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En 1865, ce maître-verrier révolutionne la production de la verrerie de Saint-Just pour fabriquer du verre de couleur soufflé à la bouche. Aujourd’hui encore, cette verrerie est l’une des trois au monde à produire des verres rares pour la restauration de lieux prestigieux

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Mathias PELLETIER
(Mathias André Pelletier)

Né le 30 août 1806 à 16 heures à Givors Rhône 69,
selon acte n°94 AD69 en ligne

Décédé le 8 novembre 1885 à 17 heures à Saint-Just-sur-Loire Loire 42

 


http://www.visitesloireforez.com/verrerie-de-st-just/

 

 

Acquéreur d’une verrerie de bouteilles il décide de produire des vitres en verre soufflé

Quand le 1er septembre 1865, la verrerie de Saint-Just-sur-Loire est mise en vente aux enchères, c’est Mathias Pelletier âgé de 59 ans, qui se porte acquéreur.

Avec ses quatre fils, il décide d’arrêter la production de bouteilles pour se consacrer uniquement à celle du verre de couleur coloré soufflé à la bouche. Il est expert dans cet art, car depuis trente ans, il le pratique aux Verreries Robichon puis à la verrerie de la Loire fondée à Rive-de-Gier.

Sa passion pour le travail du verre est sans doute héréditaire car sur son acte de naissance, son père André, se déclare ouvrier verrier à Givors.

Depuis son origine, la verrerie de Saint-Just, créée par l’Ordonnance du 24 mai 1826 du roi Charles X, est spécialisée  dans la bouteille champenoise. Ce site géographique, proche du charbon stéphanois et de la Loire convient bien pour produire du verre. Pour le fabriquer, le sable nécessaire est puisé dans le fleuve tout proche qui est alors navigable pour expédier ensuite les bouteilles vers les clients, quant à la houille, c’est la source d’énergie de l’époque pour chauffer les fours.

De 1826 à 1862, la verrerie connaît de successifs propriétaires sans parvenir à prospérer car tous persistent à produire des bouteilles avec le sable de la Loire, long à fondre et fournissant des tons noirs. Par contre, ce sable convient bien à la fabrication de verres à vitres.


 

Le vitrage de couleur apporte à la verrerie, prospérité et renommée

Ainsi, Mathias Pelletier et ses fils lancent la production du verre de vitrage et portent à 3 000 le nombre de teintes de verres de couleur. Ils retrouvent notamment d’anciens procédés de fabrication tels que le « rouge XIIIème » nommé aussi « rouge Pelletier ». A l’époque, le vitrail est en vogue même pour les habitations, et la restauration de vitraux organisée à l’échelle nationale.

Dès lors, le succès est immédiat et la qualité de sa production vaut à M. Pelletier, de nombreuses médailles lors d’expositions internationales d’arts décoratifs de Philadelphie, Vienne, Amsterdam, Anvers, entre 1873 et 1883. Quant au maître verrier lui-même, il obtient la croix de la Légion d’Honneur après une pétition de 300 verriers en sa faveur.

A l’époque, de vastes chantiers de restauration sont menés en France pour les cathédrales gothiques. Par ailleurs, l’Art Nouveau puis, l’Art Déco s’imposent dans le monde, notamment pour les verrières. C’est ainsi que la verrerie de Saint-Just acquiert une renommée internationale.

Au décès de Mathias Pelletier en 1885, l’usine est dirigée par ses fils Germain et Pierre sous l’appellation G. & P. Pelletier. Puis, en 1899, ils vendent la verrerie qui va connaître divers rachats avant d’entrer en 1960 dans le groupe Saint-Gobain.

 


 

Filiale de Saint-Gobain, la verrerie de Saint-Just est l’une des trois usines au monde à produire du vitrage haut de gamme

Aujourd’hui, la verrerie de Saint-Just demeure spécialiste du verre de vitrage soufflé à la bouche.

Selon l’expérience ancestrale, le cueilleur muni d’une canne d’acier puise de la matière en fusion puis la boule de verre modelée par le souffleur devient « manchon » transformé en cylindre translucide, puis fendu dans sa longueur et enfin, étendu pour devenir feuille de verre.

Il est vrai que le verre, une fois chauffé est une matière très malléable dont on fait ce qu’on veut… avec un savoir-faire que le verrier met au moins… 5 ans à acquérir !

La verrerie de Saint-Just fournit du verre haut de gamme pour des constructions ou restaurations de prestige à travers le monde.

Des artistes célèbres comme Marc Chagall, Henri Matisse, Fernand Léger ont utilisé le verre de Saint-Just dans leurs réalisations.

Quant à la restauration de monuments, on peut citer  la Maison-Blanche, l’Hôtel Matignon, la Tour d’Argent à Tokyo, la verrière du Grand Palais à Paris, ou des créations contemporaines pour Las Vegas ou Shanghai.

 

Des réalisations prestigieuses à travers le monde

Et quelques autres exemples de réalisations :

-         Château de Versailles, restauration de fenêtres et galerie des glaces

-         Restaurant Le Glamour à Saint Malo, coupole en vitrail

-         Eglise du Loppiano à Florence

-         Station RER la Défense à Paris

 

 

A proximité de la verrerie, se trouve l’atelier du vitrail où Denis Berger présente avec patience et passion toute la technique du vitrailliste.

 

Sources documentaires :

-         http://www.visitesloireforez.com/verrerie-de-st-just/

-         www.vitrail-saint-just.fr

-         http://www.saint-just.com/savoir-faire/

 

 

Mathias PELLETIER


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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