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à l’avant-garde de la modernité internationale, cette architecte designer et photographe contribue à mettre les avancées modernes au service du plus grand nombre.

 

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Charlotte PERRIAND

Née le 24 octobre 1903 à 3h du matin à Paris 1er
Selon acte n°637 –Arch Paris en ligne – 1N 1903_1 – vue 19/31

 Décédée le 27 octobre 1999 à Paris 7e

 

 

Précurseur de l’architecture d’intérieur avec Le Corbusier

Cette femme-architecte est un oiseau rare dans la France des années 1930

Son séjour en Extrême-Orient et au Japon inspire fortement son style

Charlotte Perriand : une femme de son temps, en avance sur son temps !

 

 

Précurseur de l’architecture d’intérieur avec Le Corbusier

Si l’architecture est un nom commun féminin, il est peu commun d’y trouver des femmes en ce début de 20e siècle.

Charlotte Perriand fait partie de ces rares.

Réputée figure majeure de l’histoire de la modernité, elle s’inspire de tout ce qui se fait de nouveau en Europe, au Japon, au Brésil, pour le proposer dans la vie pratique de tout un chacun.

Connue dès l’âge de 24 ans avec son Bar sous le toit dans son appartement-atelier de la place St Sulpice à Paris, elle débute une longue collaboration (1927-1937) avec Pierre Jeanneret et Le Corbusier. Ce dernier lui confie dans son agence, la responsabilité du mobilier et de l’équipement de l’habitation.

Éloignée de l’académisme architectural, Charlotte Perriand s’oriente vers le logement social qui est une urgence importante de l’entre-deux-guerres.

 


Siège pivotant (1927) Musée des Arts décoratifs, Paris

 

Cette femme-architecte est un oiseau rare dans la France des années 1930

Entre un père tailleur et une mère couturière pour la haute-couture, Charlotte porte en héritage un savoir-faire manuel qu’elle utilise sur des matières moins souples que le tissu.

Après cinq ans d’études, elle sort diplômée en 1925 de l’Union centrale des arts décoratifs qui vise à "réaliser du beau dans l’utile". C’est tout ce qui plaît à cette designer pragmatique qui conçoit du mobilier où entrent en jeu des matériaux divers, acier chromé, aluminium, verre, cuir, bois laqué, caoutchouc…

Ses œuvres, tables, tabourets et sièges pivotants, guéridons, meubles-casiers… sont présentées dans les salons et expositions nationales et universelles, notamment l’Équipement intérieur d'une habitation au Salon d'Automne de 1929.

Entre autres, elle dessine un studio-bar pour l’hôtel particulier des sculpteurs et décorateurs, Joël et Jean Martel.

Co-fondatrice en 1929 d’un mouvement d’artistes, architectes et décorateurs, l’Union des artistes modernes (UAM), elle entretient des liens étroits notamment avec les ateliers de Jean Prouvé à Nancy.

En 1931-1933, elle participe avec l’agence Le Corbusier à l’équipement de la Cité-refuge de l’Armée du salut et du Pavillon suisse de la Cité universitaire à Paris.

A cette époque, Charlotte Perriand fait partie des rares femmes à se faire un nom dans le monde de l’architecture.

Au Salon des Arts ménagers de 1936, elle propose la salle de séjour à budget populaire où le mobilier est accessible aux classes populaires touchées par la crise économique.

La même année, elle est chargée de transformer la salle d’attente du ministère de l’Agriculture. Par photomontage, elle illustre de façon pédagogique l’intérêt du progrès technique et de la politique agricole prônée par le gouvernement.

En 1939, elle rompt avec le parti communiste, estimant sa philosophie dévoyée suite au pacte germano-soviétique suivi de l’attaque de la Pologne et du déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale.

 

Son séjour en Extrême-Orient et au Japon inspire fortement son style

à partir des années 1940, son style s’inspire fortement de son long séjour en Extrême-Orient et au Japon où elle occupe une place privilégiée de conseiller à l'art industriel auprès du ministère du Commerce et de l'Industrie.

Dans ce pays, elle trouve réponse à ses idées architecturales populaires, fonctionnelles et économes et peut penser un mode de production destiné aux masses, avec une vision à l’échelle d’un pays.

Son influence se ressent encore dans le design d’après-guerre du Japon où elle a mené une série de conférences sur les arts décoratifs.

De 1955 à 1960, elle partage avec Jean Prouvé la direction artistique de la Galerie parisienne Steph Simon, Bd St-Germain, où leur travaux sont exposés.

En 1982, elle est avec Jean Prouvé dans le parrainage de la nouvelle école de design (l’ENSCI) créée en France.

 


Exposition Charlotte Perriand et le Japon, au Grand Palais 2008 – source Wikipédia

 

Entre 1967 et 1986, Charlotte Perriand participe à la conception de la station savoyarde des Arcs tant pour l’architecture que pour les aménagements d’intérieur. Aujourd’hui encore, cette architecture demeure futuriste.

L’art japonais l’inspire encore quand elle crée à 90 ans, L’Espace Thé de l’Unesco.

Charlotte Perriand mariée avec Jacques Martin, directeur des affaires économique de la France en Indochine, a une fille Pernette Perriand née en 1944 qui gère son héritage et ses droits.

 

 

Charlotte Perriand : une femme de son temps, en avance sur son temps !

Entre Balance et Vierge, Charlotte Perriand est une artiste pragmatique qui crée pour les besoins de son temps et au service des classes populaires.

La tension créatrice est son stimulant. En permanence, elle a besoin de relever des défis.

Avec une âme chevaleresque et nomade, il lui faut surmonter des obstacles, dompter la matière rigide, pour métamorphoser l’existant et le rendre pratique au quotidien.

Il lui est nécessaire d’être aux prises avec des matériaux durs pour les agencer et les travailler avec une marque personnelle artistique mise à la portée de la population modeste du pays, que ce soit en France ou pendant son séjour au Japon.

Aussi minutieuse qu’exigeante et idéaliste, elle excelle à créer dans la complexité de l’existant qu’elle remet en question au profit d’une modernité osée et révolutionnaire.

Par exemple, la station des Arcs conçue il y a près d’un demi-siècle a encore des allures futuristes.

Telle est la puissance créatrice et métamorphosante de Charlotte Perriand, « une égérie » qui a marqué l’architecture du 20e siècle.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 

En astrologie, d'où vient le goût pour l'architecture ?
Pour en savoir plus, suivez le lien :
https://www.janinetissot.com/2019/11/12/les-architectes/

 

 

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