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Comédienne adulée de la Belle-Epoque, elle est aussi célèbre que Sarah Bernhardt. Par la suite, devenue religieuse franciscaine, elle souhaite s’engager dans les pas de Charles de Foucauld.

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Êve LAVALLIERE
Née Eugénie Marie Pascaline FENOGLIO

Le 1er avril 1866 à 11h du matin à Toulon Var 83
Source : acte n°522 – 7 E 146_277 selon AD83 en ligne – vue 139/481

 Décédée le 10 juillet 1929 à Thuillières Jura 88

 

 

Témoin de la tragédie familiale

A Paris, elle devient une comédienne réputée

Glorieuse et séductrice, elle change de château comme de chapeau !

1917, la fin de la comédie et l’entrée en religion

Séductrice et conquérante en quête de merveilleux

 

 

Témoin de la tragédie familiale

Par son père tailleur d’habits, elle est d’origine napolitaine et pyrénéenne par sa mère.

Sa venue au monde n’étant pas désirée, elle est placée jusqu’à sa scolarité chez des paysans braves mais frustes. A l’âge scolaire, ses parents la mettent dans une école privée de bonne notoriété.

Mais le 16 mars 1884, c’est le drame ! Êve assiste à une dispute de ses parents où son père tue sa mère de deux coups de révolver avant de se donner la mort à son tour. Êve a dix-huit ans.

Partie vivre à Toulon puis à Nice, elle débute ensuite au Music-hall et au théâtre dans une troupe ambulante sous le nom de Eveline Lavalette.

 

A Paris, elle devient une comédienne réputée

Elle quitte le midi pour réaliser son rêve, monter à Paris où elle est embauchée comme figurante au théâtre des Variétés dont le directeur Fernand Louvreau (dit Samuel) devient son protecteur et amant.

Son nom de scène Lavallière, lui serait venu de l’époque où, modiste, elle portait souvent une cravate à large nœud appelée Lavallière, par référence à cette mode lancée par Louise de La Vallière, favorite de Louis XIV.

Interprète des plus grandes comédies légères en vogue à cette époque, elle devient la reine des variétés.

Dans cette période de la Belle Epoque, entre 1891 et 1917, elle acquiert peu à peu au théâtre une renommée à l’égale de celle de Sarah Bernhardt, qui lui dira un jour :

Ce que vous faites est inné. Cela tient plutôt du génie. Vous créez; vous ne copiez pas les personnages. Vous les faites naître de vous-même. C'est beau, cela. C'est très beau !

Elle joue notamment au côté d’Albert Brasseur en 1903 et interprète des pièces telles que la Belle Hélène ou la Vie parisienne d’Offenbach.

 

Êve Lavallière en 1900
Êve Lavallière en 1900

 

Glorieuse et séductrice, elle change de château comme de chapeau !

Devenue l’idole de toutes les classes de la société, le Tout-Paris, auteurs et théâtres se l’arrachent, tandis que princes et rois d’Europe de passage à Paris, se doivent d’aller l’applaudir et la rencontrer.

Mariée à Fernand Samuel, directeur du théâtre des Variétés de 1892 à 1914, dont elle se sépare dès 1897, elle devient veuve en 1914. Alors, elle hérite du château de Saint-Baslemont avec sa fille Jacqueline Louvreau née en 1895.

Sa richesse est alors à la mesure de sa réputation. Ses gains sont incroyables. On dit qu’elle dépensait chaque mois 10.000 francs or.

Êve séduit tous les hommes et change de château comme de chapeau.

Elle reçoit de somptueux bijoux et diamants d’inestimable valeur. Menant la vie luxueuse d’une diva, rien ne manque à son faste : fourrures, objets précieux, personnel important, appartements chics, berlines à quatre chevaux, limousines de grandes marques…

Elle fréquente les villes en vogue à cette époque : La Bourboule, Biarritz…

 

1917, la fin de la comédie et l’entrée en religion

En 1917, à l’issue de la dernière représentation de Carmenitta au théâtre Michel à Paris, Êve tombe malade. Elle ne remontera plus jamais sur scène. Elle se repose en Touraine à Chanceaux-sur-Choizille. C’est là qu’elle rencontre l’Abbé Chasteignier qui l’amène à se convertir au catholicisme le 19 juin 1917. Êve a 51 ans.

Désireuse d’entrer dans les ordres, elle devient religieuse franciscaine du Tiers-Ordre, sous le nom de Sœur Êve-Marie du Cœur de Jésus.  Revêtue de la robe de bure elle continue sa vie laïque.

Désireuse de partir sur les traces du Père Charles de Foucauld en Afrique, elle se rend en Tunisie accompagnée de Leona, sa servante, jeune réfugiée belge qui lui sera fidèle jusqu’à la mort.

De 1921 à 1923, elle fait plusieurs voyages en Tunisie où elle distribue sa fortune estimée à 1 million de francs or.

Mais de santé fragile, elle renonce à aller dans le sud et le désert, et revient en France.

De 1917 à 1920, elle change souvent de résidences entre châteaux et couvents.

Souhaitant vivre dans la repentance, l’humilité et la pauvreté, elle finit sa vie dans le dénuement, par ses nombreux dons aux œuvres caritatives, et par la dépossession de ses biens par sa propre fille travestie et droguée qui se fait appeler Jean Lavallière.

Décédée en 1929 à Thuillières, elle est inhumée en toute simplicité au pied du mur de l’église du village.

 

 

Séductrice et conquérante en quête de merveilleux

Imaginative, sensible et séductrice, Êve a l’âme d’une conquérante à l’esprit chevaleresque.

Bouillonnante d’idées, elle a l’intuition du jeu de l’actrice pour se fondre naturellement dans ses rôles. Dans sa profession, qui est son lieu d’expression privilégié, elle  a le don pour recréer chaque rôle avec  toute sa personnalité, dans une vivacité intrépide et sûre. C’est à chaque fois comme un défi exaltant.

L’ambiance enjouée des comédies légères lui convient parfaitement. Alors, elle baigne dans un monde merveilleux et féérique.

Occuper le devant de scène lui plaît, d’autant plus que sang froid et originalité lui sont naturels.

Sa quête impatiente de merveilleux et d’harmonie trouve ensuite sa pleine expression dans la vie religieuse qui métamorphose son existence, loin de la vanité et de la frivolité des apparences.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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