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Généralissime, remplaçant Joffre, son nom est lié à l’offensive du chemin des Dames en avril 1917 qui provoque la perte de 270 000 hommes en 6 semaines !

 

Robert Georges NIVELLE

né le 15 octobre 1856 à 23 heures (onze heures du soir) à Tulle Corrèze 19
(selon acte n°340)

décédé à Paris le 23 mars 1924

 

 

 

Polytechnicien brillant et bilingue mais trop bavard

Ce polytechnicien, officier français, est né d’une mère anglaise est bilingue.

Officier d’artillerie, il participe à l’expédition de Chine en 1900 puis sert en Afrique du Nord. Placé à la tête du 4e régiment d’artillerie en 1911, il se bat en Alsace et sur l’Ourcq au début de la Grande Guerre.

Nommé commandant de corps d’armée, il contribue par plusieurs contre-offensives à arrêter l’avancée des forces allemandes sur Verdun en 1916. On le nomme à la tête des armées du Nord et du Nord-Est, en remplacement de Joffre.

Parlant couramment l’anglais, il charme ses alliés britanniques.

Il décide de mettre fin à la « guerre d’usure » menée autour de Verdun. Il compte emporter la décision par des attaques frontales massives à l’abri d’un rideau de feu. Séduit, Lloyd George accepte de placer des troupes britanniques sous son commandement. Mais on prétend que garder un secret n’est pas le fort de Nivelle, et il aurait parlé de son offensive à des dames au cours d’un dîner. Il parle également de son projet aux journalistes (sans toutefois en exposer le plan précis). Comble de malchance, les Allemands saisissent un exemplaire de son plan d’attaque dans une tranchée qu’ils avaient conquise. Ainsi, l’offensive du chemin des Dames  qu'il déclenche au matin du 16 avril 1917, n’a donc aucun effet de surprise contre une très forte défense.

Ce lieu* si joliment nommé devient un désastre humain pour les poilus, face à une attaque allemande, très forte, bien informée, bien préparée par des abris bétonnés, creusés à 10 ou 15 mètres de profondeur, où sont cachées leurs mitrailleuses.

Les soldats français tombent par milliers et au soir de l’attaque, des régiments entiers ont disparu ! A la fin du 1er assaut, 40 000 français sont tombés sous les balles. Mais Nivelle s’obstine pendant 6 semaines.

 

Surnommé « boucher » du chemin des Dames, il est remplacé, disgrâcié puis réhabilité, une fois la paix revenue

La tuerie du chemin des Dames provoque des grèves et des mutineries parmi les soldats. Deux régiments entiers se révoltent. Nivelle, relevé de ses fonctions, est remplacé par Pétain en novembre 1917, toutefois la commission chargée d’étudier les causes de cet échec ne révèle point d’erreurs tactiques de la part de ce général.

Avec Pétain, la répression se maintient, 554 condamnations à mort sont prononcées. 49 soldats mutins sont exécutés. Cependant, il s’efforce par la suite d’améliorer le quotidien de ces combattants de 20 ans pour tenter d’enrayer le défaitisme.

Surnommé « boucher » dès les 1ers jours de la bataille du chemin des Dames, Nivelle voit sa disgrâce avérée quand il est nommé, loin du front, commandant en chef des troupes françaises d’Afrique du Nord. Mais la réhabilitation vient avec la paix puisqu’il est nommé au Conseil supérieur de la guerre et pour son éloge funèbre, André Maginot, ministre de la Guerre, lui rend hommage. Il est inhumé aux Invalides.

 

(*) Entre Cerny en Laonnois et Craonne, une crête s’élève, entre deux rivières, l’Aisne et l’Ailette. C’est là qu’au 18e siècle, Louis XV a fait ouvrir et entretenir un chemin qui permet à ses filles - les Dames de France – de regagner leur château de Bove. C’est là que se déroule l’offensive lancée par Nivelle.

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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