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Cette artiste, qui nous laisse quarante ans de chanson française, s’illustre aussi en tant que parolière, actrice, auteure, animatrice radio, metteur en scène…

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Yvette GUILBERT
(Emma Laure Esther GUILBERT dite…)

Née le 20 janvier 1865 à 23h à Paris 3e
Selon acte n°149 - Archives de Paris en ligne - 1865 – vue 28/31

 Décédée le 3 février 1944 à Aix-en-Provence Bouches-du-Rhône

 

 

De la chanson grivoise, aux complaintes médiévales et à la chanson contemporaine.

« Timide à la ville et audacieuse à la scène… »

La diseuse de fin de siècle.

Chanter, faire du théâtre, enseigner, mettre en scène, écrire… tout l’intéresse !

Formidable créatrice que tous les arts intéressent

 

 

De la chanson grivoise, aux complaintes médiévales et à la chanson contemporaine.

Sa silhouette étrange, son visage blafard et sa chevelure rousse, qu’une robe verte et de longs gants noirs mettent en valeur, deviennent  immortelles sous le pinceau de Toulouse-Lautrec.

D’abord interprète au café-concert de la chanson rosse ou grivoise, elle se fait, par ses nombreuses conférences et tournées à l’étranger, l’ambassadrice de la chanson populaire française, des complaintes médiévales jusqu’aux chansonniers contemporains.

 

« Timide à la ville et audacieuse à la scène… »

Née d’une chapelière belge et d’un brocanteur normand, elle est à 16 ans, ouvrière dans un atelier de couture puis vendeuse aux grands magasins, Le Printemps du boulevard Haussmann à Paris.

A vingt ans, élève d’un cours d’art dramatique, elle se dit timide à la ville et audacieuse à la scène. Ses débuts au théâtre se font en 1885, année où elle rencontre Charles Zidler, fondateur du cabaret parisien Le Moulin Rouge.

Comme elle ne décroche que de petits rôles au théâtre, elle se tourne en 1887 vers la chanson et le café-concert où ses débuts lui attirent plus de sifflets que d’applaudissements.

Toutefois, sans abandonner le théâtre, le succès lui arrive à partir de 1891, après avoir tenu les premiers rôles dans l’opérette Le Moulin de la galette et la revue légère Pourvu qu’on rigole.

 

La diseuse de fin de siècle.

Par son habitude d’entrecouper ses chansons de phrases parlées, son directeur artistique la surnomme La diseuse de fin de siècle.

En août 1889, Sigmund Freud fait partie des spectateurs venus l’écouter à l’Eldorado. Le neurologue, futur fondateur de la psychanalyse, affichera dans son bureau, une photo dédicacée par Yvette Guilbert, avec qui il entretiendra une correspondance assez suivie.

A partir de l’été 1892, elle est ovationnée à Liège puis à Bruxelles, surprise elle-même du succès d’une chanson légère de sa composition : La Pocharde.

A son retour, elle est engagée au Moulin rouge grâce à Charles Zidler après avoir rompu, à grand frais, son contrat avec l’Eden-Concert.

Devenu l’épouse en 1897 du chimiste allemand Max Schiller, elle doit cesser ses spectacles de 1900 à 1906 pour raison de santé. Elle met à profit cette période pour se constituer un nouveau répertoire de chansons anciennes. Pour cela, elle se documente très sérieusement et mène des recherches dans plusieurs bibliothèques. Elle adapte et traduit plusieurs textes du théâtre médiéval.


Yvette Guilbert au Concert parisien en 1891 par Jules Chéret

 

Chanter, faire du théâtre, enseigner, mettre en scène, écrire… tout l’intéresse !

De 1915 à 1922, elle séjourne aux Etats-Unis et principalement à New-York où elle se produit dans un répertoire médiéval et donne aussi concerts et conférences. Elle y enseigne et fonde même sa propre école de théâtre.

A son retour en France en 1922, elle fonde le « Théâtre religieux du Moyen âge ».

En 1933, elle écrit et met en scène une comédie musicale, en trois tableaux, Madame Chiffon, marchande de frivolités…

Elle aborde aussi le cinéma et la radio et rédige des chroniques pour la presse.

Yvette Guilbert consacre la fin de sa vie aux grandes salles d’Europe et d’Amérique. Parallèlement, elle ouvre une école de chant à Bruxelles, tourne dans quelques films, anime des émissions de radio et écrit des livres.

Décédée en 1944, elle est inhumée au cimetière du Père Lachaise.

 

 

Formidable créatrice ouverte à tous les genres

Une créativité artistique tous azimuts et en toute indépendance, est ce qui peut résumer le tempérament d’Yvette Guilbert, Verseau ascendant Balance.

A la fois non-conformiste et  très réceptive au milieu ambiant, elle est faite pour exercer les arts en toute liberté, selon son idée personnelle.

Retrouver l’ambiance populaire auprès du public des salles de spectacles est son univers. L’échange, la communication sont aussi ses atouts, c’est pourquoi, elle éprouve le besoin d’entrecouper ses chansons par des textes en « diseuse de fin de siècle ». Enseigner, écrire, mettre en scène, répondent aussi à son besoin de transmettre aux autres.

Amuser le public est une chose mais elle aime y donner du sens et par exemple, retrouver le charme du répertoire médiéval après recherches approfondies, même si cela paraît à contre-courant.

Formidable artiste ouverte à tous les genres, Yvette Guilbert marque quatre décennies de chanson et de création artistique françaises.

 

Retrouvez-la ambiance, visage et surtout voix en suivant ce lien vers YouTube

 


(Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


Retrouvez l'acte sur les Archives Départementales Françaises en ligne

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