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Aventurière audacieuse, pratiquant tous les sports, elle est la 1ère aviatrice au monde à détenir les 4 brevets : ballon, avion, hydravion, hélicoptère.

 

Marie Félicie Elisabeth MARVINGT

née le 20 février 1875 à 18h30 (six heures et demie du soir) à Aurillac Cantal 15

décédée le 14 décembre 1963 à Laxou Meurthe et Moselle

 

 

 

 

Sportive émérite, véritable casse-cou, elle détient 17 records mondiaux

Ses parents déménagent en Lorraine, en 1880, et par la suite, Marie Marvingt demeure attachée à la Lorraine. Le décès de sa mère à 14 ans, l’oblige à s’occuper de ses 4 frères et sœurs ; cependant son père l’initie aux sports.

Elle fait partie des premières femmes titulaires du permis de conduire, qu’elle obtient dès 1899.

Adepte de tous les sports, en 1906, elle bat le record de la traversée de Paris à la nage.

Elle pratique aussi le cyclisme, l’équitation (avec saut périlleux au galop), l’escrime (sabre, fleuret, épée), le tir, le ski (invente un ski métallique pour les sables du Sahara), le patin à glace, l’escalade. Pour ce dernier sport, elle invente la jupe-culotte plus pratique.

En alpinisme, elle réussit dans la même journée l’ascension des Grands Charmoz et du Grépon dans le massif du Mont Blanc.

Elle pratique également, la gymnastique, l’athlétisme, le polo, le bobsleigh, la boxe, le jiu-jitsu, le water-polo... Apprend aussi à conduire une locomotive et des bateaux à vapeur…

Et parle 5 langues !

Licenciée es-lettres, elle écrit des nouvelles et des poésies, dessine, peint, sculpte. Curieuse de tout, elle a le goût du risque. Ainsi, le 26 octobre 1909, en ballon, elle réalise un périple mouvementé, dans des conditions effroyables. Partie de Nancy, avec pour passager le colonel Emile Garnier dont c’est la 1ère ascension, elle survole le nord-est de la France, la Belgique, la Hollande et traverse la mer du Nord et parvient au rivage anglais. Le vol de 720 km effectué en 12 heures se termine brutalement.

Le fond de la nacelle cède à l’atterrissage et Marie Marvingt fait un plongeon « la tête en avant dans un buisson », tandis que son passager emporté plus loin, à l’intérieur des terres doit son salut à un chêne qui arrête le ballon.

 

3e femme brevetée aviatrice le 8 novembre 1910 et l’unique brevetée sur monoplan « Antoinette » si délicat à manœuvrer

Ce vol en ballon  lui apporte une notoriété dont elle profite pour faire ses débuts dans le monde de l’aviation, tout en continuant l’aérostation, puisqu’elle fait 14 ascensions en 1912.

 

Surnommée la « fiancée du danger, elle obtient 34 médailles et décorations.

Initiée à l’aviation par des maîtres comme Hubert Latham et René Labouchère, elle se jette avec frénésie dans cette passion qui lui procure de nouvelles émotions et distinctions.

Avec son brevet de pilote n° 145, elle est la 3e femme brevetée au monde, après Elisa Deroche dite Raymonde de Laroche et Marthe Niel.

Si elle est la 1ère détentrice de la Coupe Fémina à Turin en 1911, elle a cependant, une fâcheuse tendance à accumuler les incidents et les accidents, heureusement sans dommage pour elle.
Dans l’ambiance insouciante et exaltante de l’aviation naissante, les jeunes pilotes « s’amusent » de ses déboires et même Roland Garros se montre admiratif de sa faculté à encaisser les coups.

 


Le plus fameux atterrissage de Marie Marvingt s’achève dans le jeu de boules du café des Sports,
près de la gare de la Terrasse à Saint Etienne le 6 août 1911.

Sur son monoplan Antoinette de 60cv et devant un record d’affluence, Mlle Marvingt s’envola le dimanche 6 août 1911 du terrain de Champirol à Saint Etienne. Volant à une cinquantaine de mètres du sol, elle vire vers Ratarieux. Son moteur cale au-dessus du café des Sports, puis frôlant les toitures, son aéroplane rebondit sur un acacia avant de s’échouer sur le jeu de boules. A Champirol, ne voyant pas revenir l’intrépide dame volante, commandant et capitaine de gendarmerie filent au galop, à travers champs, interroger bergers et fermiers. Les aviateurs la recherchent dans les prés vers Villars. Et pendant ce temps, les curieux en foule assiègent le café des Sports bien nommé. Si un brave homme, rescapé du crash fait embrasser son fils par la vertueuse aviatrice, d’autres moins fervents  à son égard, dépècent les toiles du monoplan afin d’y tailler des reliques… à dix sous la pièce…

 

Infirmière pendant la Grande Guerre, elle milite pour l’aviation sanitaire et fonde « les ailes qui sauvent »

Quand arrive la guerre de 1914-1918, comme on lui refuse de servir en escadrille, elle se déguise en homme et parvient, ainsi, à être incorporée, dans le 3e bataillon de chasseur alpin.
Sous le nom de 2e classe Beaulieu, elle découvre l’enfer des tranchées.
Mais à la suite d’une blessure, sa supercherie est découverte et elle quitte l’uniforme militaire pour celui d’infirmière.
Marie Marvingt crée l’avion-ambulance « Les ailes qui sauvent » et l’ouverture à Paris du 1er congrès de l’aviation sanitaire, le 10 mai 1929, couronne sa remarquable ténacité.

10 ans plus tard, en 1939, elle crée un centre d’accueil pour les aviateurs blessés et convalescents. Elle officie en tant qu’infirmière de l’air et invente un nouveau type de suture chirurgicale.
Elle devient vice-présidente des « Amis de l’aviation sanitaire » et présidente fondatrice de l’aviation sanitaire civile au Maroc.
Elle est aussi animatrice des « infirmières de l’air », journaliste, écrivain et conférencière. Pour vivre, elle donne plus de 3 000 conférences sur l’aviation sanitaire.
 

Octogénaire, encore cycliste et pilote d’hélicoptère mais dans le dénuement

Le 20 février 1955, pour ses 80 ans, accompagnée par un officier de l’U.S. Air Force, elle vole à bord d’un chasseur supersonique américain, au-dessus de Nancy.

Sa passion pour l’aviation reste intacte toute sa vie, puisque c’est en 1959, qu’elle obtient son brevet de pilote d’hélicoptère. En 1961, à 86 ans, elle fait la boucle de Nancy à Paris, à l’aller à vélo et au retour aux commandes d’un hélicoptère.

Se considérant « la gloire de Nancy », elle a cru bon de ne jamais travailler. Sa vie prestigieuse d’aviatrice, et ses multiples exploits sportifs sensationnels, la laissent, cependant, dans un grand dénuement. Elle est contrainte de reprendre, malgré son âge, quelque activité d’infirmière et pour manger de remplir, à l’occasion, son grand sac de sandwiches lors de cocktails organisés par la mairie de Nancy.

Et quand sa mort arrive, c’est dans son lit, en 1963, à 88 ans !

La Poste l’honore par un timbre en 2004

Sa devise : « Savoir vouloir c'est pouvoir ».

Les américains la considèrent à l’époque, comme « la femme la plus extraordinaire depuis Jeanne d’Arc ».

 

Sources :
Les pionniers du ciel forézien de Serge Granjon, éditions Osmose
Aviatrices, Un siècle d’aviation féminine française, Musée de l’Air et de l’Espace, éditions Altipresse
http://maxeville.voxdany.com.over-blog.com/article-marie-marvingt-la-gloire-de-nancy-et-de-maxeville--42977117.html

 

Marie MARVINGT

 
(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

En astrologie, d'où vient le goût de voler ? Pour en savoir plus : http://www.janinetissot.com/travaux/aviateurs.html


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