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Ecrivain, lauréat du 1er Prix Goncourt en 1921, décerné à un Français noir pour son roman Batouala dont la préface dénonce les excès du colonialisme.

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René MARAN

Né René Herménégilde MARAN le 5 novembre 1887 à 10h30 du matin
Né sur le bateau qui mène ses parents de la Guyane à la Martinique,
sa naissance est déclarée le 22 novembre à Fort-de-France Martinique 97.
En l’absence de lieu précis de la naissance en mer, j’ai choisi le point médian
entre la Guyane et la Martinique soit 9° 49’ Nord et 56° 36’ Est
selon acte n°1059 – Archives Martinique en ligne – vue 289

 Décédé le 9 mai 1960 à 9h à Paris 13e
Selon acte n° 1627 - Archives de Paris en ligne – vue 4/31

 

 

Il débute dans la littérature à 22 ans

Son prix littéraire fait scandale…

« Un homme pareil aux autres ».

Une plume d’ethnologue pour conserver l’histoire

 

 

Il débute dans la littérature à 22 ans

Dès l’âge de sept ans, il est placé en pension au lycée de Talence (Gironde) par ses parents partis au Gabon où son père occupe un poste d’administrateur colonial.

Après avoir été lycéen à Bordeaux, il fait des études de droit qui l’amènent en 1912 à devenir administrateur d’outre-mer en Oubangui-Chari (devenue République Centrafricaine).

Dès 22 ans, il débute la littérature dans la revue Le Beffroi. Cette passion ne le quittera plus.

Outre des poèmes, il se lance dans un premier romain Batouala publié en 1921 qui lui apportera le prix Goncourt.

 

Son prix littéraire fait scandale…

C’est le premier livre d’un écrivain noir à recevoir en France ce prestigieux prix littéraire.

Ce prix synonyme de succès fait scandale et déclenche des incompréhensions racistes. Il vaut à son auteur les foudres de la censure et Maran met fin quelques années plus tard à sa carrière dans l’administration coloniale.

Ecrit dans un style naturaliste, il expose les mœurs et traditions d’une tribu noire d’Oubangui-Chari dirigée par Batouala. Si sa préface se fait virulente contre les excès du colonialisme français, Maran lui-même administrateur colonial ne dénonce pas le colonialisme en tant que tel.

 

« Un homme pareil aux autres ».

Ainsi, il est considéré comme un roman précurseur de la négritude. Cependant Maran comprend mal ce terme et s’en méfie. Il y voit plus de racisme que d’humanisme.

Par-dessus tout et avec obstination, il se veut « un homme pareil aux autres ».

Plus tard, René Maran expliquera :

Quand j’écris "Batouala", j’ai voulu montrer l’Afrique telle que je la voyais. On a contesté avec âpreté et méchanceté tout ce que j’avais dit et pour démontrer que je m’étais trompé, on a étudié ce que j’avais vu. On a été obligé de dire que je disais la vérité. "Batouala" montre l’Afrique du temps des Européens.

Excellent écrivain animalier, Maran dénonce la cruauté des hommes envers les animaux.

Très attaché aux valeurs françaises, en dépit de certains griefs, il écrit des biographies de « grands Français »

Dans les années 1930, il fréquente le salon littéraire de Paulette Nardal où il rencontre Léopold Senghor, Aimé Césaire…

Il est l'auteur de 21 ouvrages entre 1912 et 1958.

 

 

Une plume d’ethnologue pour conserver l’histoire

Par le Scorpion et le Capricorne conjugués, il en retire une fibre d’ethnologue.

Fin observateur et chercheur avisé, il a l’œil exercé et lucide pour décrire la société et les hommes qui l’entourent.

Rien ne lui échappe et il saisit d’emblée la réalité des situations sans complaisance mais avec une sagesse et une modestie de bon aloi. C’est pourquoi, il se méfie et réfute l’étiquette de précurseur de la « négritude ».

L’écriture et la publication d’ouvrages sont pour lui moyens d’action et de liaison pour contribuer à améliorer durablement la société.

Signaler et dénoncer les turpitudes de son temps nourrissent l’œuvre romancée de cet historien/sociologue.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

 


Retrouvez l'acte sur les Archives Départementales Françaises en ligne

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