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Héritiers par leur père, Antoine, d’une même passion pour la photographie, les frères Louis et Auguste sont inventeurs du cinématographe en 1895.
Occupant un rôle primordial dans l’histoire du cinéma, ils sont aussi auteurs de près de 200 brevets.

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Auguste LUMIERE

Né le 19 octobre 1862 à 15h30 à Besançon Doubs 25
selon acte n°975

Décédé le 10 avril 1954 à Paris 7e

 

et

 

Louis LUMIERE

Né le 5 octobre 1864 à 1 heure du matin à Besançon Doubs 25
selon acte n° 963

Décédé le 6 juin 1948 à Bandol 83 Var

 

 

 

Louis trouve en une nuit d’insomnie le système qu’Auguste cherchait depuis trois mois

Un jour, Antoine Lumière montre à ses enfants un fragment de pellicule perforée, fabriquée aux USA pour les kinétoscopes d’Edison.

Se sentant dépassé par la technique, et conscient que ses fils ont fait de solides études techniques, il leur demande d’essayer d’en fabriquer de meilleur marché car celle-ci est hors de prix.

Auguste se souvient de la suite :

C’était au début de 1894, si j’ai bonne mémoire ; en passant rue de la République, à Lyon, mon attention fut attirée par un magasin ouvert, dans lequel se pressaient de nombreux visiteurs, pour admirer le Kinétoscope d’Edison. Je suivis le mouvement et après avoir été vivement charmé par les petites vues animées qui défilaient dans ces appareils, j’estimais que si l’on parvenait à projeter de telles images sur un écran de façon à les montrer à toute une assemblée, l’effet serait saisissant et je résolus aussitôt d’étudier le problème.

Ainsi, pendant trois mois, Auguste va tenter de trouver un procédé d’entraînement satisfaisant. En vain !

Un jour que Louis est alité à cause d’une mauvaise grippe, il demande à son frère de venir le voir. Louis lui explique qu’au cours d’une nuit d’insomnie, il pense avoir trouvé le système parfait qui est inspiré du mouvement alternatif, analogue à celui de la machine à coudre et répété à la vitesse voulue.

Comprenant que ce dispositif était celui recherché, Auguste abandonne le problème à son frère qui vient en une nuit de trouver la solution longuement cherchée.

 

Le 1er cinématographe est fabriqué puis le 1er film est tourné…

Louis se souvient :

Mon frère a cessé de s’intéresser à la partie technique du cinématographe sitôt après que j’ai eu trouvé un dispositif d’entraînement correct. Et si le brevet du cinématographe a été pris sous nos deux noms, c’est que nous signions toujours en commun…

Une demande de brevet d’invention est déposée le 13 février 1895, pour 15 ans pour le cinématographe. Cet appareil est réversible car il est à la fois caméra de prise de vue et projecteur de cinéma.

Le premier appareil, est fabriqué dans les usines Lumière d’après les croquis de Louis.

Le 19 mars 1895, Louis demande à l’un de ses ouvriers, M. Vernier, de lui permettre d’installer sa caméra  dans son appartement situé face à l’une des sorties des usines Lumière, à Lyon, 20, chemin Saint-Victor.

On attend. La journée est ensoleillée. La rue est calme. Tout le monde est au travail. Louis vérifie que tout est bien en place. Le cinématographe est planté sur son trépied derrière la fenêtre ouverte.

La montre de Louis marque midi. Du bruit se fait entendre derrière le portail du hangar de la sortie d’usine. C’est la sortie. Louis tourne la manivelle. Le portail s’ouvre. Les ouvriers sortent. Moins d’une minute plus tard, tout le monde a disparu et la porte se referme.

50 secondes, 800 images.

La postérité retiendra qu’il s’agit du 1er film de l’histoire du cinéma.

Peut-être que la sortie des ouvriers a été guidée par les frères Lumière, pour se dérouler en si peu de temps ?

On sait aussi que Louis Le Prince avait déjà réalisé un court-métrage muet de 2 secondes en 1888 !


La sortie des usines Lumière – 1er film

 

« La sortie des usines Lumière » est la porte ouverte à la gloire et à la prospérité des Lumière

Deux jours plus tard, Antoine Lumière et ses deux fils présentent le film à la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, à Paris. Le succès est immédiat.

Louis va pouvoir commencer à tourner quelques films pour la 1ère projection publique que son père tient à organiser rapidement.

En attendant, on montre le cinématographe à des scientifiques, à des photographes, dans l’amphi de la Sorbonne…  C’est une pluie d’éloges et l’on qualifie de « brillante conquête » l’invention des frères Lumière.

Antoine monte à Paris pour trouver un espace capable d’accueillir la 1ère séance publique. Cela se passera au Grand Café, 14, bd des Capucines, dans la salle de billard située en sous-sol.

Parmi les 33 curieux qui assistent à la 1ère projection de l’histoire mondiale du cinéma, il y a… Georges Méliès.

A la fin de la représentation, c’est un délire d’enthousiasme où Méliès lui-même se demande comment on a pu obtenir un pareil résultat. C’est la 1ère fois que l’animation de la rue est reproduite en film.

Les offres d’achat affluent vers Antoine Lumière qui refuse car il tient à garder l’invention pour sa famille. Il ne veut pas vendre mais exploiter directement.


Reproduction de l’arroseur arrosé en hommage aux frères Lumière à Besançon (photo Janine Tissot)

 

« S’amuser en travaillant », tel est le souhait des Lumière

Garder le plus longtemps possible l’exploitation du cinématographe tel est l’objectif des Lumière. Avec le succès foudroyant, ils savent que ce sera difficile. La demande est telle qu’une centaine d’opérateurs sont recrutés à la hâte et formés pour partir filmer dans le monde entier. Une salle de projection ouvre à Londres en 1896, puis New York, la Russie, la Chine... En cette fin de 19e siècle, le cinéma est l’un des rares exemples de planétarisation.

Dès 1900, les Lumière subissent une concurrence accrue et Louis décide de retourner « s’amuser en travaillant ».

En 1908, il cède la totalité des droits à Charles Pathé.

Auguste de son côté, fait de la recherche dans le domaine médical qui le passionne et ses inventions contribueront à sauver de nombreuses vies humaines pendant la Grande Guerre (exemple : le Tulle gras).

Louis et Auguste passent une fin de vie tranquille et paisible, se consacrant chacun à leurs travaux respectifs et s’éteignent de vieillesse respectivement à 84 ans et 92 ans.

 

Leur demeure, située près de leurs anciennes usines, dans le 8e arr. de Lyon, est aujourd'hui Musée du Cinéma.

 

Au soir de sa vie, on ne cesse d’interroger Louis Lumière sur le cinéma. Il déclare un jour :

Le cinéma ? Je n’y vais plus. Si j’avais su prévoir qu’on en viendrait là, je ne l’aurais pas inventé. 

 

 

 

Source documentaire : Les Frères Lumière et le cinéma de Fabrice Calzettoni éditions du Sorbier

 

 

Auguste Lumière

Louis Lumière


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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