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Homme de lettres, grande figure du syndicalisme révolutionnaire et de l’anarchisme français au 19e siècle. Il développe les bourses du travail entre 1895 et 1901.

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Fernand PELLOUTIER

Né Fernand Léonce Emile le 1er octobre 1867 à 21h à Paris 17e
Selon acte n°2239 – Archives de Paris en ligne – V4 E 2046 – vue 26/31

Décédé le 13 mars 1901 à 11h du matin à Sèvres 78 Yvelines
Selon acte n°43 – AD78 en ligne

 

 

Météore dans le monde politico-syndical, ce théoricien du socialisme disparu à 34 ans, militant de l’autonomie ouvrière, a impulsé la création de 48 bourses de travail entre 1894 et 1901.

Initiateur et organisateur de 48 bourses de travail en 7 ans

La grève générale, un outil d’émancipation prolétarienne

Les œuvres de Pelloutier

Formidable propagandiste pour une classe ouvrière libre

 

 

Météore dans le monde politico-syndical, ce théoricien du socialisme disparu à 34 ans, militant de l’autonomie ouvrière, a impulsé la création de 48 bourses de travail entre 1894 et 1901.

Esprit rebelle dans une famille de tradition monarchiste, Fernand Pelloutier interrompt ses études après un échec au baccalauréat et devient journaliste en 1886.

Il a dix-neuf ans et le monde des idées politiques et de l’information l’attire particulièrement.

Séduit d’abord par les idées républicaines, il s’oriente ensuite vers le socialisme et adhère au Parti ouvrier de Jules Guesde.

Avec son ami Aristide Briand, il écrit une brochure intitulée De la révolution par la grève générale. Selon ces deux amis, une révolution sans violence avec une simple grève générale devrait suffire à renverser l’Etat bourgeois !

Fernand Pelloutier est ensuite attiré par les idées anarchistes (*), tout en critiquant la stratégie terroriste de François Koënigstein dit « Ravachol ».

 

Initiateur et organisateur de 48 bourses de travail en 7 ans

Elu secrétaire général de la Fédération des bourses du travail en 1895, il se consacre à leur développement. Et sous sa direction, leur nombre passe de 33 en 1894 à 81 en 1901. Pour les exploités, ces lieux paraissent plus pragmatiques et efficaces que les simples syndicats professionnels.

Pour Pelloutier la bourse de travail est l’expression du syndicalisme intégral. Pensée comme une organisation de solidarité, elle offre des services de mutualité : bureau de placement, caisses de solidarité, caisses de maladie, de chômage, de décès….

Outre l’aide pratique, elle comporte une bibliothèque pour permettre aux travailleurs de mieux comprendre leur situation par les lectures d’Adam Smith, Proudhon, Marx, Kropotkine, Zola, Bakounine…

Pelloutier y organise aussi des cours du soir. Il s’attache autant à développer les bourses qu’à maintenir leur autonomie dans le cadre de la Confédération Générale du Travail (CGT) fondée en 1895 à Limoges.

On considère que Pelloutier a réactualisé l’enseignement des philosophes comme Bakounine et Proudhon.

De santé fragile, il décède en 1901, dans le dénuement.

 

La grève générale, un outil d’émancipation prolétarienne

Pour Pelloutier, la grève générale est :

« Un mouvement, sinon violent, du moins actif, tendant à annihiler la résistance du capitalisme et de ses moyens de coercition : pour cela, il évitera de prendre la forme d'une insurrection, trop facilement réductible militairement, ou d'une épreuve de force financière qui verrait nécessairement la défaite du prolétariat.

Elle ne débouchera pas sur un pouvoir socialiste, mais sur une société de type absolument nouveau, reposant sur la libre association de producteurs.

C'est que la grève général devant être une révolution de partout et de nulle part, la prise de possession des instruments de production devant s'y opérer par quartier, par rue, par maison, pour ainsi dire, plus de constitution possible d'un « gouvernement insurrectionnel » d'une « dictature prolétarienne », plus de « foyer » à l'émeute, plus de « centre » à la résistance ; l'association libre de chaque groupe de boulangers dans chaque boulangerie ; de chaque groupe de serruriers dans chaque atelier de serrurerie ; en un mot, la production libre. »

 

(*) Appelé aussi libertaire, ce courant développé depuis le 19e siècle sur un ensemble de théories et de pratiques antiautoritaires et autogestionnaires pour l’organisation sociale.

 

Les œuvres de Pelloutier

  • Pelloutier Fernand et Pelloutier Maurice, 1900, La vie ouvrière en France, Paris : Schleicher frères, 344 p.
  • Pelloutier Fernand, 1921, Histoire des bourses du travail : origine, institutions, avenir (ouvrage posthume), Paris : Alfred Costes Editeur
  • Pelloutier Fernand, 1921, Les syndicats en France, Paris : éd. de la Librairie du Travail ; Nancy : impr. ouvrière de la région de l'est, 30 p.
  • Pelloutier Fernand, L'art et la révolte (conférence faite le 30 mai 1896) ; Choix d'articles à thème littéraire ; Le musée du travail, éd. établie et annotée par Jean-Pierre Lecercle, Paris : Place d'armes, impr.

 

Formidable propagandiste pour une classe ouvrière libre

Fernand Pelloutier est un formidable débatteur d’idées, de théories, afin d’aller vers une société équilibrée et harmonieuse permettant la libre expression de chacun.

Tribun démonstratif et convaincu, il s’attache à œuvrer pour libérer les travailleurs du joug du capitalisme.

Les contraintes, les obstacles qui paraissent fatalité incontournable, n’altèrent pas sa conviction humaniste et son ardeur idéaliste.

Le temps de sa courte existence, il vient éclairer d’un regard et d’une pensée visionnaires le monde ouvrier de son époque afin d’aller vers organisation sociale faite d’harmonie et de solidarité.

 

Pelloutier un utopiste nécessaire à son temps et à notre temps pour un monde plus humain !

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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