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Fille d’un comte polonais réfugié en France, féministe et journaliste, elle milite au cœur de la vie sociale et politique de son époque, briguant un poste de député, dans un temps où la femme n’a aucun droit civique.

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Paule MINK (ou MINCK)
Adèle Pauline MEKARSKI dite…

Née le 9 novembre 1839 à 2h du matin à Clermont-Ferrand 63 Puy-de-Dôme
Selon acte n° 801 – AD63 en ligne – 6 E  11375-1839 – vue 165/211

Décédée le 28 avril 1901 à Paris

 

 

Elle est d’ascendance noble par son père, Jean Népomucène Mekarski, cousin du roi de Pologne Stanislas II, réfugié en France en 1831 pour échapper à la révolution polonaise et sa mère Blanche Jeanne Cornelly de la Perrière est française.

Un de ses frères est l’ingénieur Louis Mékarski, inventeur du tramway à air comprimé portant son nom et utilisé dans de nombreuses villes françaises.

 

Son destin de militante s’affirme dans un Paris impérialiste

A 28 ans, elle monte à Paris. Nous sommes en 1867 et ce sont les dernières années du Second Empire.

Avec son tempérament critique, combatif, idéaliste, porté au débat d’idées, elle est faite pour combattre en faveur du petit peuple, des plus démunis, les ouvriers et les femmes. Tout naturellement, en pionnière féministe, on la retrouve à militer aux côtés d’André Léo, femme déjà aguerrie au combat socialiste et républicain. Paule Minck gagne alors sa vie par des petits boulots tels que professeur de langues, lingère…

Elle crée la Société fraternelle de l’ouvrière, une organisation mutualiste féministe révolutionnaire.

Elle participe à la Commune de Paris.

Dix ans avant les lois de Jules Ferry, Paule Minck, convaincue de l’importance de l’instruction pour tous, ouvre une école gratuite à l’église Saint-Pierre de Montmartre et, par ses talents d’oratrice, anime le Club Saint-Sulpice rive gauche.


Louise Michel entre Marie Ferré et Paule Minck

 

Avec Louise Michel, elle fait partie du Comité de vigilance de Montmartre, association liée de près à la Première Internationale (Association Internationale des travailleurs); ses membres sont proches du mouvement ouvrier socialiste, tendance marxiste et libertaire.

Etant en tournée de propagande, elle échappe à la Semaine sanglante en mai 1871 où plus de 20 000 communards sont tués par les troupes versaillaises de Mac Mahon.

Paule Minck s’exile en Suisse et correspond activement avec d’autre militantes féministes et franc-maçonnes, comme Marie Bonnevial.

De retour en France après l’amnistie des  Communards en 1880, elle donne des conférences et participe activement au Parti ouvrier français (POF), fondé en 1892 par le socialiste Jules Guesde, où elle réclame l’instruction civile, intégrale et identique pour toutes et tous..

 

Candidate aux législatives dans un temps où les femmes sont privées de droits civiques

Le Petit Journal – tiré à l’époque à un million d’exemplaire – signale cette candidature dans le VIe arr. de Paris :

…après avoir fait, par deux fois différentes, sa déclaration de candidature, [elle] a reçu de M. le préfet de la Seine une déclaration officielle lui disant qu'il ne peut accepter sa déclaration, les femmes n'ayant pas les droits de citoyen. Mme Paule Minck a décidé de passer outre et de faire quand même acte de candidat afin d'établir par des faits le principe de l'égalité de la femme. Hier soir, en effet, dans une réunion électorale tenue salle Octobre, l'assemblée, très nombreuse, a acclamé la candidature de protestation de la citoyenne Paule Minck. 

Journaliste, elle est l’un des principaux rédacteurs du journal La Cocarde fondé en 1894, par Barrès et publié jusqu’en 1895.

Elle collabore à la presse ouvrière La Revue socialiste créée par Benoît Malon ainsi qu’à  la revue féministe La Fronde fondée en 1897 par Marguerite Durand.

Lors de l’Affaire Dreyfus, elle s’engage aux côtés des dreyfusards.

Décédée en 1901, son incinération au cimetière du Père Lachaise est l’occasion d’une importante manifestation regroupant, socialistes, anarchistes et féministes, qui se termine par des affrontements avec la police

 

Sources documentaires : http://www.appl-lachaise.net/appl/article.php3?id_article=2801 et Wikipédia

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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