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Maréchal de France, génial homme fort des fortifications, auteur d’une œuvre gigantesque, traitant tous les sujets avec lucidité et liberté de pensée, il est parmi les grands esprits de son siècle

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VAUBAN

Né Sébastien le Prestre, marquis de Vauban

baptisé le 15 mai 1633 à St-Léger-de-Foucheret, auj. Saint-Léger-Vauban Yonne 89
source : acte de baptême aimablement transmis par « Les Amis de la Maison Vauban »

décédé à Paris en 1707


Vauban, avec sa cicatrice sur la joue gauche reçue au siège de Douai.

Tableau attribué à Hyacinthe Rigaud.

 

Cet homme a des airs de Louis XIV par sa coiffure, sa mise et son maintien. Pendant 25 ans, il est commissaire général des fortifications (1678-1703) et il dote le royaume de France d’une ceinture de citadelles qui rend le pays quasiment inviolé durant tout le règne du Roi Soleil.

Qu’aurait été le rayonnement du grand monarque sans ce Maréchal aux multiples talents ?

Ingénieur et architecte militaire, il se fait également fin stratège, urbaniste, hydrographe, statisticien, économiste, agronome, fantassin, penseur politique, ingénieur des poudres et salpêtres et des ponts et chaussées, topographe, cartographe, réformateur de l’armée, penseur politique…


Tour Vauban à Camaret

 

Il est en quelque sorte le Léonard de Vinci français du Grand Siècle !

Né d’Urbain Le Prestre, écuyer, seigneur de Vauban et d’Edmée de Carmigny, il appartient à une famille de petits gentilshommes pauvres du Morvan. Toute sa vie, il restera un rural et un soldat.

Il se destine à la carrière militaire et devient officier de génie. Amené au service du roi par Mazarin, il n’a que 22 ans quand il reçoit le brevet d’ingénieur du roi en 1655.

Il se marie en 1660 avec Jeanne Dosnay dont il a deux filles.

Il devient brigadier d’infanterie en 1674 et maréchal de camp en 1676. C’est alors que Vauban propose le système de fortifications et de défense des places qui fait sa renommée. Remarqué par Louis XIV, celui-ci comprend vite l’intérêt de s’attacher un tel génie et le nomme officiellement commissaire général des fortifications le 4 janvier 1678.

A cette époque, plutôt que d’attaquer l’ennemi pour le battre en rase campagne, les armées passent souvent des mois entiers à faire le siège des villes fortifiées. Vauban construit le long des frontières des fortifications à double ou triple enceinte avec des bastions en saillants et en redans faciles à défendre et pratiquement inaccessibles aux assaillants.

En fait, la stratégie de l’ingénieur consiste à gagner du temps, en obligeant l’ennemi à immobiliser des effectifs dix fois supérieurs à ceux de l’assiégé.


Citadelle de Besançon

 

Bâtisseur infatigable, il donne au pays une « ceinture de fer »
pour protéger le « pré-carré » par des citadelles

Vauban déploie une intense activité pour concevoir, construire ou améliorer plus de 180 places fortes qui protègeront efficacement le royaume de France jusqu’à la fin du 18e siècle, à la seule exception de la citadelle de Lille.

Sa philosophie est de limiter les pertes humaines en protégeant l’approche par la construction de nombreuses tranchées, ce qui lui vaut d’être moqué par les courtisans mais soutenu par le roi.

Il construit aussi des grands ports tels Dunkerque, Rochefort, Brest, des canaux et l’aqueduc de Maintenon.

A défaut d’une esthétique raffinée, ses ouvrages utilitaires dégagent une majestueuse noblesse. L’architecte militaire sait allier une nécessaire sobriété à ce qu’il faut d’ornement pour souligner le prestige de la France.

En 1695, il est grand-croix de l’Ordre de Saint-Louis et en 1705, reçoit le bâton de Maréchal de France.

A son époque, Vauban est apprécié et on reconnaît en lui un homme lucide, franc et direct refusant la représentation et le paraître qui sont pratiques courantes à la cour de Louis XIV.

Dans une lettre au ministre de la guerre Louvois, il écrit :

… je préfère la vérité, quoi que mal polie, à une lâche complaisance qui ne serait bonne qu’à vous tromper, si vous en étiez capable, et à me déshonorer. Je suis sur les lieux ; je vois les choses avec appréciation, et c’est mon métier que de les connaître ; je sais mon devoir, aux règles duquel je m’attache inviolablement… Trouvez donc bon, s’il vous plaît, qu’avec le respect que je vous dois, je vous dise librement mes sentiments dans cette matière. Vous savez mieux que moi qu’il n’y a que les gens qui en usent de la sorte qui soient capables de servir un maître comme il faut.

 


Etoile de la forteresse de Lille

 

Précurseur audacieux et lucide, il se place en réformateur social de la France

Avec lucidité et grande liberté de pensée, Vauban en réformateur hardi n’hésite pas à s’exprimer à contre-courant des idées majoritaires de son temps et même à critiquer ouvertement Louis XIV qui lui fait une totale confiance.

Je ne crains ni le roi, ni vous, ni tout le genre humain ensemble, écrit-il à Louvois en 1671.

Bien que militaire, il n’hésite pas non plus à donner son avis dans les affaires d’Etat et en 1683 il propose un traité de paix avec l’Allemagne précisant les conditions possibles.

D’une nature généreuse et compatissante, Vauban s’est penché sur les misères de son temps et a tenté de leur proposer ses remèdes. Il dénonce les méfaits de la révocation de l’Edit de Nantes et la persécution des Huguenots.

Qu’il se consacre à son œuvre de pierre ou à ses écrits, ce soldat-ingénieur est un humaniste préoccupé par l’utilité publique et la transformation de l’ordre social de son temps.

Il fait réaliser le dénombrement de la population, assorti d’une étude statistique, qui fait de lui un des précurseurs de cette science.

Il écrit des ouvrages d’art militaire mais aussi de politique générale.

Par son métier, il a approché la réalité des petites gens et frappé par la disparité des impôts, il rédige une étude « Projet de Dîme royale » où il demande la création d’un impôt réparti équitablement et auquel personne ne pourrait se soustraire, afin de lutter contre les injustices dont le peuple est trop souvent victime.

Il est fait Maréchal de France en 1705. Quand il décède deux ans plus tard, les ministres du roi viennent de faire interdire son ouvrage sur l’impôt, entretemps remanié et dénaturé de son esprit.

 

Le seul nom de Vauban évoque les fortifications et le reste de son œuvre considérable demeure oublié.


Statue de Vauban à Avallon par Bartholdi

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)


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