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Chirurgien et gynécologue, précurseur du 19e siècle, sa renommée l’amène à la présidence de l’Académie des Sciences.
 

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Jacques LISFRANC de SAINT-MARTIN

Né le 12 avril 1787 à Saint-Paul-en-Jarez Loire 42
Selon acte de baptême de la Mairie de Saint-Paul, sans heure de naissance

 Décédé le 12 mai 1847 à Paris 12e

 


https ://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Lisfranc#/media/File:Jacques_Lisfranc._Lithograph._Wellcome_V0003613.jpg

 

Issue de trois générations de chirurgiens…

Son procédé opératoire est plus rapide que celui de Larrey

Chirurgien gynécologue pionnier mondial

Sous une rudesse certaine se cache un humaniste d’avant-garde

 

 

Issue de trois générations de chirurgiens…

Descendant de trois générations de chirurgiens, instruit par un précepteur et initié à l’escrime, danse, natation, et même tournage sur bois, il continue dans la lignée parentale et débute ses études médicales à l’Hôtel-Dieu de Lyon en 1805.

Reçu 8e/15 à l’Hôtel-Dieu de Paris, élève de Guillaume Dupuytren, il devient docteur en 1813.

Réquisitionné au service de santé militaire, il participe à Leipzig, en tant que médecin aux armées, à la campagne napoléonienne de Saxe.  Les conditions d’exercice y sont épouvantables et les hôpitaux, dans un dénuement cruel de nourriture et de médicaments, sont plutôt des charniers.

Après la retraite de Leipzig, il exerce à la bataille d’Hanau.

La paix revenue, Lisfranc quitte l’armée et s’installe à Paris où il participe aux travaux de Dupuytren.

 

Son procédé opératoire est plus rapide que celui de Larrey

En 1815, il décrit de nouvelles opérations chirurgicales telles que la désarticulation de l’épaule et du pied, réalisées sans anesthésie.

Son procédé exceptionnel et novateur permet d’opérer en quelques secondes de façon encore plus rapide que celle décrite par Dominique Larrey.

Dès lors, il travaille sur l’amélioration des méthodes chirurgicales – huit types d’amputations, de fractures et de dislocations, sont nommées d’après lui.

Quand, pour briguer le poste de professeur à la Faculté de Paris, il sollicite l’appui de Dupuytren, celui-ci consigne dans sa lettre des propos très critiques … chirurgien médiocre et bruyant, un boutefeu révolutionnaire, une sorte de Brutus solliciteur…. L’effet est dévastateur et Lisfranc n’obtient pas le poste.

Si le caractère difficile de Lisfranc est avéré, il semble que Dupuytren, de son côté, montre une hostilité envers ses élèves qui lui sont supérieurs et s’emploie « à écraser tout mérite naissant ». C’est ce qui fera dire par Percy à son sujet : « le premier des chirurgiens et le dernier des hommes ».

Chirurgien en second à l’Hôpital Saint-Louis, Lisfranc parvient à être nommé en 1825 chirurgien en chef de La Pitié, malgré l’hostilité de Dupuytren. Il y enseignera pendant 22 ans et sera remarqué pour son souci du bien-être de ses malades.

Sa renommée est grande et ses élèves nombreux aux cours de médecine opératoire. Ses perfectionnements techniques et sa dextérité lui attirent une clientèle importante, et aussi princière, due à sa réputation internationale.

 

Chirurgien gynécologue pionnier mondial

En 1830, il est le premier au monde à publier l’ablation du carcinome du rectum.

Devenu l’un des premiers à effectuer l’amputation du col de l’utérus, il est le plus célèbre chirurgien gynécologue de son temps. Il se consacre à cette spécialité en fin de carrière.

On le retrouve membre puis président de l’Académie de médecine.

Face à l’adversité, le côté chicanier de Lisfranc s’accentue au point qu’il est en proie à un délire de persécution. Ses élèves désertent ses cours tant il donne libre cours à ses ressentiments, au point qu’il renonce aux cours publics en amphithéâtre en 1840.

Dès lors, isolé malgré amis et fidèles qui supportent son mauvais caractère, il se consacre à la rédaction d’ouvrages d’enseignement.

Si la chirurgie est brillante quand elle opère, elle l’est encore bien davantage lorsque,
sans faire couler de sang et sans mutilation, elle obtient la guérison des malades
.
(Extrait de son précis de Médecine Opératoire)

A son décès en 1847, ce génial précurseur laisse une œuvre immense, même si sa réputation est moins reconnue que celle de Dupuytren.

En 1873, Paris donne son nom à une rue du 20e arrondissement et dans son village de St-Paul une plaque commémore son souvenir sur sa maison natale.

La Clinique Chirurgicale à Lyon inaugure une salle Lisfranc. A la fin du 20e siècle, la Faculté de St-Etienne prend son nom qui était déjà donné à une rue de la ville près de l’Hôpital Bellevue.


https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Tombe_de_Jacques_Lisfranc.JPG?uselang=fr
Sépulture de Lisfranc au cimetière du Montparnasse

 

Sources documentaires :
http://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx2005x039x001/HSMx2005x039x001x0017.pdf
http://napoleon-monuments.eu/ACMN/Lisfranc.htm

 

 

Sous une rudesse certaine se cache un humaniste d’avant-garde

Vif et intrépide, ce natif du Bélier opère avec ses outils tranchants et devient expert en son domaine, ce qui est bien dans sa nature martienne.

En l’absence d’heure de naissance, l’étude de son caractère est sommaire mais dégage quelques aspects révélateurs.

Pionnier intéressé par les pathologies féminines, il fait avancer les techniques et connaissances qui en font un précurseur de la gynécologie.

Son esprit chevaleresque le porte à aimer guerroyer sinon il s’ennuie. Ardent à affronter les obstacles, il se trouve stimulé par l’adversité.

Sous une rudesse certaine, il se montre un véritable humaniste, acteur de ce qui est bon pour le devenir des humains.

Sa nature combative, ses convictions bien arrêtées et une certaine intransigeance ont créé le contexte propice à lui reconnaître un « mauvais caractère ».

Entre Dupuytren et Lisfranc existe une évidente complémentarité de caractère qui rend leur rencontre assez inévitable. L’enrichissement est probablement mutuel même si une opposition « concurrentielle » s’installe.

 

 


(Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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