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La voix de Marianne Oswald reste inoubliable pour les jeunes auditeurs des années 1960 dans l’émission pour enfants « Les Beaux Jeudis ». Une chanteuse, actrice oubliée !

 

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Marianne OSWALD
Née Sarah Alice BLOCH

née le 9 janvier 1901 à 22h à Sarreguemines Moselle 57
Selon acte n°16 – Archives municipales de Sarreguemines

 Décédée le 25 février 1985 à Limeil-Brévannes Val-de-Marne

 

 

Des débuts de chanteuse dans les cabarets berlinois

Chanteuse, actrice, réalisatrice et scénariste

Une puissance rouge qui taraude… et dépasse le réalisme…

Par le geste et la voix, elle raconte les tensions de son époque

 

 

Des débuts de chanteuse dans les cabarets berlinois

Cette voix dont se souviennent les jeunes auditeurs sait se faire tour à tour brute et tendre.

Colorée au dialecte mosellan, elle donne de l’épaisseur et du relief au suspense.

A son écoute, l’enfant se laisse emporter à la découverte de mystères.

Le parlé-chanté de Marianne Oswald est taillé sur mesure pour le style Bertolt Brecht dont elle chante les chansons, notamment en 1932 dans le cabaret parisien Le Bœuf sur le toit.

Sa carrière de chanteuse débutée dans les cabarets de Berlin des années 1920, l’amène à rencontrer Jacques Prévert. Une fructueuse collaboration naît entre le poète et la chanteuse dès avril 1935.

Pendant l'été 1934, un fait-divers scandalise Jacques Prévert : une trentaine d'enfants s'étant évadés de la colonie pénitentiaire de Belle-Île-en-Mer en réponse aux violences des surveillants du réfectoire, l'administration propose une prime de vingt francs pour chaque enfant capturé ; les badauds et les touristes se joignent au personnel du bagne pour leur donner la chasse. Prévert réagit en écrivant d'une traite le poème Chasse à l'enfant, mis en musique par Joseph Kosma et enregistré par Marianne Oswald le 20 octobre 1936.

Ecoutez l'enregistrement sur YouTube en cliquant sur la photo :

Le film sur ce sujet imaginé par Jacques Prévert restera inachevé.

Pendant les grèves du Front populaire en mai et juin 1936, elle vient chanter pour les ouvriers qui occupent leurs usines.

C’est Oswald, le personnage qu’elle admire dans la pièce de théâtre Les Revenants qui lui inspire son nom de scène.

 

Chanteuse, actrice, réalisatrice et scénariste

Issue d’une famille juive originaire de Lorraine et d’Alsace, pour fuir le nazisme elle s’exile à Paris en 1931 où elle introduit dans la chanson française des techniques propres à l’expressionnisme allemand.

Orpheline à l’âge de 16 ans, elle est alors envoyée en pension à Munich.

Sa carrière d’actrice entamée en 1938 avec le Petit Chose, se poursuivra jusqu’en 1959.

Exilée aux États-Unis de 1940 à 1946, elle se produit dans les cabarets et à la Radio sous le pseudonyme de Marianne Lorraine.

Elle sera aussi réalisatrice en 1962 et 1975 et scénariste pour un court métrage de fiction en 1958.

Dans les années 1960, elle produit des émissions télévisées pour enfants et se fait animatrice dans l’émission Les Beaux Jeudis de Jacques Pauliac, dans la rubrique Terre des enfants.

 Lien vers l'archive de cette émission pour la jeunesse diffusée sur le poste radiophonique Paris-Inter (ancêtre de France Inter) le 29 septembre 1954 :


https://youtu.be/gY5aNcwjdMo

 

Une puissance rouge qui taraude… et dépasse le réalisme…

« Je suppose que c'est cette puissance rouge d'incendie, de mégot, de torche, de phare, de fanal, qui l'habite, cet acharnement de braise, cette chaleur de gaz d'acétylène, de magnésium et de lampe à souder, qui forment l'efficacité de cette chanteuse, de cette mime que bien des esprits repoussent, mais qui s'impose malgré tout. » ( Jean Cocteau  Mes Monstres sacrés - Encre 1979)

« Elle chante des chansons réalistes, cependant elle dépasse le réalisme, elle ne fait pas semblant, elle transpose, elle taraude l'âme humaine, elle dessine au burin. » (Louis Léon Martin, Petit Parisien, 10 décembre 1933)

Le décès de Marianne Oswald passe inaperçu en 1985.

 

 

 

Par le geste et la voix, elle raconte les tensions de son époque

Une actrice douée pour les rôles difficiles, complexes, dans un climat de grande tension : tel pourrait être l’aperçu du caractère de Marianne Oswald.

Les sujets profonds, sérieux, puisés dans la terre authentique du réalisme, sont faits pour elle. Elle se fait naturellement porte-parole des cause difficiles, comme par exemple, les grèves du Front Populaire en 1936, en allant au plus près du terrain chanter pour les ouvriers.

Ce climat tendu sujets aux affrontements est fait pour elle et suscite son inspiration. Sa voix et ses gestes s’appliquent à relater la tragédie et le suspense d’un moment.

Sa mémoire et son sang-froid naturel font le reste et lui donne la solidité pour se produire sur scène et devant les caméras.

Organisatrice exigeante, calculatrice et minutieuse, elle se fait aussi réalisatrice et scénariste.

Entre Capricorne et Vierge (secteur XII), cette actrice chanteuse a besoin de clamer et faire vivre les tensions qui l’habitent et qui habitent le monde environnant.

 

Elle taraude l’âme humaine au burin, selon la juste expression de Jean Cocteau.

 

Oubliée de l’histoire, cette artiste est sans doute venue pour raconter avec force son époque.

 

 


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