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Fondateur des Jardins ouvriers à Saint-Etienne, ce Jésuite est parfois nommé : le saint de Saint-Etienne, l’apôtre des mineurs, l’homme en noir chez les hommes noirs.

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Père Félix VOLPETTE

Né Jean VOLPETTE le 2 octobre 1856 à 8h du matin
à Saint-Rémy-de-Chargnat Puy-de-Dôme 63
Selon acte n°15 – AD63 en ligne – 6 E 4128 – vue 45/146

 Décédé le 21 septembre 1922 à Soleymieux 42 Loire

 


http://www.medias-presse.info/tag/jardins-volpette/

 


Le père Volpette, dans une famille en 1904 - Photo anonyme, début XXe s.

 

Nommé à Saint-Etienne, il se fait bienfaiteur des ouvriers

En 1894, il y fonde les Jardins ouvriers

500m² à cultiver pour chaque famille ouvrière

Agir pour soulager la misère ouvrière

 

 

Nommé à Saint-Etienne, il se fait bienfaiteur des ouvriers

Après des études au collège de Billom puis de Clermont-Ferrand, il entre dans la Compagnie de Jésus et suit le cursus jésuite en Angleterre.

Il est ordonné prêtre à 29 ans, en 1885, puis nommé dans le Rhône à Mongré (Villefranche-sur-Saône) ensuite à Fourvière (Lyon), avant d’arriver en 1890 au Collège Saint-Michel à Saint-Etienne (Loire).

En cette fin de 19e siècle, Saint-Etienne, ville minière depuis le Moyen-âge, compte deux tiers d’ouvriers sur une population de 150.000 habitants dont plus de 15.000 sans emploi. Le bassin houiller stéphanois est alors concurrencé par les mines du Nord-Pas-de-Calais.

Touché par la misère ambiante liée aux dures conditions de travail des mineurs, la crise économique, le chômage, le Père Volpette organise une soupe populaire mais il devient vite impossible de satisfaire toutes les demandes d’aide.

 

En 1894, il y fonde les Jardins ouvriers

Enraciner au sol les nomades de la cité moderne, est le rêve de ce  jésuite, selon son biographe le père Louis Théolier.

Informé de l’existence de l’Œuvre de la reconstitution de la famille fondée à Sedan par Mme Hervieux pour aider l’ouvrier, occuper ses loisirs et lui rendre ses racines rurales, le Père Volpette transpose cette idée à Saint-Etienne.

Ainsi toute famille pauvre capable de travailler la terre peut être admise au bénéfice de l’Œuvre si elle s’engage à observer les quatre conditions suivantes :

-      Travailler avec soin le terrain qui lui sera remis ;

-      Ne pas travailler les dimanches et jours de fête ;

-      N’en rien céder ou sous-louer sans une permission expresse ;

-      Ne rien faire qui puisse porter atteinte à son bon renom.

 

 Ainsi naissent, en 1894, les Jardins ouvriers à Saint-Etienne qui ont un rôle triple :

-          Nourrir les familles nombreuses de travailleurs souvent pauvres

-          Aérer les travailleurs enfermés dans la poussière d’un fond de mine ou en usine

-          Eloigner ces ouvriers des cafés où circulent l’alcool et les idées politiques et syndicales subversives.

 

A l’époque, la tendance syndicale dominante est l’ « anarcho-syndicalisme » dont l’influence se répand dans les petites fédérations et corporations professionnelles. Ce mouvement porté par Benoît Malon et Elisée Reclus effraie patronat et bourgeoisie.

 

500m² à cultiver pour chaque famille ouvrière

Le Père Volpette achète des terrains dans différents quartiers stéphanois, certains sont cédés par des entreprises. Il les donne aux ouvriers qui peuvent alors cultiver un potager utile pour nourrir leur famille tout en faisant une saine activité physique en plein air, en attendant de retrouver un emploi.

L’Œuvre met à disposition de pères de famille une parcelle de 500 m² chacun, et fournit outillage, engrais, semences et moyens d’arrosage.

Et pour financer ce dispositif, le Père Volpette met en place un comité de dames patronnesses. Il fonde aussi la Caisse rurale, société de secours ou banque mutuelle dont le principe inspirera plus tard le Crédit Mutuel.

Atteint de tuberculose le Père Volpette meurt le 21 septembre 1922 et ses funérailles rassemblent une foule d’ouvriers.

En 1922 les successeurs du Père VOLPETTE sont des jésuites jusqu’en 1998 où la direction est confiée à des laïcs.

En 1938, l’Association pour le jardin et le foyer de l’ouvrier devient « Les Jardins Volpette ».


Jardins ouvriers de Solaure
http://www.patrimoinevivantdelafrance.fr/uploads/images/jardins-ouvriers-1.jpg

 

 

Agir pour soulager la misère ouvrière

La dure condition ouvrière que le Père Volpette découvre à Saint-Etienne est de nature à stimuler son énergie démiurgique qu’il met au service des plus miséreux.

Œuvrer pour la justice sociale dans un contexte d’obstacles et de grandes contraintes devient le défi de sa vie.

Se faire l’intermédiaire, créer des liens, pourvoir à la nourriture d’un peuple déraciné de sa terre natale, sont autant de raisons qui s’imposent à ce religieux à l’âme « maternante », qui veille à la nourriture terrestre autant que spirituelle de ses concitoyens.

Cet homme de feu et d’eau, soucieux d’harmonie sociale et d’élévation morale, se révèle aussi  grand organisateur polyvalent, astucieux et imaginatif, pour soulager la misère humaine.  C’est pour lui, aussi une manière de mieux-être personnel côté affectif. En aidant le peuple, il s’aide lui-même.

 

Sources documentaires :
-
http://museedudiocesedelyon.com/MUSEEduDIOCESEdeLYONvolpette.htm
-
http://www.medias-presse.info/jardins-volpette-a-saint-etienne-les-120-ans-dune-association-de-jardins-ouvriers-heritee-du-catholicisme-social/6663/

 

 


(
Logiciel AUREAS AstroPC Paris)

 


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