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Réputé pour ses sermons enflammés à Notre-Dame-de-Paris, excommunié en 1869 pour son libéralisme, il se marie en 1872 puis fonde l’Eglise Gallicane en 1878.

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Père Hyacinthe
Né Charles Jean-Marie LOYSON dit…

Le 10 mars 1827 à 4h du matin à Orléans Loiret 45
Selon acte n° 270 – Archives municipales d’Orléans en ligne – 2 E 109 – vue 97/504

 Décédé le 9 février 1912 à Paris

 

 

De la prêtrise en passant par La Trappe et le Carmel…

L’ardeur et la popularité de ses sermons évoquent Lacordaire

Même excommunié ce religieux trublion s’active encore à réformer l’Eglise

En paria rebelle mais rassembleur il ouvre la voie  d’une réforme pour l’Eglise catholique

 

 

De la prêtrise en passant par La Trappe et le Carmel…

Né d’un père recteur d’académie, il est ordonné prêtre en 1851 et devient enseignant au séminaire d’Avignon et de Nantes puis vicaire à Saint-Sulpice jusqu’en 1857 où il entre dans l’ordre des Dominicains à Flavigny.

Parti à Rome il s’enferme pendant deux ans à la Trappe, ordre monastique contemplatif régi par la règle de Saint-Benoît où prière, travail manuel et offices rythment les heures.

Revenu en France, il entre dans l’Ordre des Carmels en 1860 et prononce ses vœux. C’est alors qu’il adopte le nom de Père Hyacinthe.

 

L’ardeur et la popularité de ses sermons évoquent Lacordaire

D’emblée, il est remarqué pour ses sermons enflammés qui lui valent un grand succès notamment à Paris, auprès d’un auditoire élégant et mondain. Son éloquence originale et un peu théâtrale, son lyrisme exubérant et les sujets souvent scabreux qu’il se plaît à traiter, charment son assistance qui voit en ce moine un digne successeur d’Henri Lacordaire.

Choisi pour prêcher l’Avent à la cathédrale de Paris en 1864, son succès est tel qu’il est reconduit pendant cinq années. Outre son talent oratoire, le Père Hyacinthe traite de sujets souvent négligés par les prêtres de l’époque tels que l’amour conjugal, le mariage, la famille, la virginité, le rôle des courtisanes dans la société moderne, la paix, la guerre…

Ses prises de positions libérales et rationalistes contribuent à attirer les foules, toutefois le Père Hyacinthe irrite de plus en plus sa hiérarchie vaticane qui lui fait un rappel à l’ordre, suivie de l’excommunication majeure le 10 octobre 1869.

Son discours retentissant contre la guerre le 24 juin 1869 au Congrès de la Ligue de la Paix a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, d’autant plus que l’ardent prédicateur s’oppose au dogme de l’infaillibilité pontificale qui sera adoptée en 1870 au 1er Concile œcuménique du Vatican.

Quelques jours après, Félix Dupanloup – évêque d’Orléans – se croit bien inspiré d’adresser une lettre pompeuse au moine insurgé pour l’inviter à aller se jeter aux pieds du pape. La réponse du religieux contestataire se fait aussi brève que déterminée : « Ce que vous appelez une grande faute commise, je l'appelle un grand devoir accompli. »

 

Même excommunié ce religieux trublion s’active encore à réformer l’Eglise

Bien qu’excommunié, le père Hyacinthe en séjour à Rome reçoit la communion à la Basilique Saint-Pierre et continue à publier diverses lettres dans les journaux qui attirent sur lui l’attention publique. Rebelle aux deux absolutismes qui ont lourdement pesé sur l’Eglise : l’empire des Napoléon et le pouvoir temporel des papes, il veut contribuer au mouvement réformateur qui seul peut sauver l’Eglise catholique.

En 1872, dans une lettre publiée dans les journaux, il dit renoncer au célibat et considère que le mariage s’impose à lui comme une de ces lois de l'ordre moral auxquelles on ne résiste pas sans troubler profondément sa vie et sans aller contre la volonté de Dieu.

Charles Loyson, dit Père Hyacinthe, a 45 ans quand il se marie avec Emilie Jane Butterfield, veuve Meriman âgée de 39 ans. De cette union naîtra en 1873 un fils Paul Hyacinthe Loyson qui sera dramaturge.

Sa situation d’homme marié ne l’empêche pas de célébrer la messe et d’œuvrer par ses sermons entre Genève et Paris, au nom de sa parfaite catholicité, estimant que sa décision est un premier pas vers une réforme de l’Eglise.

En 1878, il fonde à Paris l’Eglise néo-gallicane, indépendante, soutenue par l’Eglise anglicane. Le gallicanisme est une doctrine religieuse et politique française qui vise à organiser l’Eglise catholique de façon autonome par rapport au pape.

Toutefois, en refusant la consécration de l’Eglise Anglicane, il condamne son mouvement à la marginalisation.

Pour avoir reçu le couple Loyson, l’abbé Arthur Mugnier est disgracié par l’archevêque de Paris.

Décédé à 85 ans le Père Hyacinthe est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

 


Tombe du Père Hyacinthe au cimetière du Père-Lachaise

 

« Agir comme s'il n'y avait au monde que sa conscience et Dieu. »
(épitaphe au Père Lachaise)

  

 

En paria rebelle mais rassembleur il ouvre la voie  d’une réforme pour l’Eglise catholique

On peut dire que le Père Hyacinthe a le don de l’art oratoire et l’aptitude à se placer en leader dans la communauté humaine.

Plein d’idées, il est ouvert à tous les dialogues et débats de la société de son temps. 

Avec combativité et détermination, sa puissance de conviction emporte son auditoire.

Porté par une haute spiritualité, ce révolutionnaire avant-gardiste prend à bras-le-corps les sujets de son temps sans crainte d’être provocateur, persuadé qu’il est d’avoir raison par avance et d’ouvrir la voie pour l’humanité à venir.

Les défis audacieux, même ceux perdus d’avance, stimulent son énergie combative et chevaleresque.

Religieux marié, il continue à célébrer la messe, une situation qui interpelle encore notre 21e siècle !  

 

 


(Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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