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Botaniste, astronome, géographe, naturaliste, alpiniste et mécène, il fonde au mont Blanc, en 1890,  le 1er observatoire-refuge à 4 365 m. Il fixe en 1924, l’altitude du mont Blanc à 4 807m, après de nombreux relevés scientifiques

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Joseph VALLOT

(Henry Marie Joseph VALLOT)

né le 16 février 1854 à 13 h à Lodève Hérault 34
(selon acte n°38 AD34 en ligne)

Décédé le 11 avril 1925 à Nice A.M. 06


 

 

Issu d’une famille fortunée, il peut se consacrer à sa passion, la botanique

Bien né et fortuné, la richesse de sa famille le dispense d’exercer une activité rémunérée et ainsi il se consacre à sa passion, la botanique. Il étudie la flore parisienne et pyrénéenne.

Son esprit curieux, d’avant-garde et très éclectique le porte à s’intéresser à des domaines très divers. C’est ainsi qu’il rédige de nombreux ouvrages, traitant de météorologie, géologie, médecine et botanique. Cette diversité de centres d’intérêt le rend suspect d’amateurisme au regard de la communauté scientifique de son époque, qui refusera toujours de le considérer comme l’un des leurs. Tout au plus, le considèrera-t-elle comme un homme riche se distrayant avec la science.

Pourtant ses travaux en botanique, glaciologie, géologie, photographie, médecine, physiologie, cartographie, alpinisme, météorologie, spéléologie sont reconnus comme ayant un intérêt scientifique important. D’ailleurs à ce titre, il reçoit de hautes récompenses, notamment en 1897, le Grand Prix des sciences physiques de l’Académie des Sciences.

 

Ce méridional, tombé amoureux du mont Blanc, en fait son terrain d’observations

Vallot découvre le Mont Blanc en 1875, à l’occasion d’un déplacement de la Société Géologique et c’est un véritable coup de foudre. Devenu membre du Club Alpin Français en 1880, il réalise une première ascension du Mont Blanc en 1881 et deux autres en 1886. Ces ascensions lui permettent de réaliser que l’étude de certains phénomènes ne peut être faite que grâce à des séjours prolongés.

De la vie en haute altitude, on ne connaît alors que les quelques observations scientifiques menées par le naturaliste genevois Ferdinand de Saussure. Tout reste encore à découvrir en ce temps où les médecins estiment dangereux voire mortel de s’endormir à des hauteurs pareilles.

On peut songer aux mises en garde sévères que l’alpiniste Henriette d’Angeville a dû braver avant d’aller tâter de son bâton ferré la tête du Mont Blanc, en 1838. Cinquante ans plus tard, des « spécialistes » pensent encore que : ce genre de gymnastique musculaire et pulmonaire peut provoquer des commotions organiques aux répercussions fatales dans la constitution.

On peut supposer que Vallot, avec son âme de précurseur, oublie vite ces billevesées d’ignorants savants. En effet, en 1887, pour prouver qu’il est possible de vivre, dormir, manger et travailler à une si haute altitude, avec ses guides il passe trois jours et trois nuits sous une tente au sommet du Mont Blanc. Leur retour déclenche un accueil triomphal. Et la même année Vallot fait 5 fois l’ascension.

 


http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Mont_Blanc_photo_aerienne.jpg

 

Au mont Blanc en 1890, il fonde le 1er refuge-observatoire, agrandi à plusieurs reprises

Puis lui vient l’idée de construire un refuge-laboratoire sur le site du rocher des Bosses situé à 450m en dessous du sommet. Pour cela, il négocie avec la municipalité de Chamonix et la compagnie des guides. Au final, la municipalité participe pour 800 francs, la compagnie des guides pour 200 francs et le reste, 5 500 francs, est apporté par Vallot lui-même.

Pour monter à dos d’homme le matériel nécessaire à cette cabane, même rustique et aux dimensions modestes (5mx3m), il faut  110 guides et porteurs et 8 jours durant où chacun porte de 15 à 30 kg. Réalisé à une altitude de 4 362m, ce premier observatoire pluridisciplinaire, le plus haut du monde, est achevé fin août 1890. L’année suivante, Vallot agrandit son refuge portant le nombre de pièces de 2 à 6, puis deux autres pièces sont ajoutées en 1892.

 

Dès 1891, la communauté des scientifiques relève le défi et construit à son tour, sous la conduite de l’astronome Jules Janssen, un « observatoire de l’Etat » au sommet même du Mont Blanc. Quand cette équipe est accueillie à l’observatoire Vallot, ce dernier, fin connaisseur des lieux, estime que leur observatoire va s’enfoncer dans la neige et disparaître à moyen terme. En effet, il s’abîme rapidement et démonté en 1910, ses planches servent à… chauffer le refuge Vallot !

Dès 1893, Joseph Vallot se consacrant uniquement à la recherche scientifique, veut éviter la gêne des touristes et pour cela construit un 2e refuge « la cabane Vallot » à 4 365m dédiée aux guides et ascensionnistes. Il ne sera remplacé par un refuge plus vaste du Club Alpin Français qu’en 1938.

Pendant près d’un an, Vallot séjourne dans son refuge-observatoire, étudiant la marche des glaciers et le mal des montagnes.

 

En 1898, en raison des congères de neige, il fait reconstruire son observatoire, 15m plus bas, en bordure d’une pente facilitant l’évacuation de la neige.

Doté de pièces plus vastes mais moins nombreuses, l’observatoire est décoré selon l’imagination hors normes de son mécène : salon chinois meublé d’un canapé incrusté de nacre, de tapis brodés, de meubles laqués et de bibelots précieux ! Ce salon est reconstitué dans le Musée alpin de Chamonix qui, par ailleurs, conserve de nombreux documents concernant ce précurseur.

Passionné de photographie, Vallot ramène de nombreux clichés remarquables de ses expéditions en montagne.

Il fait partie des fondateurs de la commission de topographie alpine qui deviendra avec son cousin l'ingénieur Henri Vallot, le fleuron du Club Alpin.

C'est avec lui que Joseph Vallot va collaborer pour réaliser, à partir de 1892, la carte au 1/20 000ème  du massif du Mont Blanc, œuvre méritoire à une époque où l’on ne dispose pas encore  d’avion, d’hélicoptère ou de satellite.

 

Retraité à Nice, il s’efforce de trouver repreneur pour son observatoire…

Jusqu’en 1914, Joseph Vallot, par son engagement généreux va permettre à des équipes de scientifiques d’investiguer en hydrologie des glaciers, physique de l’atmosphère et de la terre, physiologie de l’altitude.

Mais l’Etat refuse de reconnaître l’utilité publique de son observatoire. C’est pourquoi, après la Grande Guerre, il décide de l’offrir, avec une forte somme, à l’Académie des Sciences, mais la noble institution jugeant la somme insuffisante, refuse !

Et ce n’est qu’en 1924, qu’il trouve une riche Américaine pour s’intéresser à son œuvre.

 

A présent, le refuge Vallot appartient au CNRS et accueille uniquement des scientifiques étudiant la physiologie (étude des comportements) en altitude. Il s’y trouve encore le matériel de météorologie de Joseph Vallot.

Joseph Vallot, qui a escaladé 34 fois les pentes du mont Blanc, se retire à Nice car son âge et sa santé lui interdisent la haute-montagne. Il décède à Nice le 11 avril 1925 puis il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

 

A noter que sa fille Madeleine détient, à son époque, le record des ascensions du mont Blanc.

 

Novateur dans l’âme, Vallot a travaillé aussi sur un projet de train qui devait amener les touristes au sommet du mont Blanc ainsi que sur le 1er projet du téléphérique de l’aiguille du Midi, dont la 1ère section inaugurée en 1924, constitue le premier téléphérique de France.

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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