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Première maîtresse officielle de Louis XIV, la douce et naïve Louise sera supplantée dans le cœur du roi par la Marquise de Montespan. Elle passe ensuite trente-six ans de sa vie dans un couvent de Carmélites.

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Louise de La VALLIERE
Née Françoise Louise de La Baume Le Blanc Duchesse de La Vallière et de Vaujours

le 6 août 1644 à Tours 49 Maine-et-Loire

décédée à Paris le 6 juin 1710

 

 

Archiduchesse entrée à la cour de Versailles à 17 ans

Paravent de l’idylle du roi avec sa belle-sœur

Louise installée dans un relais de chasse pour éviter le scandale

Favorite officielle supplantée en 1666 par la Marquise de Montespan

Cohabitation et humiliations avant de choisir le couvent en 1670

De l’amour royal à l’amour divin…

Amante candide et intimiste, son refuge est dans les bras de Dieu

 

 

Archiduchesse entrée à la cour de Versailles à 17 ans

Louise a 17 ans quand elle entre pour la première fois à Versailles en 1661, comme demoiselle d’honneur auprès de l’épouse du duc d’Orléans, frère unique du roi.

Fille d’un militaire et d’une riche veuve, son enfance est celle d’une châtelaine éduquée avec des princesses de son âge, issues de l’entourage du troisième époux de sa mère proche de la famille du duc d’Orléans.

On  la dit charmante mais sans éclat particulier tant par le physique que l’esprit. Affligée d’un léger boitillement, elle est cependant une danseuse gracieuse et une cavalière émérite.

 

Paravent de l’idylle du roi avec sa belle-sœur

Cette jeune blonde au teint lumineux est remarquée par Louis XIV qui lui envoie des billets doux. De son côté, follement éprise, Louise y répond avec flamme et empressement.

En réalité, le monarque, déjà détaché de sa docile épouse Marie-Thérèse d’Autriche, lorgne du côté de sa belle-sœur, l’épouse du duc d’Orléans. Comme cette idylle naissante alarme grandement l’entourage familial du roi, il faut chercher un paravent pour dissimuler cette liaison.

Les amants conviennent que ce paravent sera Mademoiselle de La Vallière, qui sera habilement poussée dans les bras du monarque.

 

Louise installée dans un relais de chasse pour éviter le scandale

Louise ignore le stratagème. Elle croit le roi sincère, et s’en trouve enchantée.

Mais Louis XIV se laisse prendre à son propre jeu. Il est séduit par les talents d’écuyère et de Diane chasseresse du « paravent », par sa culture livresque et littéraire, son goût pour le chant, la musique, la danse. Et Louise, jeune fille candide, innocente et sincère, passe au statut de maîtresse du roi Soleil.

La liaison même discrète devient vite un potin connu de toute la cour. Les dévots et les ecclésiastiques sont en colère. Quant à la belle-sœur et amante déchue, la duchesse d’Orléans, l’amertume lui dicte force sarcasmes.

Pour éviter le scandale et ménager sa mère Anne d’Autriche, le roi installe Louise dans un petit château - relais de chasse – près de Saint-Germain-en-Laye dans la forêt de Versailles.

Le monarque y donne en 1664 une de ces fêtes dont il raffole : une splendide fête, où les talents de Molière et Lully y excellent en pièces de théâtre et ballets. Quand le roi les dédicace officiellement à sa mère et à la reine, la cour se gausse et ragote, sachant bien que c’est l’amante Louise qui en est la destinataire officieuse.

Entre 1663 et 1667, Louise aura quatre enfants du roi dont les deux derniers seront légitimés.

 


De l’enchantement des fêtes au désenchantement

 

Favorite officielle supplantée en 1666 par la Marquise de Montespan

Après le décès de sa mère en janvier 1666, Louis XIV affiche publiquement sa liaison.

Cela déplaît infiniment à Louise qui préfère la tendresse royale en aparté plutôt que cette publicité fastueuse au su de toute la cour.

Mais voilà bientôt que se profile la resplendissante et irrésistible Marquise de Montespan. Subjugué par ses appâts, le roi veut en faire sa maîtresse : une beauté à montrer à tous les ambassadeurs, selon les propos de Madame de Sévigné.

En mai 1667, Louise est fait duchesse de La Vallière et de Vaujours et sa fille Marie-Anne est légitimée.  Aux yeux de tous, c’est le cadeau de la disgrâce.

En effet, le roi tout accaparé par la Marquise de Montespan, ne se résout pas à rompre avec Louise.

En reconnaissance de l’amour sincère qu’elle lui porte ?

Pas vraiment !

En fait, encore une fois, Louise va servir de paravent pour cacher au public les amours du roi avec cette femme mariée qu’est la Marquise de Montespan.

 

Cohabitation et humiliations avant de choisir le couvent en 1670

C’est ainsi que débute une longue période de cohabitation entre les deux favorites qui voyagent en compagnie du roi et avec la reine Marie-Thérèse d’Autriche. Ce qui fait dire au peuple goguenard ou affligé : Le roi promène les trois reines.

Cet imbroglio sentimental n’empêche par le monarque de s’enticher au passage de la Marquise de Ludres.

Louise, sincèrement éprise du roi et pour regagner son cœur, supporte toutes les humiliations infligée par la Montespan, nouvelle favorite.

En 1670, après une maladie où elle manque de mourir, Louise s’en remet à la religion. Elle écrit d’émouvantes Réflexions sur la miséricorde de Dieu.

 

De l’amour royal à l’amour divin…

Entrée au Carmel du faubourg Saint-Jacques, elle y devient Sœur Louise de la Miséricorde, après avoir fait des excuses publiques à la reine Marie-Thérèse. Ce qui fait grand émoi à la cour.

Elle prononce ses vœux perpétuels le 3 juin 1675.

Au couvent, elle reçoit plusieurs fois la visite de la reine, de courtisans et même de sa remplaçante dans le lit du roi.

Au temps de sa splendeur dans l’aréopage du roi, Louise de La Vallière portait une cravate à large nœud flottant, souple, fait d’étoffe grise couleur de la famille La Vallière. C’est ainsi que le nom de La Vallière devient commun pour désigner cet accessoire vestimentaire.


Une Lavallière ou La Vallière

 

Amante candide et intimiste, son refuge est dans les bras de Dieu

Si la vie festive et brillante de la cour royale lui plaît, Louise est cependant une femme intimiste, cultivée, discrète et réservée côté affection. Ainsi, quand Louis XIV rend leur liaison publique, elle en est contrariée.

Le goût des voyages et déplacements lui fait apprécier l’équitation et elle se fait Diane, à la fois sobre et fière.

Douce, candide et imaginative, la vie à Versailles lui apporte, un temps, le merveilleux dont elle rêve telle une Belle au Bois Dormant. 

La spiritualité source de beauté intérieure lui paraît ensuite un sort enviable, ayant épuisé les mirages des fastes et divertissements royaux. Délaissant, le clinquant et les frivolités, elle se met alors définitivement au service de l’Amour Divin.

 

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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