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Chargé d’amener puis d’ériger avec succès l’obélisque sur la place de la Concorde à Paris, cet ingénieur devient un héros de l’histoire prestigieuse de la capitale.

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Jean-Baptiste Appollinaire LEBAS

Né le 13 août 1797 (26 thermidor An V de la République)
à dix heures du matin, Le Luc Var 83

Source AD83 en ligne

Décédé le 13 janvier 1873 à Paris

 

 

Amener d’Égypte cette pierre taillée de 230 tonnes et la dresser au centre de la place de la Concorde à Paris, n’est pas une mince affaire.

C’est pourtant ce que parvient à réussir cet ingénieur du Génie Maritime le 25 octobre 1836.

Ce polytechnicien de petite taille, nommé Lebas, devient, dans l’instant, un grand héros pour avoir organisé avec succès le transport et l’érection de ce monolithe de granite rose de 23 mètres de hauteur.

En 1830 grâce à l’instigation du baron Taylor puis de Jean-François Champollion, le vice-roi d’Égypte offre à la France les deux obélisques dressés devant le temple de Louxor. Cependant seul celui de droite (en regardant le temple) est abattu et transporté vers la France. L’obélisque resté en place sera officiellement rendu à l’Égypte par le Président François Mitterrand, lors de son premier septennat.

En contrepartie de ce cadeau, Louis-Philippe 1er offre en 1845, une horloge en cuivre qui orne à présent la citadelle du Caire, mais qui ne fonctionna jamais, probablement endommagée lors de la livraison.

 

Six ans de préparatifs, de 1831 à 1836, sont nécessaires pour le voyage et l’installation

Pour transporter ce mastodonte, un navire « Le Luxor » est tout spécialement construit. Mis à l’eau le 26 juillet 1830, il quitte le port de Toulon le 15 avril 1831. Il parvient à Louxor le 14 août 1831 et en décembre de la même année, l’obélisque est embarqué sur le bateau. Parti d’Égypte le 25 août 1832, le navire arrive à Toulon le 10 mai 1833.

Jean-François Champollion, qui meurt à 41 ans à Paris, le 4 mars 1832, ne verra jamais l'obélisque dans la capitale.

Poursuivant méthodiquement son périple, le Luxor remonte la Seine et accoste au pont de la Concorde, le 23 décembre 1833. Mais ce n’est qu’en août 1834 que l’obélisque extrait du bateau est hissé sur la rampe du pont de la Concorde.

Pendant ce temps, en Bretagne, pour supporter ce prestigieux menhir,  on taille dans du granite rose, un piédestal de 240 tonnes. On y inscrit les méthodes qui ont permis le transport puis l’érection de l’obélisque.

 

L’obélisque est dressé en grande pompe, place de la Concorde le 25 octobre 1836

Ce jour-là, une foule immense de badauds s’est massée pour voir ériger l’obélisque à l’aide de gigantesques appareils de levage créés tout exprès par l’ingénieur Lebas. Il faut même arroser les cordes des palans pour éviter leur rupture.

Pendant ces manœuvres délicates, Jean-Baptiste Appollinaire Lebas, se tient sous l’obélisque, décidé qu’il est à ne pas survivre en cas d’accident.

Fort heureusement tout se passe bien et l’habile ingénieur est promu conservateur du musée de la Marine.

Cette érection en grande pompe se fait en présence de Louis-Philippe 1er. Toutefois, le souverain s’est discrètement installé avec la famille royale, aux fenêtres de l’hôtel de la Marine, craignant le ridicule en cas d’échec de l’opération.

A l’instant précis où l’obélisque se dresse sur son socle, le monarque et sa famille paraissent au balcon pour recueillir l’ovation de la foule considérable venu assister à ce remarquable exploit.


Érection de l’obélisque de Louxor par François Dubois

 

33 siècles après, Ramsès II salue "son" obélisque qui fait partie maintenant de l'espace des parisiens !

Une anecdote amusante : en 1976, vint en France la momie du pharaon Ramsès II qui avait fait tailler l’obélisque pour orner le temple de Louksor. Cette momie devait subir un traitement contre les bactéries qui étaient en train de la dévorer.

L’Égyptologue Christiane Desroches-Noblecourt accompagnait Ramsès II et atterrit avec lui à Orly où il fut accueilli en chef d’état comme il se devait ; puis on s’achemina vers le Musée de l’Homme en fourgon, motards en tête. Quand le fourgon arriva au niveau de la place de la Concorde, Christiane Desroches-Noblecourt demanda au chauffeur que l’on dévia le trajet pour que l’on fit un tour sur la place afin que le pharaon puisse saluer « son » obélisque… ce qui fut fait.

Ainsi l’obélisque est devenu… le plus vieux monument de Paris, puisqu’il fut taillé, gravé et dressé sur son site au début du règne de Ramsès II (qui régna de 1279 à 1213 avant J.C.).

Haussmann, lors de ses grands travaux, voulut le déplacer et le mettre ailleurs, mais Napoléon III s’y opposa.

Lors de la Commune de Mai 1871, l’obélisque échappa à un obus qui décapita la tête d’une statue et abîma des façades.

Enfin, jusqu’à présent, il a survécu à bien des agressions (publicité, escalades…).

Il résiste bien au climat parisien et aux vents venant du sud-ouest. Il y a moins de variations de température à Paris qu’en Égypte. De plus, il semble ne pas souffrir des vibrations du passage des voitures et du métro.

De temps en temps, on le nettoie. La coiffe dorée a réduit les déjections des pigeons, mais il paraît que des pigeons et corbeaux acrobates réussissent de temps en temps à se poser sur la pointe du pyramidion…

L’obélisque ornait un temple solaire (le Dieu Amon-Ra) et, en principe représentait un rayon de soleil. Les inscriptions hiéroglyphiques gravées sur ses quatre faces sont bien sûr dédiées à Amon-Ra et font le panégyrique du pharaon.

L’obélisque fait partie de l’espace des Parisiens ! 

Merci à Monique Kalinine, astrologue parisienne, passionnée d’Égypte ancienne, qui m’a aimablement transmis ces notes, en septembre 2013.

 

Décédé en 1873, Appollinaire Lebas est inhumé au cimetière du Père Lachaise sous un monument dont la forme évoque l’obélisque.


http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3a/Lebas_Pere_Lachaise_2.JPG

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

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