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Qu’il fascine ou agace, il est une figure littéraire de la fin du 19e siècle.
Ecrivain, critique d’art et occultiste, il se fait nommer aussi le Sar Merodack.

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Joséphin PELADAN
Né Joseph Aimé PELADAN dit Joséphin ou le Sar Merodack

 Le 28 mars 1858 à 2h du matin à Lyon 2e
Selon acte n°834 – Archives Lyon en ligne – 2 E 658

 Décédé le 27 juin 1918 à Neuilly-sur-Seine Hauts-de-Seine 92

 


Portrait de Joséphin Peladan

par Alexandre Séon (vers 1892),
Musée des Beaux-arts de Lyon.

 

A 26 ans « Le Vice Suprême » lui amène la célébrité

Par le vêtement et le verbe il aime faire sensation

Organisateur du Salon des Rose-Croix

Enseigner le monde avec l’étoffe du Sage

 

 

A 26 ans « Le Vice Suprême » lui amène la célébrité

Auteur d’une intense production, cet homme de lettres déclenche enthousiasme chez certains et grande irritation chez d’autres. Autant de réactions qui sont à la mesure de son esprit qui aime manier l’excès et la critique avec vigueur.

Pour ce fils de journaliste, issu d’une ascendance paysanne et commerçante, la célébrité arrive à 26 ans avec la publication de son roman Le Vice suprême en 1884. Il y prend le contre-pied du naturalisme de Zola qu’il nomme : ce Porc-Zola, ce pourceau qui est en même temps un âne » !

Ce livre empreint de romantisme et d’occultisme met en scène la lutte de forces secrètes acharnées à détruire l’humanité.

De son côté Jean Lorrain le nomme Le Pélican blanc.

Selon le symboliste Oswald Wirth :

Péladan, dont le savoir était plus brillant que solide, ne tarda pas à se dérober aux discussions qui le mettaient sur la sellette. (…) Il était alors grisé par le succès de son Vice Suprême et par la curiosité qu'il éveillait dans les salons, où il s'attachait à faire sensation.

Instruit très tôt à toutes sortes de connaissances par son frère Adrien, futur médecin et érudit, il prend le prénom de Joséphin et se pare du titre de Mage, puis de Sar (roi en assyrien) et du prénom babylonien Merodack, tout en arborant des tenues vestimentaires qui en font la cible prisée des humoristes et caricaturistes.

…« drapé d'un burnous noir en poil de chameau filamenté de fils d'or, en velours vieux bleu, botté de daim, et, comme Absalon (personnage biblique), chevelu […] la barbe ointe d'huile de cèdre » selon l’ouvrage de Christophe Beaufils à son sujet.

 

Par le vêtement et le verbe il aime faire sensation

Il hérite de surnoms tels que : Le Mage d’Epinal, le Sar dîne à l’huile, Platon du Terrail, ou le Sar pédalant. Quand Rodolphe Salis, ose le cruel Artaxerfesse, il est poursuivi par l’intéressé.

Critique d’art, écrivain prolifique et membre de la Rose-Croix,  Peladan s’oppose au matérialisme ambiant et vise à enlever la laideur du monde moderne. A ce titre, il est porte-parole du mouvement symboliste.

Pris de passion pour Wagner, il se rend à Bayreuth vêtu d’un habit blanc, d’une tunique bleu ciel, d’un jabot de dentelle et de bottes de daim, avec un parapluie retenu au côté par un baudrier. La veuve de l’illustre compositeur refuse de le recevoir ainsi, mais cela ne l’empêche pas de publier sur Wagner qu’il considère comme une thérapeutique pour désintoxiquer la France de son matérialisme.

Sans fausse modestie, il affirme :

J'ai conquis, à force de talents, peut-être de génie, le droit de ma pensée pleine, entière, et devant tous. J'ai six mille nuits durant valeureusement aimé la langue française ; je puis tout dire en français.

 

 


Le Portrait de Joséphin Peladan
par Alexandre Séon au Salon des Rose-Croix de 1892

 

Voici un portrait symbolique du personnage reflet de la candeur lunaire, narcissique du Cancer mais aussi drapé dans une austérité savante et réfléchie qui tend son regard vers le haut et la spiritualité.

 

Organisateur du Salon des Rose-Croix

En 1887, il contribue à fonder à Paris la première loge martiniste (courant de pensée ésotérique) et en 1888 il organise, le premier salon des Rose-Croix. Cet évènement connaît un très grand succès et soixante artistes y participent dont le sculpteur Antoine Bourdelle. Vingt-mille Parisiens s’y rendent ainsi que le Tout-Paris mondain et artistique.

Peladan prône la grandeur de l’art dans une IIIe République souvent trop mercantile.

Plusieurs salons de la Rose-Croix vont suivre de 1892 à 1897. Ce sont des évènements marquants de cette fin de 19e siècle, comme un symbole du renouveau de l’idéalisme et de l’orientation vers le spirituel qui anime les grands mouvements de l’art du début du 20e siècle.

Critique d’art très productif, il contribue à faire connaître en France l’œuvre de Léonard de Vinci.

En 1908, il reçoit le prix Charles Blanc de l’Académie française.

Puis avec l’âge, Joséphin Peladan renonce à ses outrances vestimentaires et dans la vénération de sa seconde épouse Christiane Taylor, il vit chichement de ses critiques d’art, avant de mourir quasiment oublié en 1918.

 

 

Enseigner le monde avec l’étoffe du Sage

Enseigner le monde et l’élever vers la spiritualité, voilà qui fonde la nature de ce Bélier Capricorne drapé dans l’étoffe du Sage.

Deux bonnes raisons de valoriser son tempérament martien prompt à se lancer dans la bataille avec pour arme un verbe incisif, mais aussi une curiosité affûtée pour percer les mystères de l’Invisible à travers ésotérisme et symbolisme.

Il lui faut être sur le devant de la scène et prendre de la hauteur d’esprit par rapport à ses contemporains, afin d’attirer sur lui l’attention par son savoir mais aussi par son apparence vestimentaire.

Il puise son inspiration dans l’originalité, le non-conformisme au service d’une mission humanitaire et moralisatrice qui élève vers le spirituel loin de la laideur du matérialisme.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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