoologue, doyen des professeurs du Muséum d’Histoire Naturelle et président de l’Académie des Sciences, qui est ranimé et frictionné.

C’est la seconde fois de sa vie qu’Etienne Geoffroy Saint-Hilaire tombe à l’eau pour une « raison égyptienne ». En effet, au cours de l’été 1798, alors qu’il voyage à bord de l’Alceste, un des navires de l’expédition de Bonaparte, il échappe de justesse à la noyade à la suite d’un faux-pas similaire.

Voulait-il, inconsciemment, aller étudier les poissons dans leur milieu aquatique ?

En 1841, un malaise cardiaque le laisse aveugle et paralysé, et l’oblige à démissionner, laissant son poste au Muséum à son fils Isidore qui poursuivra son œuvre.

 

Décédé en 1944, Etienne Geoffroy Saint-Hilaire est inhumé au cimetière du Père Lachaise.

 
Tombe d'Étienne Geoffroy Saint-Hilaire au cimetière du Père-Lachaise à Paris

 

 

Sources documentaires :

Robert Solé « Le grand voyage de l’obélisque », éditions du Seuil
http://www.napoleon.org/fr/salle_lecture/biographies/files/481985.asp

 

 


(Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

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