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Maîtresse puis épouse secrète de Louis XIV, prude et sage, elle a la confiance du monarque. A défaut d’être aimée, elle est crainte par la famille royale. Son influence politique est incertaine, mais par elle, un vent de dévotion et de bigoterie s’empare de la cour de Versailles.

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Marquise de MAINTENON

Née Françoise d’Aubigné le 27 novembre 1635 à Niort Deux-Sèvres 89
Heure de naissance non connue

Décédée le 15 avril 1719 à la Maison royale de Saint-Louis à Saint-Cyr-l’Ecole

 


Portrait de Françoise d’Aubigné, marquise de Maintenon,
représentée en
Sainte Françoise Romaine par Pierre Mignard (1694).

 

Née en prison, mariée à 17 ans avec le poète Scarron pour éviter le couvent

Gouvernante des bâtards du roi, elle succède à la marquise de Montespan tombée en disgrâce

Epouse cachée du roi, et surnommée Madame Quatorze

Une fin de vie dédiée au recueillement et à la prière

Maternante, sage, cultivée, spirituelle et dévouée

 

 

Née en prison, mariée à 17 ans avec le poète Scarron pour éviter le couvent

Françoise d’Aubigné, qui est la petite-fille d’Agrippa d’Aubigné poète trublion et guerrier, écuyer d’Henri IV, naît en prison.

En effet, son père Constant d’Aubigné qui a abjuré le protestantisme pour mener une vie de débauche dans le château paternel, tue son épouse surprise en flagrant délit d’adultère. Mis en prison, il s’y marie avec Jeanne de Cardilhac qui donne naissance à Françoise d’Aubigné devenue Marquise de Maintenon par la grâce du Roi Soleil.

Françoise, orpheline désargentée, a 17 ans à peine quand, pour éviter le couvent, elle se marie le 4 avril 1652 avec le poète Paul Scarron âgé de 42 ans !

Cet homme devenu infirme par une maladie invalidante, brille par son intelligence et ses talents de romancier burlesque. Pendant huit ans, la vie auprès cet écrivain ouvre Françoise à une solide culture et lui donne de fréquenter la meilleure société de l’époque. 

 

 

Gouvernante des bâtards du roi, elle succède à la marquise de Montespan tombée en disgrâce

A 25 ans, elle est veuve et sans le sou.

Elle devient la maîtresse de Louis de Mornay, marquis de Villarceaux. Séducteur et homme de cour, réputé, chassant un gibier qui n'est ni de poil ni de plume... Françoise s’en sépare brutalement trois ans plus tard. 

Elle fait alors la connaissance de la marquise de Montespan, maîtresse de Louis XIV, qui lui confie l’éducation de ses enfants bâtards royaux.

Le monarque adore leur rendre visite. C’est ainsi qu’il rencontre la belle Françoise d’Aubigné, gouvernante des enfants du roi.

Il la trouve d’abord un peu pincée et maniérée.

Mais bientôt, elle le fascine par son esprit et sa culture. Elle l’étonne aussi par son caractère ferme et déterminé : lui, le roi habitué à ce que toutes les femmes qu’il sollicite lui cèdent en un rien de temps.

En 1674, elle reçoit du roi, la terre de Maintenon, érigée en marquisat.

Protestante convertie au catholicisme, on lui reproche d’avoir encouragé la Révocation de l’Edit de Nantes  en 1685 qui met à la porte du royaume de France des centaines de milliers de protestants !

En fait, si on ignore le rôle réel de la marquise de Maintenon dans la politique du monarque, il est établi que par sa manière d’être dévote, austère et pieuse, elle influence le roi et son entourage. Au point que la duchesse d’Orléans, épouse du frère de Louis XIV le déplore et regrette le temps où l’on se divertissait à la cour de Versailles.

 

Epouse cachée du roi, et surnommée Madame Quatorze

En Françoise, Louis XIV trouve une citadelle à conquérir. Lui paraît-elle aussi imprenable que ce réseau de fortifications qu’est en train d’ériger autour du royaume de France, son Maréchal Vauban ?

Françoise le fait attendre.

Elle sait si bien ferrer sa proie et le tenir, que ce sera jusqu’à la mort. Elle forme avec le roi le vrai couple parental des bâtards qui sont élevés ensuite dans le château de Maintenon. En privé, le monarque la surnomme Sainte Françoise !

Son influence morale sur Louis XIV est certaine au regard de la reine elle-même, qui confie : « Dieu a suscité Madame de Maintenon pour me rendre le cœur du roi ! Jamais il ne m'a traitée avec autant de tendresse que depuis qu'il l'écoute ! »

Deux mois après le décès de la reine Marie-Thérèse d’Autriche, elle épouse secrètement Louis le 10 octobre 1683, en présence du Père Lachaise confesseur du roi.

Elle croit bon de porter le deuil et de montrer une mine affligée. Le roi en rit et elle finit par faire de même. Louis XIV renoue sans tarder avec la vie divertissante de la cour de Versailles, qui s’en trouve cependant très assagie par la prude Marquise de Maintenon.

Tout le monde est au courant de l’union. Et l’on surnomme cette épouse morganatique (cachée) Madame Quatorze !

 

Une fin de vie dédiée au recueillement et à la prière

Elle fonde à Saint Cyr,  une maison religieuse pour les jeunes filles nobles et pauvres où elle se retire après la mort de Louis XIV en 1715. C’est là qu’elle finit ses jours dans la contemplation et la prière, à l’âge de 84 ans.

Est-ce-à-dire que les bras du monarque sont tremplins vers le recueillement et la vie monastique, pour qui est favorite  du roi Soleil ?

Délaissées ou veuve ce sera le cas de Louise de la Vallière, de la marquise de Montespan, de la marquise de Maintenon… qui en dehors du monarque et des fastes de la cour, n’ont trouvé d’autre consolation finale que vers Dieu.

 

Maternante, sage, cultivée, spirituelle et dévouée

Elle laisse une correspondance intéressante et des citations dont voici quelques unes :

Mesdames, souriez afin que plus tard vos rides soient bien placées.

C’est être bien avancé dans la science de la vie que de savoir souffrir.

Le vrai moyen d’adoucir ses peines est de soulager celles d’autrui.

L’abnégation résout bien des problèmes de l’existence féminine.

Le monde est un menteur : il nous promet des plaisirs et il ne donne que des peines.

 

Par nature, sage et raisonnable voire austère, la Marquise de Maintenon est sans doute balancée entre le spectacle du paraître et le besoin de profondeur, d’intériorité.

A Versailles, elle trouve les deux.

Avec une sensibilité de mère servante et dévouée, elle est une gouvernante avisée, sérieuse, aux convictions solides pétries d’élévation morale, culturelle et spirituelle.

On peut imaginer que dégagé des tribulations festives et sulfureuses de la Marquise de Montespan, Louis XIV a apprécié cette femme maternante, discrète et déterminée qui apaise sa conscience, éduque bien ses enfants, et soigne ses vieux jours.

Avec la Marquise de Maintenon, c’est une ambiance de sagesse pieuse qui s’installe doucement mais fermement à la cour de Versailles.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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