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Le virtuose de la guitare, l’inventeur du « jazz manouche »

 

Django REINHARDT
(né Jean Reinhardt)

Né le 23 janvier 1910 à 15 heures en Belgique, à Liberchies (Pont à Celle)
(source : Didier Geslain acte n°2, PFA n°8 août 2003)

décédé le 16 mars 1953 à 16h à Fontainebleau 77 (acte n°155)

 

 

Une enfance en roulotte où il découvre le plaisir de « faire de la musique »

Issu d’une famille de gitans manouche, nomades habitués à traverser l’Europe de part en part, il naît dans une roulotte en Belgique, au hasard des déplacements de ses parents, qui se fixeront plus tard à Paris.

Dès 10 ans, fasciné par le banjo de son oncle, il joue ensuite du violon avant de s’adonner à la guitare avec une dextérité hors du commun.

Il observe aussi les musiciens de passage au campement.

Dès 13 ans,  il court déjà le cachet en jouant dans les bars et bals de Paris ainsi que dans les demeures de gens aisés.

Sa virtuosité est telle qu’il est vite reconnu et, en 1928, grâce à l’accordéoniste Jean Vayssade, il enregistre son 1er disque. Ne sachant ni lire ni écrire, même pas son nom, il est inscrit « Jiango Renard, banjoïste ».

Bientôt, le  chef d’orchestre Jack Hylton lui propose un engagement pour une tournée de musique populaire.

 

Un fâcheux accident  du destin le pousse à inventer une nouvelle technique guitaristique.

Juste avant le départ du groupe, le 26 octobre 1928, l’incendie accidentel de sa caravane le blesse sérieusement à la main gauche. La cicatrisation très difficile entraîne près de 18 mois d’hospitalisation. Django perd l’usage de 2 doigts et les médecins prédisent qu’il ne pourra plus jouer.

Pour se rééduquer, il y a la guitare qu’il gratte sans relâche. Pour cela, il développe une technique qui n’emploie que 2 doigts et le pouce de sa main gauche.

Puis, découvrant la musique de Duke Ellington, Joe Venuti, Eddie Lang ou Louis Armstrong, il a un tel choc, qu’il décide de consacrer sa vie à jouer du jazz.

 

Le rêve américain lui laisse un goût d’amertume.

Avec Stéphane Grapelli, en 1934, ils fondent le « Quintette du Hot-Club de France ». Les 5 musiciens (dont son frère Joseph dit « Nin-Nin », Roger Chaput et Louis Volat)  inventent une musique innovante qui remporte un grand succès.

Suivent de nombreux disques et des tournées en Europe avec les plus grands musiciens de l’époque tels Coleman Hawkins, Benny Carter, Rex Stewart. Django, autodidacte et incapable de lire la musique, a une maîtrise à toute épreuve qui force le respect de ses pairs.

Dès la fin de la guerre, il est l’un des premiers en France à comprendre le be-bop, cette révolution du jazz venue des USA et portée par Parker et Gillespie.

Le Hot-Club de France reprend ses enregistrements et tournées qui l’amènent à jouer avec Duke Ellington. Celui-ci l’intègre dans son groupe au USA, mais Django n’y trouve pas vraiment sa place et, lui l’homme nomade, peine à s’habituer à la discipline des Big-Band. Pourtant son passage sur scène fait toujours sensation, lui, la seule vedette de jazz non américain.

 

Le renouveau en France avec les meilleurs du be-bop, puis sa mort prématurée immortalise sa légende pour tous les amoureux du jazz.

En 1951, il s’installe près de Fontainebleau et dès lors, il retrouve la passion de la guitare et son jeu plus inspiré que jamais, le place, à nouveau, à l’avant-garde du jazz.

Avant de s’engager dans les légendaires tournées du « Jazz at the Philharmonic », Eddy Barclay lui fait enregistrer huit titres. Ce sera la carte de visite pour les amateurs américains. Ces 8 morceaux resteront dans l’anthologie du jazz dont s’inspireront, des décennies durant, les guitaristes du monde entier.

Le 8 avril 1953, Django enregistre, un disque avec quelques musiciens dont Martial Solal au piano. Ce sera son dernier enregistrement.

La mort l’emporte prématurément le 16 mai 1953 (hémorragie cérébrale).

 

Django disparu à 43 ans reste un symbole pour le monde des tziganes et demeure l’un des meilleurs guitaristes de jazz.

3 de ses descendants sont guitaristes : son fils Lousson Reinhardt (d’un 1er mariage), Babik Reinhardt (d’un 2e mariage) et le fils de ce dernier, David. 

Une place du 18e arrondissement de Paris vient d’être baptisée à son nom, à l’occasion du 100e anniversaire de sa naissance.

 

 


(
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