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Militante socialiste, femme de lettres, grand-mère de Gauguin, initiatrice du féminisme en France et l’une des figures majeures du débat social des années 1840 où émerge l’Internationalisme.

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Flora TRISTAN
Flora Célestine Thérèse Henriette Tristán y Moscoso

Née le 7 avril 1803 à Paris

Décédée le 14 novembre 1844 à 22h à Bordeaux 33 Gironde
Selon acte de décès n°1094 - AD33

 

 

 

Symbolise la dure condition féminine en ce début du 19e siècle

Après l’échec de son mariage, elle se fait militante socialiste

Chevaleresque, humaniste et idéaliste, stimulée par l’épreuve

 

 

Symbolise la dure condition féminine en ce début du 19e siècle

Flora répand la légende qui veut qu’elle serait le fruit d’une aventure de sa mère avec l’homme politique Simon Bolivar. Elle prétend aussi avoir pour ascendance un souverain de l’empire aztèque du 15e siècle.

Elle est en réalité, la fille d’un noble péruvien et d’une petite bourgeoise parisienne émigrée en Espagne pendant la Révolution, mais qui ne se marient pas.

Est-ce à partir de ces affabulations que le philosophe, historien, biographe, Henri Perruchot la qualifie de profiteuse et de mégalomane ?

Orpheline de père à 5 ans, ce coup du sort semble affecter définitivement la fillette. Dès lors, pour sa mère les difficultés financières sont telles qu’à 17 ans, la jeune fille est mariée à un graveur André Chazal, le frère de son patron.

Flora Tristan va connaître grandeur nature, la dure condition réservée en ce 19e siècle à la femme qui, au regard du code civil, est une incapable juridique, soumise à l’autorité du père puis du mari, sans droit de vote.

Son mariage se révèle vite un échec, avec un mari violent et jaloux tandis que Flora est elle-même emportée et impulsive. Flora se sent une âme rebelle et militante face au statut social réservé à la femme. Pour s’évader de cette condition, elle lit Rousseau, Lamartine, Madame de Staël.

Femme battue, humiliée, séquestrée, elle parvient à fuir son mari en 1925. Malgré menaces et voies de fait, elle ne reprend plus jamais la vie commune. Et le couple va se déchirer pendant des années pour la garde de leurs trois enfants dont l’une Aline deviendra la mère du peintre Paul Gauguin.

Elle se rend au Pérou, en 1833, pour se faire reconnaître par sa famille paternelle mais comme ses parents n’étaient pas mariés, elle est vue comme une bâtarde et ne peut prétendre à l’héritage de son père décédé. C’est ce qui l’amène à écrire son premier ouvrage : Pérégrinations d’une paria.

Puis elle publie Promenades dans Londres en 1840 où elle fait l’éloge de l’écrivain féministe Mary Wollstonecraft.

En 1838, André Chazal, qui lui perfore le poumon gauche d’un coup de pistolet, est condamné à vingt ans de prison. Les juges accordent à Flora la séparation de corps car le divorce est interdit depuis 1816.

 

Après l’échec de son mariage, elle se fait militante socialiste

Ces évènements poussent Flora à militer toute sa vie, en faveur du droit des femmes à divorcer.

Elle s’investit aussi dans le débat social des années 1840 où apparaît le socialisme utopique européen - précédant Marx et Engels - .

Sa conviction humanitaire s’appuie sur un sentiment religieux et mystique inspiré d’un christianisme social qui s’inscrit dans la perspective de progrès et de foi dans l’homme et la technique.

C’est ainsi que pour répandre ses idées, elle se lance en 1843, dans un tour de France à la manière des apprentis-compagnons, à la rencontre des femmes et des hommes ouvriers à travers la France. Mais ce voyage restera inachevé car elle décède de la fièvre typhoïde le 14 novembre 1844 à Bordeaux au domicile d’Elisa et Charles Lemonnier.

Souvent considérée comme une pionnière du féminisme militant, elle-même  se désignait, aristocrate déchue, femme socialiste et ouvrière féministe.


Timbre poste émis en 1984

 

Chevaleresque, humaniste et idéaliste, stimulée par l’épreuve

Flora Tristan est une femme conquérante, naturellement motivée pour faire avancer la cause du féminisme qui s’offre à elle comme l’enjeu de sa vie. Elle a pour cela le sang-froid et une combativité ardente éprise d’un idéal.

Se trouver aux premières loges d’une situation conflictuelle qui la met dans un statut d’humiliation et de dévalorisation est aussi son lot.

Aller à la rencontre de ses compatriotes de misère est nécessaire pour cette femme à l’esprit chevaleresque qui a besoin de s’imprégner de leur réalité pour nourrir sa détermination. 

En l’absence d’heure de naissance, difficile d’aller d’en dire davantage sur le caractère de cette pionnière humaniste.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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